Livre sur l’argousier

Introduction LES NOUVELLES APPLICATIONSD’UNE PLANTE ANCESTRALE Si vous habitez à proximité des rivages allemands de la mer du Nord et de la Baltique ou que vous y passez vos vacances, vous avez déjà remarqué la silhouette caractéristique d’un buisson d’argousier, avec ses lignes un peu étranges, son feuillage argenté et ses grappes de baies orange […]

Introduction

LES NOUVELLES APPLICATIONS
D'UNE PLANTE ANCESTRALE

Si vous habitez à proximité des rivages allemands de la mer du Nord et de la Baltique ou que vous y passez vos vacances, vous avez déjà remarqué la silhouette caractéristique d'un buisson d'argousier, avec ses lignes un peu étranges, son feuillage argenté et ses grappes de baies orange qui attirent le regard. Dans les Alpes, au beau milieu des éboulis proches des rivières, cet arbuste fait également partie du paysage. Là où le soleil brille, là où règne la chaleur et où souffle le vent, l'argousier se sent chez lui. Même si, par inclination naturelle, il élit domicile dans les endroits bien exposés, c'est une plante indigène, pratiquement connue de tous. À l'intérieur des terres, nous devons nous contenter de l'entrevoir sur les talus des autoroutes, plantée dans les jardins d'ornement. De même, nous l'apercevons fugitivement dans les rayons des magasins de diététique, où elle tient sagement sa place depuis plusieurs dizaines d'années. Si l'argousier n'est pas totalement relégué dans l'ombre, il ne se trouve pas non plus exposé aux feux de la rampe.

  • Ces dernières années, il est de nouveau question de l'argousier. Les amateurs viennent encore de l'Est, mais l'arbuste débordant d'énergie conquiert irrésistiblement les territoires occidentaux. Il suffit de découvrir les données qui suivent pour se convaincre des « atouts » de l'argousier.Premier point :

Lors d'un symposium international sur l'argousier, les autorités ont révélé que les délégations d'athlètes chinois aux jeux olympiques avaient emporté des préparations à base d'argousier comme « stimulant autorisé ». En même temps, l'argousier a été intégré à la liste officielle de la pharmacopée chinoise, et reconnu comme moyen d'endiguer l'érosion des sols par le Yang-tsé-Kiang.

  • Deuxième point :

Un astronaute qui s'apprêtait à participer à un voyage interplanétaire russe et mongole a indiqué à un journaliste qu'une expérience de consommation d'argousier « en vol » devait être menée à bord de son vaisseau spatial. Les chercheurs sont convaincus que l'argousier régénère les facultés physiques humaines et qu'il peut être extrêmement utile dans l'espace.

  • Troisième point :

Pour les besoins de la guerre qu'elle a menée contre /'Afghanistan, l'Armée rouge a pratiquement confisqué toute la récolte de baies d'argousier de Lituanie. Celle-ci a notamment été utilisée pour préparer des baumes servant à soigner diverses blessures et brûlures dues aux bombes incendiaires. Les victimes de radiations de Tchernobyl, souffrant de troubles dermatologiques et de lésions des muqueuses ont également été traitées à l'aide d'argousier.

Naturellement, il n'est pas prouvé que la vogue croissante des produits dérivés de l'argousier, utilisés à titre de compléments alimentaires depuis le début des années quatre-vingt dix, soit due à la découverte de cette plante par l'Occident, mais ce phénomène est concomitant. Les laboratoires qui fabriquent de l'extrait liquide d'argousier, pur ou mélangé avec d'autres fruits, sont de plus en plus nombreux. Ils vendent également des concentrés de fruits ou des gelées, ainsi que des coulis, et même des confiseries (nounours) en gélatine parfumée à l'argousier. En 1998, la société Sôd- becke a proposé, lors du salon BioFach de l'alimentation biologique, un yaourt à l'argousier et à l'orange. Ce laitage a d'ailleurs remporté le prix allemand du « produit de l'année ». En outre, plusieurs aliments nouveaux, extrêmement inventifs, ont fait leur apparition sur le marché. Citons le vinaigre d'argousier et une huile d'assaisonnement aromatisée à l'argousier, de la moutarde, du miel à l'argousier, diverses infusions, des fruits au sirop, ainsi qu'une liqueur.

Au Nord et à l'Est de l'Allemagne, les préparations naturelles à base d'argousier sont très appréciées et promues au rang de « produits de luxe ». C'est le cas du jus d'argousier, du vin, de la liqueur et des infusions d'argousier. Une paysanne du coin a déclaré que l'argousier n'avait pas grand avenir, parce qu'il n'était pas récolté partout en Allemagne. Mais un importateur de thés, originaire de Frise orientale, qui s'est mis à vendre sa propre production biologique près d'Aurich, prétend au contraire que l'argousier lui ouvre de nombreuses perspectives, et que sa production a progressé de façon substantielle en l'espace de quelques années.

On trouve un autre espace privilégié en Allemagne, dans la région de Berlin et du Brandebourg, qui offre à l'argousier des sols sablonneux particulièrement adaptés. Il y a là plusieurs pépinières et divers magasins qui vendent l'argou- sier ainsi que d'autres fruits et spécialités locales. Dans la même région, une cidrerie a mis au point une boisson à base de topinambour et d'argousier, excellente pour les diabétiques comme pour tout un chacun. Tous les ans, elle met en vente une nouvelle préparation. Il faut souhaiter que ces excellents produits puissent dépasser le stade local et être diffusés partout.     

naturelles apparaissent sur le marché et les grandes marques misent sur elles, proposant un vaste éventail de produits. Parce que l'argousier est une des plantes favorites de l'anthroposophie, la société Weleda a lancé à la fin de l'année 2000 une huile de soins de qualité, recueillie en Toscane.

Le développement de l'argousier est peut-être lent par (apport à d'autres végétaux comme le thé vert ou le cumin, parce que certains diffuseurs, qui espéraient une véritable « explosion » (même temporaire) des ventes, ont été un peu déçus. Ceci tient peut-être au « marché » lui-même. Le consommateur ne se laisse pas éblouir sans fin par la promesse de miracles et de panacées. Cela tient également au fait que l'argousier est trop « autochtone », et qu'il lui manque une certaine dimension exotique, comme me l'a fait remarquer une spécialiste en marketing. Cependant, il existe une différence intéressante entre l'argousier de nos contrées (qui pourrait bien relancer l'économie de l'Allemagne de l'Est !) et la plante d'origine, qui se trouve en Asie centrale et au libet. Certains végétaux peu exotiques, comme l'églantier, et plus récemment le mimosa, se sont imposés grâce à leurs qualités cosmétiques. De la même manière, les critères de qualité de l'argousier seront reconnus en raison de son action bénéfique sur l'organisme, comme complément alimentaire, comme produit dermatologique et cosmétique.

La découverte presque spectaculaire de la vitamine B12 dans l'argousier, alors que l'on ignorait jusqu'alors sa présence dans les végétaux, est déterminante en ces temps de crise de vache folle. C'est un argument de taille que l'on peut exploiter pour promouvoir l'argousier. Toutefois, on observe une tendance à conditionner de plus en plus souvent les compléments alimentaires dans des gélules en gélatine, et c'est également le cas pour l'argousier. Le consommateur a tout intérêt à faire preuve d'esprit critique et à ne pas s'autoriser à avaler n'importe quoi.  

UNE SOURCE EXCEPTIONNELLE

DE VITAMINE C

L'argousier n'est pas très répandu en Allemagne, et ses baies se récoltent difficilement : les vertus thérapeutiques de cette plante sont donc restées méconnues, même dans la médecine traditionnelle, jusqu'au milieu du XIXe siècle. Pendant des centaines d'années, l'argousier a uniquement servi à fixer les dunes (notamment dans les îles de la mer du Nord) ou à décorer les bouquets en leur apportant la « touche corail » de ses baies. Au cours des années trente, dans les grandes villes allemandes de Berlin, Hambourg et Munich, la cueillette de ses branches décoratives a été sévèrement restreinte par un décret de protection de la nature. Au début des années quarante, la récolte de l'argousier a été interdite dans tout le pays, quand on a découvert dans ses baies de précieuses réserves en vitamine C.

C'est une publication de C. Griebel et G. Hess qui a fait connaître, en mai 1940, la richesse en vitamines de l'argousier. Cependant, les vrais pionniers de l'argousier ont été B. Hermann, docteur en médecine, et M. Lôhner, docteur en pharmacie. Tous deux étaient originaires de Munich. En 1941, au terme de leurs recherches et de leurs expériences, ils ont informé le grand public de la forte présence devitamine C dans l'argousier. Dans son article, le Dr Hôrmann a déclaré que cette plante était « la meilleure source de vitamine C naturelle », et a consigné les résultats d'une expérience qu'il avait menée sur lui-même, en prenant tous les jours une plus ou moins grande quantité de vitamine C.

« Au bout du compte, en me constituant des réserves de vitamine C et en buvant de grandes quantités de jus d'argou- sier, j'ai constaté une augmentation subjective et objective de mes forces physiques, mentales et psychiques. »

La teneur en vitamine C de l'argousier est supérieure à celle de tous les autres fruits, et même à celle du cassis. Il en contient dix fois plus que le citron, souvent cité en exemple dans ce domaine. Seul l'églantier peut lui faire concurrence, selon l'endroit où il est cultivé, en atteignant une teneur de 200 à 1 000 mg de vitamine C pour 100 g de substance fraîche. Mais lorsque l'argousier pousse dans les Alpes, sa richesse en vitamine C peut dépasser 1 500 mg pour 100 g. Les conditions géologiques, la nature de l'eau, de l'air et de la lumière se conjuguent alors. Certes, les baies sont plus petites, mais leur qualité est optimale.

Teneur moyenne en vitamine C de plusieurs fruits (en mg pour 100 g de fruit)

Pomme10 mg
Pamplemousse40 mg
Orange50 mg
Citron50 mg
Papaye80 mg
Sorbier100 mg
Cassis180 mg
Argousier450 mg

Un élixir de vitamine C

La vitamine C est surtout connue pour le rôle déterminant qu'elle joue auprès du système immunitaire, notamment parce qu'elle renforce les cellules de défense et freine l'inflammation. On lui prête une action décisive dans la protection de notre organisme contre certains virus. En cas d'infections et de maladies précises, il faut augmenter la prise de cette vitamine, parce que le corps en éprouve alors un besoin accru et urgent. En raison de ses effets antioxydants, elle est un excellent « capteur de radicaux libres », surtout lorsqu'elle est prise sous forme de complexe ACE, c'est-à-dire en conjonction avec du bêta-carotène (vitamine A) et de la vitamine E. Cette combinaison est présente, à l'état naturel, dans la baie d'argousier (voir également l'introduction du chapitre 6).

Par ailleurs, la vitamine C agit sur les affections du système circulatoire ainsi que sur le cœur. En effet, elle fait baisser le taux de cholestérol et de lipides dans le sang, ce qui entraîne une réduction des dépôts dans les vaisseaux. De même, une forte concentration de vitamine C dans le sang réduit la tension artérielle. Elle améliore l'assimilation de fer par l'organisme, protège les bronches (tout spécialement en cas de forte présence d'ozone dans l'air et d'influence négative d'autres facteurs environnementaux). Ses effets sur la peau ne sont pas négligeables (elle la protège des rayons LJV et accélère la cicatrisation).

La vitamine C agit de façon déterminante sur le métabolisme, en régénérant et en protégeant le capital osseux, les tissus conjonctifs, le cartilage ainsi que les dents. De fortes carences en vitamine C provoquaient jadis le scorbut, maladie bien connue des marins, dont les symptômes étaient la perte musculaire, l'apparition de taches sur la peau, l'anémie et la faiblesse cardiaque, le déchaussement et la chute des dents, les troubles oculaires et surtout certains dérèglements psychiques graves. Même si le scorbut ne pose plus aujourd'hui de problème de santé mondial, les contraintes modernes liées au « stress oxydatif » ne sont pas moins dangereuses, à leur manière.

Jusqu'à présent, on recommandait un apport journalier de 75 mg de vitamine C. Ceux-ci sont déjà contenus dans 30 g de baies d'argousier, ce qui équivaut à moins de deux cuillerées à café de fruit ! En l'an 2000, le Comité Allemand pour l'Alimentation (DGE) a recommandé une prise quotidienne de 75 mg à 100 mg de vitamine C aux personnes sujettes aux carences. Pour les gros fumeurs, cette dose peut passer de 100 à 150 mg par jour.

Pour donner à l'organisme une quantité suffisante de vitamine C, il faut tenir compte du fait que celle-ci ne peut être synthétisée par le corps. Elle doit être apportée de l'extérieur et assimilée au cours des deux heures qui suivent l'ingestion. Par ailleurs, la vitamine C est détruite par de nombreux produits néfastes à l'environnement, par les médicaments et certains aliments. Une cigarette, par exemple, doit être neutralisée par la prise de 20 à 100 mg d'acide ascorbique, qui combattront les radicaux libres contenus dans la fumée.

En présence de certaines conditions particulières, notamment celles qui sont affrontées par les cosmonautes, la vitamine C et d'autres substances, comme la vitamine E et la provitamine A ou bêta-carotène sont indispensables à l'accomplissement des fonctions vitales, ainsi que le démontre le texte suivant :

Avant, pendant et après le vol interplanétaire russo-mongole de 1981, les cosmonautes ont consommé de façon prolongée des aliments à base d'argousier et ont ainsi réussi à maintenir de bonnes teneurs en vitamines dans leur organisme. La quantité de vitamines contenues dans leur sang a même augmenté, et la proportion de résidus dans l'urine est restée très faible, parce que, de toute évidence, les aliments avaient été très bien assimilés. L'excellente tolérance de l'argousier par l'organisme humain est liée à la grande similitude de ce produit avec les substances naturellement fabriquées par le corps.

Au cours de la période de l'après-guerre, marquée par les privations et par l'exigence d'efforts accrus pour les I uropéens, l'argousier est devenu un aliment très recherché <•1 apprécié pour ses vertus particulières. Son pouvoir énergétique, durable lorsqu'il est correctement préservé, permet à l'organisme de puiser de nouvelles forces et de stimuler lo système circulatoire. Certaines recherches récentes ont indiqué que la vitamine C tonifiait les vaisseaux sanguins •t stimulait la respiration des cellules (redux). Cette substance combat également l'anémie et l'inappétence, renforce les gencives, soulage les maux de tête, pallie le manque de concentration et l'épuisement mental ou physique.

« Tout ce que l'on peut aujourd'hui regrouper sous le nom de carence, souvent imputable à un déséquilibre interne », écrit E. O. Eckstein dès 1943, « parle en faveur de l'argousier, même si l'on a affaire à un état d'épuisement dont l'origine est inconnue, ou à un état de faiblesse inexpliqué ». Au cours des périodes où nous devons fournir des efforts supplémentaires sur le plan physique ou mental, nos moyens de défense se trouvent raffermis, ainsi que notre capacité à résister aux infections. L'argousier est même utile pour accompagner une thérapie ou une convalescence, pour mieux traverser les mois froids de l'année, au cours desquels nous sommes privés de lumière. Cette plante qui « surgit de nulle part et ne réclame rien au sol, tire presque toute sa force du jour », c'est-à-dire qu'elle se nourrit de l'univers cosmique, absorbant les rayons du soleil et les rendant à notre organisme sous forme d'énergie vitale. L'argousier possède une   

est très bien toléré. De même, il est naturellement recommandé aux enfants en période de croissance. C'est un complément alimentaire idéal qui permet de compenser l'absence de fruits frais.

L'argousier, substitut de l'huile de foie de morue

Pour Ulrike H., née peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'argousier est associé à de bons souvenirs. Sa famille était protestante. En 1930, son père avait fondé une « association des amis de la nature » à Fulda.

Ulrike, comme ses frères et sœurs, n'était nullement obligée d'ingurgiter de l'huile de morue (pour la provitamine A, tout au moins, l'argousier suffisait, en raison de sa forte teneur en bêta-carotène) : après la guerre, la baie d'argousier est devenue l'un des piliers de l'alimentation de toute la famille, au « Moulin Donath ». Enfant, Ulrike prenait tous les jours une cuillerée à café de sirop d'argousier, qu'elle ajoutait volontiers à un yaourt, sur lequel elle saupoudrait du germe de blé ou des graines de lin. On lui en offrait une ration supplémentaire quand elle avait mal au ventre ou quelque outre problème digestif. En hiver, sa mère concoctait régulièrement des infusions d'argousier. Ce fruit est également délicieux dans le thé ou le lait, s'il est sucré avec du miel. Ainsi, Ulrike n'a jamais eu l'impression de se voir administrer un médicament et a été épargnée par de nombreuses maladies infantiles, en tout cas par bien des épidémies de grippe.

A ce jour, elle est restée fidèle à la baie d'argousier (et même au moulin de son enfance), et elle a les yeux qui brillent quand on lui parle de ce fruit. Elle aime tout particulièrement les crèmes pour la peau à base d'huile d'argousier qui l'ont immédiatement séduite, et depuis, elle ne voudrait plus en changer. Heureux sont les enfants qui ont échoppé à l'huile de foie de morue !I n raison de sa haute teneur en vitamines, l'argousier est "lient pendant la grossesse et l'allaitement, d'autant qu'ilPremière « percée » de l'argousier et miracle économique

Au cours de la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, l'argousier a connu un formidable essor en Allemagne, grâce, en partie, à diverses publications euphoriques à son sujet. Les baies d'argousier, cueillies avec difficulté, ont été transformées à grand peine par les particuliers en jus, sirops, marmelades ou gelées. On a également créé toutes sortes de produits dérivés : marc d'argousier, jus issu de la première pression, nectars, sirops, yaourts à l'argousier, coulis, confitures et gelées, petits pots pour bébés, produits diététiques, gâteaux secs, barres de céréales et autres confiseries, préparations pour fourrer les gâteaux, extraits permettant d'aromatiser des pâtisseries à base de fruits, etc.

Nos besoins en vitamines naturelles, dont l'intérêt a été souligné par divers chercheurs spécialisés dans l'alimentation, notamment par Bircher-Benner et Ragnar Berg, plaident tout naturellement pour l'argousier. Son jus présente un PH peu marqué et l'absence d'oxydase d'acide ascorbique, enzyme destructrice des vitamines, permet de le stocker longtemps sans qu'il perde ses propriétés. De même, la présence combinée, dans son jus, de ca roté not'd es et de tocophérol, construit un rempart contre l'oxydation.

Le fruit sauvage possède des propriétés particulières et quelques défauts. On ne le trouve à l'état naturel que dans certaines régions d'Allemagne, sa récolte et son traitement pourraient être résumés par le titre d'une pièce de Shakespeare, La mégère apprivoisée. En outre, le jus présente un inconvénient de taille pour les consommateurs, puisqu'il forme un dépôt au fond de la bouteille, et que le col se garnit d'une auréole grasse tout à fait visible. Nous verrons plus loin, dans le chapitre intitulé La nécessité est mère de l'invention, quels sont les efforts que l'on peut consentir pour corriger ces inconvénients.

Au début des années cinquante, le miracle économique allemand et l'avènement de la société de consommation ont détourné le public de l'argousier, mais on n'a jamais totalement oublié son utilisation ciblée, notamment pour protéger les dunes ou pour renforcer un sol meuble.

C'est surtout dans la médecine anthroposophique que l'argousier est resté prisé, comme remède naturel et comme complément alimentaire.

L'argousier, plante fétiche de l'anthroposophie

Dans son précis des plantes médicinales, Wilhelm Pelikan érige l'argousier au rang de parangon de vertu anthroposophique, ce qui a certainement contribué à en faire l'une des plantes fétiches de la médecine inspirée par les mêmes principes. La plante est étudiée du point de vue des échanges entre la nature, l'être humain et le cosmos. C'est parce que l'argousier grandit dans des lieux stériles aux sols particulièrement pauvres, parce qu'il est passé maître dans l'art de la survie qu'il est devenu hautement énergétique. Les personnes qui s'en nourrissent, qui le choisissent comme complément alimentaire ou comme remède, celles qui se servent de son huile pour soigner leur peau et leurs muqueuses acquièrent sa force de résistance hors du commun, sa longévité et ses facultés de régénération. La grande quantité d'acides de fruits que contient l'argousier (la vitamine C est un acide ascorbique) est considérée, de ce point de vue, comme le résultat de la lutte que la plante doit mener pour survivre. Dans le cadre de ce combat, elle tire des acides gras insaturés de son huile d'énormes « forces de vie ».

Bien que l'argousier, pionnier de la défense vitale, ne puisse extraire ses ressources du sol et qu'il se contente d'une vie souterraine ascétique, axée sur ses propres racines, il tire largement profit de la lumière dont il est particulièrementfriand. Sa grande concentration en carotène est une substance « luminophage » qui se gorge de l'énergie fournie par le soleil et la transforme en chlorophylle. L'argousier est également protégé par la grande quantité d'huile contenue dans son fruit et dans ses pépins. Le fait que cette plante soit capable d'imprégner ainsi, non seulement ses semences, mais également sa pulpe, montre sa capacité à absorber les forces, la chaleur et la lumière cosmiques pour les transformer en énergie vitale.

Toutes ces qualités et ces propriétés expliquent pourquoi la médecine anthroposophique a adopté l'argousier, et pourquoi elle propose de l'utiliser dans toute une série de produits dérivés. L'argousier reste actif pendant une durée extrêmement longue, comble nos carences énergétiques et restaure notre vitalité défaillante. Il active nos forces de défense naturelles et revitalise l'organisme tout entier.

Il est intéressant de noter que les vertus de l'argousier ont des « correspondances astrologiques ». Son amour de la lumière le désigne comme une plante solaire, tutrice des forces vitales. Parce qu'elle se contente d'un sol très pauvre et qu'elle est très résistante, elle a été qualifiée de « saturnienne » : elle connaît le manque et les restrictions, mais sait comment utiliser au mieux ses maigres ressources pour survivre. Par ailleurs, sa grande endurance, visible dans ses baies rouges et dans la présence de ses épines, placent ce végétal sous le signe de la planète Mars.

Les avantages de la vitamine C naturelle

Dès le début des années cinquante, une série de travaux de recherche ont permis d'explorer les avantages de l'argousier, source de vitamine C naturelle. Plusieurs groupes d'adolescents âgés de dix à quatorze ans, qui avaient connu une croissance très rapide, souffraient de difficultés de concen- (ration et d'anémie. Sur certains d'entre eux, on a étudié la résorption de l'albumine du lait par l'ajout d'argousier à leur alimentation. On a ainsi constaté que cette résorption s'était améliorée de 50 %. Les élèves souffrant de troubles de la concentration et d'agitation chronique ont pris quotidiennement, dans le cadre de la restauration scolaire, deux cuillerées à café d'argousier ajoutées à un demi-litre de lait. Au bout de quatre semaines, leur capacité de concentration s'est considérablement améliorée, bien plus que chez les enfants qui n'avaient pris que du lait, et à qui il a fallu six à huit semaines pour obtenir un résultat comparable.

Une expérience de grande envergure a été menée sur environ cinq mille écoliers, au cours d'une épidémie de grippe. Environ 40 % d'entre eux étaient touchés par la maladie et présentaient les symptômes classiques, avec poussée de fièvre importante, vertiges, vomissements, forte inflammation des muqueuses du nez et de la gorge. Sur les 60 % d'enfants qui n'avaient pas encore été touchés par le virus, la moitié a pris un demi-litre de lait pur par jour, et 30 % sont tombés malades. L'autre moitié des enfants a pris de l'argousier ajouté au lait. Cette association s'est révélée très efficace, car seuls 2 % d'entre eux ont contracté la grippe.

Au cours de ces expériences et de tests similaires, il a été constaté qu'une carence en vitamine C pouvait être largement contrebalancée par la prise d'argousier, et que cette plante rétablissait rapidement l'équilibre dans l'organisme, beaucoup plus vite que par le biais d'une prise de citron, d'acide ascorbique pur ou de préparations vitaminiques synthétisées lors d'un processus industriel. Seul le recours aux divers supports naturels des vitamines permet d'obtenir un résultat similaire, notamment si l'on mélange de l'argousier avec la pulpe du fruit de l'églantier et un peu de jus de sorbier. On dispose alors d'un véritable élixir de vie !

Certes, dans les analyses, les vitamines issues de sources naturelles ne se distinguent pas des vitamines synthétisées artificiellement, mais leurs propriétés sont très différentes. Dans la nature, la vitamine C n'est jamais isolée, et on la trouve toujours en compagnie d'autres vitamines ou provitamines, d'acides de fruits et d'éléments traces. De ce fait, les plantes sources sont recommandées pour une bonne complémentation alimentaire, parce qu'elles jouent un rôle important dans la synergie des vitamines qu'elles contiennent.

Enfin, il faut signaler la tolérance exceptionnelle par l'organisme de la vitamine C issue de l'argousier, surtout chez les personnes qui sont allergiques au citron. Ceci est d'autant plus étonnant que les baies d'argousier, très acides, présentent un PH de 2,5 à 3, et contiennent 30 à 40 g d'acide tartrique. Ce phénomène s'explique peut-être par le fait qu'il ne s'agit pas d'un fruit exotique, mais d'un fruit de pays au climat tempéré. Par ailleurs, la baie d'argousier est toujours cueillie très mûre. Au cours de diverses expériences, il a été constaté que son acide ascorbique, comparable à celui de la baie d'églantier, ne produisait qu'une faible oxydation dans les voies digestives, et qu'il était mieux assimilé par l'organisme. En outre, l'argousier renferme d'autres substances qui agissent de façon protectrice sur les muqueuses de la bouche, de l'œsophage, de l'estomac et de l'intestin.

L'ARGOUSIER DANS LA CUISINE

Recettes à base de baies fraîches

Les recettes suivantes vous permettront peut-être de faire preuve de créativité et vous conduiront à planter de l'argousier dans votre jardin. En effetz si vous n'habitez pas au bord de la mer ou dans les montagnes, où l'on peut trouver des baies d'argousier sauvages, il est difficile de se procurer des fruits frais. Même au cours de la période de récolte, qui se situe » nhn la fin du mois d'août et la mi-octobre, on les déniche rlflhc Moment dans les magasins de diététique de Mecklem- houig ou de Brandebourg. De plus, ils ne se conservent que hois à quatre jours à l'intérieur. Si vous ne les préparez pas immédiatement, vous devez les congeler sans tarder. Pour en lifor lo meilleur parti, il convient de les presser à froid, puis de i onserver leur pulpe au congélateur. Pour celaz il faut utiliser un tamis ou un lingez puis édulcorer à volonté le jus pressé à 11 tide de sucre ou de miel. Deux à trois cuillerées à soupe 11 argousier par jour, légèrement tiédies, sucrées, servies dons l'eauz du lait ou du thé ou même dans un yaourt, avec du homage blanc ou du muesli, suffisent pour donner du tonus à i oux qui les consomment. En cures de six semaines interrompues par une pause de quinze jours, l'argousier est réservé aux mois « sombres » de l'année, qui nous privent de notre ration de vitamines, et au début du printemps. Il constitue le meilleur remède contre les rhumes et la fatigue qui surviennent on début d'année.

Conseils pour la préparation

  • Les baies d'argousier doivent être bien mûres, préparées juste après la récolte. Faute de quoi, elles doivent être congelées.
  • Pour éviter l'oxydation qui altère non seulement la couleur, mais le goût des baies d'argousier, il faut éviter de les mettre en contact avec le métal. N'utilisez pas non plus de ciseaux rouillés. Préférez les cuillers en bois, les saladiers en céramique et les faitouts en émail.
  • Placez les fruits dans des bocaux au verre teinté, si possible, qui laissera moins passer la lumière. Fermez hermétiquement les récipients, gardez-les dans un endroit frais et sombre. Ainsi, les préparations à base de baies d'argousier garderont plus longtemps leurs vertus et les vitamines ne perdront pas leurs propriétés.Jus d'argousier

Pour une livre de baies d'argousier bien mûres, prévoyez la même quantité de sucre. Faites chauffer les fruits, qui peuvent être légèrement écrasés auparavant, dans 100 ml d'eau pendant quinze à vingt minutes. Filtrez le mélange dans un chinois. À ce moment seulement, sucrez le jus obtenu. Mettez en bouteille alors que le mélangé est encore chaud, et stérilisez-le à 85°C pendant 20 minutes (ne le faites que si vous prévoyez de stocker le jus pendant une durée assez longue).

  • Une variante, excellente pour la santé : au lieu de sucre blanc, utilisez du miel ou du sirop de poire.
  • Si vous possédez une cocotte-minute, mélangez directement les baies et le sucre dans la cocotte, et versez le jus dans des bouteilles que vous aurez préalablement tiédies.
  • Il est possible de faire du jus d'argousier avec une centrifugeuse. Vous pouvez mélanger le jus cru ainsi obtenu avec du sucre ou le consommer pur. Ensuite, il vous est loisible de le conserver pendant une année entière. Pour éviter la fermentation, versez un peu d'huile dans le goulot de la bouteille avant de la fermer, afin de la protéger de l'air.

Sirop d'argousier

Écrasez légèrement 1 kg de baies d'argousier et faîtes-les chauffer dans 3/4 de litre d'eau bouillante. Couvrez la cocotte d'un papier sulfurisé et laissez refroidir le tout dans un endroit frais et sombre, pendant vingt-quatre heures. Filtrez, ajoutez jusqu'à 1 kg de sucre, à votre convenance, et trois cuillerées à café de citron. Mettez ce mélange dans de petits flacons (d'une contenance de 250 à 500 ml) et stérili-

pondant vingt minutes à 70°C. Fermez les bouteilles à i ii(l<- d'une capsule en caoutchouc.

Confiture d'argousier

Mélangez 1/2 litre de jus d'argousier cru avec 1/2 à I livio de sucre (ou davantage, selon votre convenance), •nus cesser de remuer, faites chauffer ce mélange jusqu'à ' - que vous obteniez un sirop épais. Remplissez des bocaux piopres et couvrez-les de cellophane.

  • Pour préparer une gelée classique, utilisez des baies d'argousier bien mûres qui contiennent encore assez de pectine pour gélifier. Les fruits bien mûrs donnent une marmelade qui ressemble à une gelée.

Marmelade d'argousiers et de fruits variés

Mélangez 1/2 litre de jus d'argousier avec 500 g à 1 kg ‘ I*’ fruits coupés en petits morceaux. Les fruits les mieux udaptés sont ceux qui ne sont pas trop acides et qui n'ont pas un goût trop fort, comme les poires, le melon et la ■ iti ouille. Ajoutez 1/2 livre à 1 livre de sucre et faites chauffer lo tout pendant quinze à vingt minutes, jusqu'à ce que vous obteniez une marmelade.

  • La compote de pommes parfumée à la cannelle et aux raisins secs est agréablement relevée par le jus d'argousier.
  • De même, l'argousier se marie très bien avec le fruit de l'églantier.

Miel à l'argousier

Faites ramollir les baies d'argousier à feu moyen avec un peu d'eau, tout en remuant. Filtrez le mélange dans un chinois ou une passette à manivelle. Mélangez la pulpe obtenue avec une quantité égale de miel, jusqu'à ce que vous obteniez une pâte bien homogène. Remplissez de petits bocaux et fermez-les hermétiquement.

  • Pour préparer un coulis d'argousier, rajoutez un peu d'eau jusqu'à ce que vous obteniez la consistance désirée et faites légèrement tiédir. Selon votre convenance, agrémentez ce coulis de quelques épices : de la moutarde, du raifort, de la coriandre, un zeste râpé d'orange ou de citron. Faites preuve de fantaisie.
  • Servez le coulis avec du gibier, du poisson et des plats indiens, notamment avec des baies de shepherdia.

Les baies d'argousier en tisane

Les baies d'argousier séchées ou le marc d'argousier peuvent fournir un excellent ingrédient pour les tisanes de fruits, notamment s'ils sont mélangés aux fleurs d'hibiscus, à la prunelle, aux morceaux de pommes séchés et aux écorces de fruits d'églantier. On peut également les combiner avec certaines plantes, notamment avec des feuilles de fraisier, de framboisier ou de mûrier, de la mélisse, de la molène et du millepertuis, et ne pas se contenter de les déguster purs, en « tisane frisonne ».

  • Le père Weidinger recommande une infusion contre « la perte de mémoire due à l'âge » : mélangez deux cuillerées à café de fleurs d'argousier à 1/4 de litre d'eau bouillante, laissez infuser pendant quinze minutes puis filtrez. Cependant, cette tisane ne fera effet que si vous en buvez une tasse matin et soir pendant trois mois d'affilée.
  • Selon la médecine populaire, la tisane à base de fleurs, de jeunes pousses et de feuilles d'argousier est excellente pour soigner les rhumatismes et la goutte, ainsi que pour compléter le traitement des affections cutanées.

miettes à base de produits dérivés de l'argousier

I Jôsormais, on trouve les produits à base d'argousier dans hhiIos sortes de boutiques, et pas seulement dans les maga- ihu de diététique. Ils trônent dans les rayons réservés aux lu ibétiques, dans les supermarchés et dans les catalogues Jo vente par correspondance. Étant donné que ces produits *>nl de plus en plus variés, j'ai préparé un petit guide ■ I < K hat.

  • Jus vierge d'argousier : il s'agit du jus pressé pur, qui contient une grande quantité de vitamines. Il est non sucré ou édulcoré à l'aide de sucre, de fructose ou de miel. Si vous faites l'acquisition d'un nectar (25 %), il sera sucré et allongé d'eau ou mélangé à d'autres jus de fruits, notamment à du jus de pomme ou à du jus d'orange.
  • 100 % Fruit : les baies entières ont été mixées. Elles sont sucrées ou non sucrées. Le coulis de fruit contient également de la farine de graine de caroube et du jus de citron ou d'autres ingrédients comme du sirop de poire ou du miel. Ce produit est très pratique à utiliser en cuisine.
  • Élixir : il s'agit d'une préparation spéciale, conforme à l'anthroposophie, alliant du jus d'argousier et du marc d'argousier. Ce produit est sucré ou non.
  • Produits à base de fruit : ce sont des confitures et des gelées qui contiennent du sucre ou d'autres édulcorants. Elles sont souvent mélangées à d'autres fruits, notamment à de la pomme, des fraises ou des abricots.
  • Divers (sans garantie de teneur en fruit) :
  • - Les yaourts peuvent contenir de l'argousier ainsi que d'autres fruits (orange, par exemple). S'ils sont biologiques, ils ne sont pas aromatisés, mais sucrés avec du sirop d'agave et du miel.Les morceaux de fruits : ils sont reconstitués à partir de poudre de baie d'argousier, de pulpe et de jus concentré. On les trouve dans la pâte d'amande, mélangés à d'autres fruits séchés comme les dattes ou les figues.
  • Les gâteaux fourrés à l'argousier.
  • Les bonbons fourrés à la liqueur d'argousier (nounours en gélatine).
  • Les fruits confits dans la liqueur d'argousier.
  • L'huile d'argousier pour l'assaisonnement. Elle contient de l'huile d'argousier, mais aussi d'autres huiles (le plus souvent de l'huile de tournesol).

Boissons rafraîchissantes à base d'argousier

Le jus de fruit et la pulpe de baie d'argousier sont particulièrement adaptés à la préparation de boissons rafraîchissantes. Il suffit de les mélanger avec de l'eau ou du lait (chaud ou froid) ou encore de les couper avec d'autres jus de fruits, et d'ajouter du sirop d'agave ou de blé.

Voici quelques suggestions :

  • Mélangez 4 cuillerées à soupe de jus d'argousier (100 % fruit) ou 2 cuillerées à soupe de jus vierge d'argousier avec de l'eau ou du lait, sucrez.
  • Lait aux amandes et à l'argousier : dans une tasse de lait (ou de lait de soja, si vous ne supportez pas le lait de vache), ajoutez une cuillerée à soupe de poudre d'amandes, une cuillerée à café de jus vierge d'argousier, et une cuillerée à café de miel. Mélangez intimement. Vous pouvez également tiédir ce liquide sans cesser de remuer.
  • Lassi à l'argousier : mélangez une tasse de yaourt, de lait ou d'un autre produit laitier avec un peu d'eau.

Faites mousser à l'aide d'un fouet ou d'un batteur électrique. Ajoutez deux cuillerées à soupe de jus d'argousier (100 % fruit) et sucrez avec du miel. Mélangez.

Punch aux fruits ou thé glacé

À la base, vous avez un mélange pour tisane, constitué de baies d'argousier, de fruits d'églantier, d'hibiscus, de pomme, d'écorce de cannelle, de fenouil, d'anis, etc. Prenez 4 cuillerées à soupe de ce mélange et ajoutez 2/3 de litre d'eau et 1/3 de litre de jus de raisin noir ou de vin rouge. Faites bouillir pendant dix minutes et laissez infuser. Filtrez le mélange avant de le sucrer avec du miel ou du sirop d'agave. Il se déguste chaud ou froid. En hiver, on peut le savourer avec des bonbons au rhum ou à la liqueur d'argousier.

  • Variante du punch aux fruits et à l'argousier : préparez un mélange aux fruits pour la tisane et agré- mentez-le de clous de girofle, de cannelle et de cardamome. Ajoutez du jus d'argousier 100 % fruit et du miel, à votre convenance.

Cocktail vitaminé à l'argousier
pour le petit déjeuner

  • L'argousier se marie très bien avec le muesli, les fruits frais ou secs, le yaourt, le fromage blanc, le porridge aux flocons d'avoine, et les céréales de toutes sortes.
  • Si vous utilisez le nectar d'argousier (jus), versez-le sur les flocons d'avoine et laissez reposer quelques minutes. Cela permet de se passer complètement de lait, de yaourt et d'autres produits laitiers.
  • Si vous utilisez la pulpe d'argousier ou le coulis de fruits, versez-les sur le yaourt ou sur le fromage blanc.La confiture ou la gelée d'argousier se mélange idéalement au fromage blanc et peut être étalée sur des tartines de pain complet.
  • Le fromage blanc et le yaourt mélangés à l'argousier s'accommodent parfaitement de noisettes ou de noix, de graines de tournesol, d'amandes ou de copeaux de noix de coco.

L'argousier pour fourrer les crêpes
et les omelettes

Il convient d'utiliser la confiture d'argousier, parce qu'elle n'est pas trop liquide. Pour fourrer les aliments, l'argousier peut être mélangé à la crème fraîche ou à d'autres entremets.

  • Pour fourrer des gâteaux roulés, mélangez la gelée d'argousier avec du fromage blanc et battez le mélange pour le rendre plus ferme.
  • La tarte à l'abricot de la recette suisse est encore plus savoureuse si vous remplacez la gelée d'abricot par de la gelée d'argousier.

L'argousier pour relever les soupes, les sauces
ou les plats principaux

En Scandinavie, l'argousier qui pousse dans les dunes du grand Nord est apprécié parce qu'il est une précieuse source de vitamine C. On l'utilise aussi pour relever de nombreux plats de la cuisine traditionnelle, notamment le poisson et le gibier. Comme le dit un vieux livre de recettes que j'ai consulté, il met en valeur le goût des aliments, mais régule aussi le flux du suc pancréatique et stimule la production d'acide gastrique. Non seulement il exalte les plats, mais il aide à la digestion des mets un peu trop riches.

Soupe de fruits hokkaïdo à la citrouille
et à l'argousier

  • Pour souligner la couleur dynamisante de cette salade de fruits à dominante orange, vous pouvez y ajouter des tomates. La pomme râpée et l'ail peuvent être remplacés par du jus d'argousier (100 % fruit) et du gingembre frais. Vous épicerez avec de la cardamome, du curcuma et du curry.
  • Pour créer un contraste, il faut absolument décorer la soupe orange à l'aide d'un brin de persil ou de fines herbes.

Sauce piquante à l'argousier

Faites revenir des oignons rouges et de l'ail coupés en petits morceaux dans l'huile d'olive. Ajoutez un petit piment émincé ainsi que les épices de votre choix. Versez 6 cuillerées à soupe de jus d'argousier (100 % fruit). Il doit être non sucré, sinon vous ajouterez du jus de citron ou du vinaigre balsamique pour compenser sa douceur. Mélangez à 100 ml de bouillon de légumes.

Chutney de tomates vertes à l'argousier

  • Cette recette offre une occasion rêvée d'utiliser les tomates qui ne parviennent plus à maturité au début de l'automne. Coupez les tomates en dés, et ajoutez une quantité égale de pommes également coupées en dés. Faites revenir de l'ail et des oignons et ajoutez dans la poêle le mélange de tomates et de pommes. Versez du jus d'argousier pur fruit et vous obtiendrez une sauce aigre-douce bien relevée. Vous pouvez l'agrémenter, à votre convenance, de sucre et de divers épices : gingembre, curry, clous de girofle, cannelle et piment, et la faire épaissir pendant trois quarts d'heure, à petit feu, en remuant souvent.Répartissez ce mélange encore chaud dans de petits bocaux, fermez-les hermétiquement et gardez-les au frais. Ce chutney se conservera pendant plusieurs mois.
  • Il accompagnera divinement vos plats de riz asiatiques.

Vinaigrette à l'argousier

Mélangez 4 cuillerées à soupe de jus d'argousier pur fruit, 2 cuillerées à soupe de vinaigre balsamique et 4 cuillerées à soupe d'huile d'olive, ajoutez du sel ou du shoyu (sauce au soja), du cumin fraîchement moulu et d'autres épices si vous le souhaitez.

  • Vous pouvez aussi remplacer le vinaigre balsamique par une cuillerée à soupe de jus de citron et une cuillerée à café de moutarde à l'ancienne, ou encore par un mélange d'huile d'olive et d'huile de noix (moitié olive et moitié noix).
  • Cette vinaigrette convient très bien à la salade d'endives fraîches (coupez les endives en fines languettes), dont le goût est légèrement amer. Elle est aussi parfaite pour le mélange de mâche et de chicorée.
  • Il est possible de préparer soi-même du vinaigre avec des baies sauvages d'argousier, comme on le ferait avec des baies de sorbier ou avec des prunelles. Pour cela, il faut faire sécher les baies, les écraser et les cuire dans 1 litre de vinaigre de fruit. Laissez infuser pendant une journée dans un récipient couvert, puis filtrez le vinaigre dans un chinois et remplissez les bouteilles. Ce vinaigre d'argousier accompagne très bien les salades rustiques un peu amères, comme la cardamine et le cresson des fontaines.
  • On trouve également dans le commerce du vinaigre de vin à l'argousier.

L'huile d'argousier dans la cuisine

Il est également possible d'utiliser de manière extensive l'huile de baies d'argousier et l'huile de pépins d'argousier.

  • Quelques gouttes d'huile de baies d'argousier peuvent relever une huile fade comme l'huile de tournesol ou l'huile de chardon. Non seulement elle donne aux aliments un goût fruité, mais elle apporte un surcroît de vitamines et de nutriments.
  • L'huile de pépins d'argousier se distingue par sa très haute teneur en acides alpha-linoléïques (acides gras Omega 3), que l'on trouve surtout dans les poissons. Elle met en valeur le goût de nombreux aliments froids, notamment les marinades et les mayonnaises.
  • L'huile d'argousier pour l'assaisonnement est disponible dans le commerce. Elle provient d'une première pression à froid, et elle est présentée en mélange avec de l'huile de graine de tournesol.
  • Il ne faut jamais faire chauffer ces deux huiles ensemble, et se contenter d'en ajouter quelques gouttes à des aliments déjà cuits.

L'ARGOUSIER FAIT BRILLER LE POIL DES
CHEVAUX ET POSSÈDE D'AUTRES VERTUS

L'argousier apparaît naturellement dans une vaste partie de l'Eurasie, le long de deux grands axes (voir carte). Il convient de différencier clairement l'argousier maritime de la mer du Nord et de la Baltique.

  • On le trouve dans le Nord-Ouest de la France, le Sud-Ouest de l'Angleterre, la Belgique et les Pays-Bas, le Nord de l'Allemagne et sur les côtes de la Baltique, en Lituanie, en Estonie, en Finlande et en Norvège.

Par ailleurs, il existe une autre variété d'argousier de type continental, que l'on repère à l'intérieur des terres.

  • Dans les Pyrénées, les Alpes (jusqu'au Danube, au lac de Genève, dans le sud de la vallée du Rhin et du Lech, dans les Carpates, le Caucase, le Pamir, l'Altaï, aux abords du lac Baïkal, sur les hauts plateaux tibétains, en Mongolie et jusqu'en Chine.    

Le cœur de la zone d'implantation de l'argousier se situe en Asie centrale. C'est de là que cette plante est passée en Europe. L'argousier présente des traits communs avec les arbustes des régions tropicales et subtropicales, ce qui pourrait s'expliquer par ses origines asiatiques. Sans doute ce végétal très ancien est-il apparu à la fin de l'ère glaciaire ou juste après, c'est-à-dire il y a 17 000 ans ( !), comme l'ont prouvé certains échantillons de pollen. Dans la région aujourd'hui appelée Brandebourg, cette plante a été extrêmement répandue entre 13 000 et 9 800 avant J.-C. Dans les deux zones d'implantation nettement séparées, mais connexes, que l'on observe en Europe, il apparaît clairement, tant sur les côtes du Nord que dans les Alpes du Sud, qu'il existait auparavant une continuité avec la zone d'origine, en Asie centrale.

L'argousier est une plante pionnière d'un genre tout à fait particulier. Il est avéré qu'elle survit et pousse dans des zones où aucun autre végétal ne pourrait croître. Lorsqu'elle s'est adaptée à un sol, elle y demeure. Cela tient à son besoin de « nourriture cosmique », de soleil et de lumière. C'est sans 

doute pour cela que l'argousier a réussi à s'implanter à l'Ouest. La modification du climat a conduit l'argousier à abandonner l'intérieur des terres pour aller se réfugier dans les zones côtières, et dans les Alpes, élisant domicile dans des sols où d'autres plantes ne parvenaient pas à s'acclimater. De même, l'extension des terres agricoles a accentué ce mouvement.

Ainsi, l'argousier se distingue par le fait qu'il exige énormément de lumière, et pratiquement rien du sol. Il s'est adapté à merveille aux différentes conditions climatiques et géographiques. On le trouve à des altitudes très élevées, jusqu'à 5 000 mètres au Tibet, il est quasiment insensible aux froids sibériens, et se montre très résistant par temps de sécheresse. Ses baies sont plus ou moins grosses, rondes ou ovales, et même leur composition varie, ce qui se traduit par certaines différences de couleurs, allant du jaune à l'orange, en passant par un rouge carmin profond. L'argousier est « polyploïde », c'est-à-dire qu'il est capable de modifier son plan chromosomique pour augmenter sa résistance et sa ténacité dans la lutte contre les autres espèces. Son côté pionnier apparaît tout particulièrement dans son système radiculaire et sa symbiose avec les champignons qui élisent domicile sur ses racines.

Pourquoi l'argousier est une plante pionnière

L'argousier est un arbuste épineux dont les branches sont peu denses. Selon l'environnement dans lequel il se trouve, il peut avoir 1 à 6 mètres de hauteur et présente un grand nombre de caractéristiques très particulières. C'est un végétal hermaphrodite, c'est-à-dire qu'il possède à la fois des rameaux mâles et des rameaux femelles. Seuls ces derniers portent des fruits après le processus de pollinisation classique, mais uniquement à intervalles de deux ans. Les fruits sont les baies qui apparaissent souvent en grappes denses

le long des branches. Il est facile de reconnaître l'argousier à son allure bizarre. Par un certain côté, il présente, dans sa silhouette et son feuillage, certains traits communs avec le saule, et de l'autre, la transformation en bois de ses pousses de l'année l'apparente plutôt à un épineux classique.

Croissance naturelle de l'argousier <>1 transformation de ses rameaux en bois (l)a rmer, 1952)

Le système radiculaire est très particulier. L'argousier possède une ou plusieurs racines principales qui descendent plus ou moins profondément dans le sol, ainsi qu'un réseau très dense de racines superficielles. L'ensemble peut s'étendre jusqu'à former un cercle dont le diamètre est de douze mètres. Grâce à ces racines, les rameaux de l'argousier s'étendent et grossissent de manière régulière. En même temps, l'ancrage de l'arbuste dans le sol est redoutablement efficace. Ainsi, ce végétal résiste aussi bien à l'effritement des sols qu'à l'érosion, et peut se développer là où il a élu domicile. Voici pourquoi l'argousier est si apprécié pour la façon dont il stabilise les sols.

En outre, l'argousier fait partie de ces plantes qui restent relativement peu sensibles aux processus de minéralisation des sols, grâce à la symbiose qu'il crée avec un champignon qui pousse sur ses racines. Cela lui permet de se développer dans des sols jeunes, pauvres en nutriments. Dans le système de radication de l'argousier, on trouve des petits « tubercules » bruns, qui apparaissent sous l'action d'un champignon, l'actinomycètes. Celui-ci capte l'azote de l'air et le met à la disposition de l'argousier. De ce fait, l'arbuste apporte de l'azote aux sols pauvres qui sont en manque de produits    

Imlilisants. Une telle symbiose souligne le caractère exceptionnel de cette plante. En effet, non seulement elle fixe les .ois, mais elle les enrichit. Elle est donc tout indiquée pour i "générer des sols incultes, notamment des crassiers (terrils), ■ I les rendre propres à l'exploitation agricole.

La casse-tête des noms multiples

Pendant de longues années, l'argousier est resté incorrectement défini et classifié, à l'étranger comme en Europe. Dans les anciens guides des simples, il était rarement mentionné, ou tout au plus sous le nom de rhamnus ou « buisson piquant ». Cependant, l'argousier n'appartient pas à la lamille des rhamnacées dont font partie les nerpruns. On le liouve cité à une occasion sous le nom d'oleaster germanicus. I e mot oléastre décrit un olivier sauvage. En raison de la forte luneur en huile de ses baies, l'argousier est appelé, de nos jours encore, « l'olivier du Nord ».

Dans l'intervalle, l'argousier a été placé dans la catégorie des éléaginacées (ou éléagnacées). On trouve également dans cette famille les plantes oléagineuses d'Asie (du groupe oléagnus) qui sont vraisemblablement des précurseurs de l'argousier, ainsi que les « baies des buffles » que l'on trouve on Amérique du Nord (shepherdia).

Le nom le plus souvent employé, inspiré par Tournefort, est celui de rhamnoïdes. Le botaniste suédois Linné, qui a créé une classification pour les végétaux, a attribué en 1 753 le nom d'hippophae rhamnoïdes à l'argousier. En 1952, Van Soest a différencié les deux plantes européennes en deux sous-espèces, celle de l'hippophae maritima, que l'on trouve sur les côtes, et celle de l'hippophae fluviatilis, qui se situe dans les Alpes et le long des rivières alpines. Ensuite, en 1971, le botaniste finlandais Rousi a distingué trois types européens. Sa classification est encore appliquée au-jourcThui (il a ajouté l'hippophae carpatica aux deux catégories nommées par Van Soest). L'argousier compte six types asiatiques qui sont décrits en fonction de leur lieu d'origine et dont les noms invitent au voyage au pays du soleil levant. L'excursion commence à l'ouest et pousse toujours plus à l'est, de l'h/ppophae caucasia à l'hippophae turkestanica, de l'hippophae mongolica à l'h. sinensis, de l'h, yunnanensis à l'hippophae gyanfsensis.

Dès le XIXe siècle, trois autres variétés d'argousier ont été découvertes en Asie centrale : l'hippophae salicifolia Don (qui porte le nom de D. Don, qui l'a découverte). Cette variété pousse dans le Sud de l'Himalaya. Dépourvue d'épines, elle possède de larges feuilles et peut atteindre onze mètres de hauteur. L'hippophae tibetana Schlecht (d'après le nom de Schlechtendal) grandit sur les hauts plateaux tibétains jusqu'à une altitude de 5 000 mètres. C'est un arbuste chétif dont les baies et les épines restent petites. Cependant, ses fruits détiennent suffisamment de vertus pour jouer un rôle essentiel dans la médecine tibétaine.

Des chevaux au poil brillant, mais une ignorance relative en Occident

Le nom « hippophae » donne lieu à moins d'explications contradictoires que les détails de la classification botanique de l'argousier. Hippo signifie « cheval » en grec, et phao veut dire « brillant » ou « lumière ». Le nom de l'argousier le désigne donc comme un « lustreur du poil de cheval ». Ce nom doit remonter à l'époque de la Grèce antique. Les éleveurs de chevaux mélangeaient sans doute des baies d'argousier à la nourriture de leurs étalons afin de leur donner une belle robe lustrée, et selon d'autres sources, un regard vif.

Ces fringants coursiers sont-ils en quête d'argousier ?

Par contre, il faut reléguer au chapitre des légendes l'histoire selon laquelle Alexandre le Grand aurait importé l'argousier d'Asie et l'aurait implanté en Europe, au IVe siècle avant J.-C. Comme nous l'avons mentionné, à cette époque, cette plante avait déjà migré d'Asie en Europe depuis plusieurs milliers d'années. Naturellement, Alexandre le Grand peut avoir ramené des chevaux asiatiques de ses nombreuses incursions à l'Est, et avoir appris à ajouter de l'argousier à leur régime alimentaire. Toutefois, le Professeur Karl Koch, grand connaisseur de la littérature grecque ancienne et de la botanique, pense que le nom d'hippophae ne s'appliquait pas à l'argousier, mais à une euphorbe (euphorbia spinosa).

L'attribution du nom d'hippophae pourrait donc résulter d'une erreur, mais il est possible de trouver d'autres explications à ce choix. Au XVe siècle, un autre héros, Gengis Khan, voit également son nom associé à celui de l'argousier. Il est de nouveau question de la force et de la beauté des chevaux de Mongolie, stimulée par les vertus de cette plante.

Si cet « effet Pégase » paraît un peu « tiré par les cheveux », nous pouvons recourir à une explication concrète. Le contact des baies d'argousier est légèrement irritant pour la peau et provoque une sensation de brûlure ou de démangeaison.

Le folklore allemand a attribué de nombreux noms à l'argousier, et a presque toujours insisté sur son côté épineux. Il l'a notamment appelé :

  • Épine du lac, épine marine, buisson des dunes, épine du Rhin.
  • Saule des sables, saule épineux ou saule à épines, épine des prairies, épine cruelle ou épine luisante, épine marante, épine blanche.
  • Buisson de corail, buisson de baies oranges, prunellier ou baie des faisans, faux né(r)prun, a(r)gasse, gris(s)et.

Néanmoins, il n'est pas prouvé que ces anciens noms aient tous porté sur ce que nous appelons aujourd'hui « l'argousier ».

Le proverbe allemand qui prétend que « l'on donne beaucoup de noms à ce que l'on aime » se trouve ici confirmé. Ces noms insistent moins sur la riche vie intérieure du végétal que sur sa tendance a établir un contact « musclé » avec l'extérieur, et à s'en protéger efficacement.

Les différents noms de l'argousier contribuent sans doute à expliquer le fait que ce végétal soit très rarement cité dans les anciens traités des simples. Une encyclopédie des plantes datant de la grande époque des encyclopédies, le Tabernae- montanus de 1731, indique que l'on trouve uniquement l'argousier à Bâle, à Chur, le long du Lech, près d'Augs- bourg, ainsi que sur les côtes hollandaises. Il s'agit donc de l'argousier qui s'est étendu à partir des fleuves des Alpes, et sur les bords de mer. Dès le milieu du XVIe siècle, le botaniste anglais William Turner mentionne une plante nommée « ha- limus », qui pourrait être l'argousier. Il indique qu'on la trouve facilement dans les îles frisonnes et le long des côtes de la mer du Nord, à proximité des Flandres. Il ajoute simplement, à propos de son utilisation, que les paysans préparent à l'aide des baies une sauce mentionnée dans les archives de la Suède et du Sud de la France.

Les vertus thérapeutiques de l'argousier sont peu évoquées, et ce, pas avant le XVIe siècle : les feuilles et le jus d'argousier sont censés « soigner la fièvre et guérir les ulcérations ». En outre, on indique qu'il est possible de préparer une compote de baies d'argousier qui traite la dysenterie. Les pépins, cependant, ont un léger effet laxatif (parce que le jus acide des baies d'argousier provoque des mouvements intestinaux, les Hollandais ont surnommé ce fruit « baie des cabinets »).

Sans aucun doute, la couleur rouge des baies et leur acidité extrême laissaient présager de leur toxicité, comme l'a affirmé au XVIIIe siècle le philosophe français Jean-Jacques Rousseau. Bien qu'il ait été averti que les baies étaient dangereuses, il résolut un jour de braver l'interdit et avala une poignée de fruits. Il en conçut quelque inquiétude. Mais après un bon repas et un sommeil réparateur, il se réveilla frais et dispos le lendemain.

La plupart des auteurs indiquent que leur source d'informations sur l'argousier fut l'Observationibus hispanicis de Charles de Lécluse (Carolus Clusius), médecin flamand et botaniste. Cet homme fut notamment directeur des jardins de Vienne au XVIe siècle, entreprit de nombreux voyages en Europe et étudia la flore du Sud de la France. Aucun de ses prédécesseurs ni de ses contemporains n'a livré davantage de révélations à la science botanique. Charles de Lécluse iapporta en effet de ses périples de nombreux végétauxinconnus. En outre, il contribua à faire connaître la pomme de terre et d'autres plantes utiles en Europe.

Les premiers botanistes qui avaient tiré leur savoir de livres anciens réussirent à acquérir leur autonomie et se livrèrent eux-mêmes à l'observation de la nature. Ainsi, Charles de Lécluse ramassait lui-même ses végétaux, partout sur son passage, les nommait et les illustrait parfois. Ce fut l'un des précurseurs de la science botanique moderne.

La première mention détaillée des vertus thérapeutiques de l'argousier a été faite par le botaniste suisse Johannes Bauhin (1541-1613) :

Les baies d'argousier sont excellentes pour l'estomac et calment les nausées, en raison de leur goût acide. Elles stimulent la production de salive et apaisent la soif des personnes touchées par la fièvre. Elles ont une action purgative. Le jus d'argousier, lorsqu'il est épaissi, extrêmement acide et concentré, un peu comme l'épine-vinette, est recommandé en cas de diarrhée.

Il est intéressant de noter que Bauhin décrit très précisément le jus d'argousier et détaille, par l'observation, ce que nous appelons aujourd'hui la « séparation des phases » :

Les baies d'argousier, lorsqu'elles sont pressées, expriment un jus... qui est un mélange de trois substances : de l'huile, de l'eau et un peu de pulpe de fruit. Après le pressage, trois « médicaments » se différencient. La pulpe est recueillie au fond du récipient et son goût est particulièrement concentré. L'eau se place au milieu, au-dessus du mélange, sous l'huile, et apparaît également sous forme de mousse au-dessus de l'huile. Son goût est très acide, et se rapproche même du vinaigre. Mais la partie grasse du jus se place au-dessus de la mousse et ne se différencie pas, par son apparence, d'une huile véritable.

Cependant, l'utilisation médicinale de l'argousier ne se limitait pas à ses fruits. En Italie du Nord, les feuilles et le bois laient bouillies et utilisées pour la coagulation du sang. En initie, le bois était tourné et les baies servaient à la coloration

  • tissus. Pendant des siècles, l'argousier a servi à consolider les terrains instables, sur les pentes des talus ou dans les dunes. Dans de nombreux villages des Alpes, l'argousier faisait office de clôture naturelle dans les jardins et les vignes. Depuis au moins trois cents ans, on en fait des bouquets
  • lecoratifs. Parce que ses baies sont très esthétiques, avec leur
  • ouleur rouge orangée, on les accroche souvent dans les intérieurs hollandais, « pour égayer l'hiver ».

Dans le grand Nord, surtout chez les Finlandais et les lapons, l'argousier pousse jusqu'au soixante-sixième parallèle. Depuis des temps immémoriaux il est apprécié pour ses huits frais qui contiennent énormément de vitamine C. On

  • il fait des boissons et des confitures, il est employé en cuisine pour aciduler divers mets, et on le sert en purée avec les plats de poisson. En Allemagne de l'Est, certains fabricants de conserve ont importé de l'argousier en boîte, afin de le servir pii accompagnement de carpes et de truites.

La réputation thérapeutique de l'argousier s'est étendue <-n Russie, en Scandinavie et dans d'autres pays occidentaux. Mais pour trouver la source de ce savoir, il faut voyager vers l'Orient, se rendre au Tibet, ainsi que dans les steppes de Mongolie et de Sibérie.

L ’argousier dans la médecine tibétaine

UNE PLANTE À MÂCHER POUR LES LAMAS

ET LES NOMADES

Les monts d'Altaï, les steppes de Mongolie et les hauts plateaux du Tibet sont le berceau de l'argousier. Lorsque j'ai montré des baies d'argousier à un médecin tibétain, établi en Occident depuis longtemps, son regard s'est éclairé, et il m'a raconté avec enthousiasme ses expériences personnelles. Je me souviens en particulier d'un authentique souvenir de sa jeunesse : lorsque les enfants se blessaient aux épines de l'arbuste en cueillant ses fruits, il suffisait de frotter l'égratignure avec le jus d'une baie, et aussitôt la douleur disparaissait. La blessure ne s'infectait pas, cicatrisait et guérissait en un temps record. Cet effet est lié à la nature oléagineuse du fruit, extrêmement forte dans ces régions au climat rude.

L'argousier, que l'on appelle darbu (prononcer star-bu) nn tibétain, mais qui porte jusqu'à quatorze noms différents, ast mentionné dans les documents médicaux les plus anciens du Tibet, notamment dans le traité classique du VIIIe siècle qui s'intitule « Gyü-Shi » (rGyud bzi). Il s'agit de l'un des « quatre livres de la pharmacopée » signés par le célèbre 

médecin Yuthog Yonten Gonpo. Dans cet ouvrage ainsi que dans d'autres documents tibétains comme le Sheltreng et du Vaiduryaoubo, figurent plus de trois cents préparations à base d'argousier. La plante est employée seule ou en combinaison avec d'autres végétaux, minéraux ou aliments. Elle est présentée en jus ou en bouillon médicinal, en poudre ou sous forme de cachets, en baume ou sous forme de liqueur, en emplâtres, en cataplasmes ou en pâte. La place prépondérante de l'argousier s'explique simplement par le fait que l'on trouve ses baies dans presque tout l'Himalaya. Cet arbuste se développe jusqu'à des altitudes très élevées, ainsi que dans les sols sableux des steppes. C'est l'un des rares fruits de la région. Parfois c'est le seul, et de plus, il contient une huile !

Une protection naturelle pour la peau au pays des neiges éternelles

Le Dr Yeshe Donden, médecin tibétain qui soigne le Dalaï Lama depuis plus de vingt ans, nous renseigne sur le rôle essentiel des huiles et des corps gras dans la vie quotidienne au Tibet.

En raison de ses vertus médicinales, l'argousier y est très apprécié. Dans ce pays, il protège les habitants du froid et de l'épuisement, des accès de faiblesse, du manque d'exercice physique et mental, mais aussi du vieillissement.

L'huile et les corps gras sont utilisés pour revitaliser les peaux ternes et mal drainées. Les Tibétains boivent une grande quantité de ghee, qui purifie leur sang ; ils soignent leur peau à l'aide du mélange suivant :

Juste après la naissance d'un enfant, on pose à ses côtés la lettre Dhih, découpée dans un morceau de bois. Il s'agit de la syllabe de Manjushri, qui symbolise la sagesse du Bouddha. Cette lettre est ensuite réduite en poudre. On en dépose un peu sur les lèvres du bébé, afin que la lettre Dhih soit présente en lui, qu'elle lui confère un esprit clair et qu'elle lui délie la langue. Avant d'être nourri du lait de sa mère, l'enfant reçoit encore une cuillerée à café de beurre fondu mélangé avec un peu de mélasse ou de miel, afin de stimuler la croissance de ses os.

C'est pour cette raison que la peau de la plupart des Tibétains est extrêmement lisse et qu'elle brille de l'éclat de la santé. Au Tibet, un enfant dont la peau est terne et pâle est un objet de pitié. Ses parents ont été trop pauvres pour lui donner du beurre à la naissance...

Les différentes variétés d'argousier (on trouve au Tibet l'hippophae rham, l'h. gyantsensis, l'h. salicifolia et naturellement l'hippophae tibetana), sont réparties en argousier blanc et argousier noir. L'argousier blanc est décrit comme un arbuste épineux très résistant. Il est censé croître en Inde et dans les pays chauds. Ses fruits jaunes extraordinairement acides sont « veloutés et doux comme une fontanelle ». La variété noire, qui est sans doute celle de l'hippophae tibetana, est plus fragile et porte de petits fruits rouges.

Au Tibet et dans toute la région de l'Himalaya, on trouve, selon les lieux, de vastes différences dans l'allure de l'argousier. Selon une publication chinoise récente, il existe dans la province tibétaine de Dulongdesching un « argousier géant » haut de dix-sept mètres, dont le diamètre du tronc est de 1,80 m, et de deux mètres au pied. Par contre, on trouve aussi sur le versant nord du Tschomolungma (mont Everest), à une altitude de 5 000 mètres au-dessus du niveau de la  

mer, des pousses d'hippophae tibetana qui ne dépassent pas dix centimètres et présentent un diamètre d'un centimètre. Et pourtant ces sujets contiennent jusqu'à 19,5 % d'huile dans leurs pépins !

Depuis des temps immémoriaux, l'argousier tient une place de choix dans la médecine tibétaine, et plus récemment, dans la médecine traditionnelle de Mongolie. Sa haute teneur en vitamine C permet de lutter contre les maladies liées à diverses carences, notamment le scorbut, les rhumes et les affections accompagnées de fièvre, ainsi que l'épuisement général de l'organisme, en hiver et au printemps. Une autre plante associée au renforcement général de l'immunité est la racine de taïga (éleufhérocoque). Le jus d'argousier stimule également le système circulatoire et dissout les caillots de sang. Son efficacité sur les plaies n'est plus à démontrer. Elle est complétée par une action sur les brûlures et les engelures. Intégrée à divers baumes ou pâtes, elle soigne de nombreuses affections de la peau, des muqueuses et des yeux.

En outre, l'argousier agit sur l'estomac, sur les maladies respiratoires, les maux féminins, et même sur les tumeurs. Ces maladies et leur traitement sont souvent liés de façon étroite à certains troubles du métabolisme, provoqués par un déséquilibre de l'énergie physique, que les Tibétains appellent « humeur » ou « badkan ».

Les trois énergies physiques

Ce concept est au cœur de la médecine tibétaine, inspirée par les préceptes indiens. L'histoire de cette science est vieille de près de 4 000 ans. Après la première phase des « esprits célestes » qui parlaient dans les légendes, est venu le temps des « huit rishis ». Les brahmanes ont appliqué les préceptes de la médecine indienne au Tibet dès le VIIIe siècle, parl'intermédiaire des pandits bouddhistes. Les traités anciens de la médecine tibétaine sont de source indienne.

La médecine tibétaine repose, comme la médecine ayurvédique, sur le concept des trois énergies physiques (que l'on appelle doshas en sanscrit, nyes pa en tibétain). Il s'agit de l'énergie du « vent » ou de « l'air » (vota en sanscrit ou lung en tibétain), de l'énergie de « la bile » (pitta en sanscrit, dripa en tibétain), et de « l'humeur » (kapha en sanscrit, badkan en tibétain). Ces énergies biodynamiques gouvernent l'intelligence, la force et la résistance. On peut également établir des parallèles avec les principes d'Hippocrate et de Galien, qui avaient distingué le sang, la bile jaune et la bile noire, ainsi que la lymphe, et en avaient tiré les catégories des tempéraments.

Les trois énergies physiques (tridosha) doivent si possible coexister de façon harmonieuse. La médecine orientale considère qu'un déséquilibre de ces forces entraîne une maladie. Une perturbation peut survenir lorsque l'une des énergies « déborde », c'est-à-dire quand elle empiète sur le terrain d'une autre. La médecine tibétaine cherche, dans ce cas, non seulement à détecter les symptômes externes, mais aussi à traiter le « corps double », le champ énergétique subtil qui entoure le corps, et à y localiser la source du malaise.

Pour les médecins bouddhistes tibétains, le déséquilibre des énergies physiques est lié à un trouble mental. Le poison de l'envie, par exemple, est associé à l'élément « vent », l'inimitié renforce la « bile », et l'incertitude provoque des troubles de « l'humeur ».

Tandis que le « vent » apporte aux cellules l'énergie qu'il puise dans l'air, la « bile » a pour fonction de réchauffer l'organisme. « L'humeur » est chargée de le nourrir et de réguler tous les processus du métabolisme. Les cinq types « d'humeurs » sont logés dans la cage thoracique (au niveau du sternum), dans la partie supérieure de l'estomac, sur la uiguc, dans la partie du cerveau dévolue aux sens, et dans articulations. Un « bouillonnement d'humeur » intervient lu plus souvent en hiver et au début du printemps. L'excès w d'humeur » influence surtout le métabolisme dans l'esto- ni<, les muqueuses du système digestif, et se manifeste par il»', symptômes comme la perte d'appétit, la somnolence diurne et la pâleur du visage.

L'argousier est mentionné dans de nombreux traités tibé- I*lins comme l'un des moyens qui permet de lutter contre le déséquilibre des « humeurs ». On utilise les parties aériennes l< la plante, et surtout les fruits. Parce qu'ils sont acides, presque piquants et qu'ils irritent la langue, la médecine hhétaine insiste sur leur côté astringent et sur leurs effets sur lu digestion. Les baies d'argousier sont utiles en cas de < onstipation, mais aussi en cas de diarrhée.

L'argousier est un remède doux qui calme et neutralise en même temps. Il est à la fois recommandé pour traiter les maladies « froides » et les maladies « chaudes ».

  • En cas de maladie froide, il apporte de la chaleur, réduit la quantité d'humeur, purifie les poumons et exerce un effet désintoxiquant. Il calme la toux et limite les expectorations, creuse l'appétit et donne de l'énergie, notamment à l'estomac, à la rate et aux poumons.
  • En cas de maladie chaude, il fait baisser la fièvre, apaise la soif et restreint l'inflammation.

Le « support » d'une substance thérapeutique s'appelle menta ou « cheval médecine », selon les préceptes tibétains. Parmi les supports de substances actives, citons l'eau, l'alcool (tsang), le sucre et le miel. Le miel, dont le goût se marie parfaitement à celui de l'argousier, est le « cheval de médecine » le mieux approprié pour évacuer la lymphe et les humeurs.

Dans le « dsechar migczan », traité ancien de la médecine tibétaine, paru au XIXe siècle dans un ouvrage mongolconsacré à l'histoire de la médecine, les effets de l'argousioi ! sont résumés de la manière suivante :

L'argousier possède un goût puissant et velouté. En cas do badkan de la langue et de la gorge, il exerce une action apaisante. Dans ce cas, on se sert du concentré de ce qun l'on appelle « le sang de l'empereur ». On peut aussi se servii des pépins, qui calment l'expectoration, diluent le sang cl guérissent le badkan.

La dernière remarque est intéressante, car de toute évidence, les baies d'argousier ne sont pas seulement mâchées au Tibet, ni même cuites pour en extraire un jus concentré. On utilise également la force énergétique de l'huile et l'on connaît déjà les vertus de ses pépins.

Le khanda, extrait huileux concentré, ne sert pas uniquement à réguler « l'humeur », mais aussi à soigner les « épanchements de sang » comme les hématomes (coups et bleus), à stopper les hémorragies et à calmer les maux spécifiquement féminins liés aux règles. Par ailleurs, l'argousier calme les inflammations. Il faut également mentionner que l'huile de ce fruit agit sur l'activité des muqueuses. Elle est bénéfique en cas de tumeurs de l'œsophage, d'ulcères de l'estomac et de saignements des intestins.

Sélection de recettes tibétaines à base d'argousier

Le jus huileux extrait des baies d'argousier entre traditionnellement dans de nombreuses recettes tibétaines, qui sont devenues célèbres à cause de leur effet synergique. Ces mélanges s'appliquent surtout en cas de problèmes pulmonaires et d'inflammation des voies respiratoires, de troubles des voies digestives dus à un excès de badkan (humeur), en cas aussi de formation d'ulcères et de tumeurs, de saignements et de troubles spécifiquement féminins.

  •   AFFECTIONS PULMONAIRES (œdème, furoncles ou abcès pulmonaire, maladies des bronches, notamment bronchites asthmati- formes)

Exemple de recette : baies d'argousier, noix de muscade, cardamome, gingembre, myrobolan (drupes de badamiers de l'Inde), copeaux de fer et miel.

  • REFROIDISSEMENTS accompagnés de fièvre et de frissons

Exemple de recette : baies d'argousier, grenade, piment

- Si nez bouché, écoulements et difficultés à respirer

Exemple de recette : baies d'argousier, réglisse et miel

  • MAUX D'ESTOMAC avec ou sans fièvre

Fn cas de problèmes digestifs avec engorgement du foie Exemple de recette : baies d'argousier, grenade, férule (assa-fœtida), gingembre et salmiak

Sécrétion d'humeurs (badkan) dues à une tumeur de l'estomac

Exemple de recette : baies d'argousier, sorbier, cartha- me des teinturiers et bézoard (concrétion minérale provenant de l'estomac et des intestins des herbivores).

  • MAUX FEMININS pour les tempéraments de sang, de vent et d'humeurs

Recette de base : baies d'argousier, rhubarbe et autres plantes médicinales, salpêtre et autres composants, réduits en poudre et complétés par du sucre pour lo| tempéraments de vent, de sucre roux pour les tempôd raments de sang, et de miel pour les tempérament d'humeurs.

- En cas de caillots de sang dans les règles et do douleurs liées à des règles abondantes

Exemple de recette : baies d'argousier, inula raceme sa, aragonite et (si possible) chair de serpent.

4

Les succès d’une
plante pionnière

Dans de nombreuses régions du Tibet et de la Mongolie, dans la zone occupée par les Bouriates, notamment dans le Sud de la Sibérie (aux abords du lac Baïkal), les sages rédigeaient des zhory, sorte de précis de médecine où se trouvaient réunies des recettes à base d'ingrédients végétaux difficiles à trouver chez nous.

DES HAUTS PLATEAUX DU TIBET ET DES STEPPES DE L'ASIE CENTRALE, L'ARGOUSIER EST PASSÉ EN RUSSIE, PUIS EN EUROPEl'Aga Khan. Les cavaliers l'emportaient dans leurs voyages Elle faisait partie de leur « trousse de secours ». Elle renforçai! les défenses, figurait parmi les remèdes d'urgence. Ils l'utili soient à la fois pour soigner les blessures, calmer les irrita tiens et comme précieuse réserve de vitamines.

Au XIXe siècle, Losang Que-Pei, apothicaire mongol, écrivit un traité de médecine tibétaine en cent vingt chapitres Ce volume contient de nombreuses recettes à base d'argou sier, notamment pour soigner :

  • Les affections pulmonaires
  • L'estomac, les intestins, le foie et le pancréas
  • Les douleurs spécifiquement féminines
  • Les rhumatismes ainsi que les oedèmes dans les articulations.

Le petit ouvrage intitulé Ontsar godon derdzod, modèle de zhory qui recèle des trésors d'ingéniosité en matière de médecine, inspiré de l'œuvre du médecin mongol Lama Chôgyamtso, est devenu très célèbre chez les Bouriates. Il contient plus de 500 recettes éprouvées, et l'argousier, ici appelé shasarghana, y tient un rôle essentiel. En effet,

«... il évacue les humeurs et le pus des poumons, assèche et renforce les muqueuses (en cas d'excès d'humeur), et il régule l'ensemble du métabolisme. »

Dans la médecine populaire mongole et bouriate, le jus d'argousier, utilisé en interne et en externe, soigne également les rhumatismes. On se sert d'une décoction de ses fruits et de ses feuilles, ainsi que de branches pour traiter les affections de la peau, les brûlures, et même les chutes de cheveux, ainsi que la calvitie. En Sibérie, les baies d'argousier entrent dans la préparation d'un vin de fruits d'une couleur dorée, extrêmement aromatique, et qui titre à près de 1 7 degrés.

l a réputation de l'argousier a franchi les frontières de la Aongolie et du Sud-Est de la Sibérie pour se répandre en Ui .ic, où elle a fait son entrée dans la médecine populaire ■ ale. En même temps, la médecine tibétaine a quitté les houlcurs de l'Himalaya et les steppes de l'Asie centrale pour >■ faire connaître en Occident, passant de la Russie à la •uôde, puis à l'Allemagne, à l'Angleterre, à la France et à 1 Italie. Les classiques de la médecine tibétaine ont été imduits et commentés. Mais surtout, les chercheurs russes •nlemporains ont commencé à se pencher sur les vertus de

I huile d'argousier.

    L'oblepicha conquiert la Russie

Les Russes qui vivaient dans les régions où l'argousier a naturellement progressé en provenance de la Chine ont de lout temps (également à l'époque de la Russie Soviétique) fait la cueillette des fruits, non seulement pour se nourrir, mais aussi pour se soigner. On en trouve de nombreuses preuves sur les côtes de Lituanie, de Lettonie et d'Estonie, dans les anciennes provinces prussiennes situées autour des villes de Kônigsberg et Kaliningrad, ainsi que dans les régions montagneuses situées entre le Caucase, l'Oural ol l'Altaï, notamment dans la république du Kazakhstan.

Ce sont les zones les plus peuplées de la Russie qui se son! le plus intéressées à l'argousier. La langue russe et ses dialectes lui ont donné vingt-trois noms différents. Le nom do la ville ouzbek de Dzhidda désigne ce fruit. D'autres appel lotions, par exemple celle de « buisson aux épines » ou de « buisson des pâturages » se rapportent aux propriétés bo toniques de la plante. Le nom russe « oblepicha » fait référence à la solidité avec laquelle le fruit est attaché aux branches de l'arbuste. Celui qui essaie de le récolter à mains nues apprendra à ses dépens l'origine de cette formule.

De nombreuses applications anciennes de l'argousier sont mentionnées par la médecine sibérienne. Selon cette source, les décoctions d'écorce d'argousier soignent la diarrhée et la dysenterie, alors que les pépins bouillis exercent un léger effet laxatif. Pour leur part, les fruits bouillis calment les affections de la peau et contribuent à la cicatrisation des plaies. Ils agissent également sur les brûlures, les engelures et la chute des cheveux.

Dès le XIXe siècle, les composants de l'argousier ont fait l'objet de recherches. Ainsi, Shukin, un scientifique, a mis en valeur ses propriétés curatives dès 1850. Il a envisagé la culture intensive de cet arbuste. Le fait que l'argousier soit une plante très répandue et que ses variétés soient nombreuses a hâté les recherches. Aujourd'hui encore, la région de Novossibirsk est le centre de la culture de l'argousier en Russie.

Vers le tournant du XXe siècle, les amateurs sibériens ont entamé cette culture, et ils ont ensuite bénéficié d'aides de l'Etat. En 1920, un décret de Lénine a imposé le développement de la culture de l'argousier. A partir de 1934, les rendements minimaux ont été fixés en Sibérie (à Barnaoul et Novossibirsk) et pour les augmenter, on a importé des tiiiétés de fruits sauvages en provenance de l'Altaï et du ducase, de la Sibérie orientale et de la Mongolie. Les premiers clonages ont eu lieu, et on a mis au point des

■ niétés d'argousier sans épines, portant des fruits plus gros I plus nombreux. Depuis 1960, on peut véritablement considérer que l'argousier est cultivé de manière industrielle ii Russie. C'est en 1965 qu'ont eu lieu les premières plantations biologiques. En 1969, le premier congrès con- ■<icré à l'argousier a été organisé en Russie.

De même, on récolte désormais les baies d'argousier à ■ pande échelle dans la République de Mongolie.

De manière générale, l'argousier asiatique est plus riche «n huile et plus pauvre en vitamine C que les variétés européennes. Cela n'est pas imputable à la culture industrielle de ce fruit, car il présente cette tendance à l'état naturel.

Parce que cette plante est très répandue, son histoire et ses applications dans la médecine populaire sont très bien connues en Russie, et pratiquement tous les pharmaciens en possèdent dans leur boutique. Lorsqu'un touriste européen cherche à se renseigner sur l'huile d'argousier, on lui répond immédiatement par une question : « Voulez-vous que je vous en procure ? Quel est votre problème de santé ? » Les journaux de médecine européenne indiquent que les chercheurs russes ont toujours un flacon d'huile d'argousier dans leur poche, et qu'ils s'en servent couramment pour soigner de petites écorchures et des contusions diverses.

  • Par suite de récoltes abusives des graines d'argousier prélevées dans les bourgeons, les argousiers sauvages ont souvent été détruits, même si quelques amateurs aiment à les cultiver dans leur datcha. La connaissance des spécialités à base d'argousier est très répandue en Russie. On sait notamment :que la plante ne doit pas être plantée à l'ombre/
  • que le sujet femelle a besoin de côtoyer plusieurs sujets mâles pour porter des fruits,
  • qu'il est important de bien choisir le moment de la récolte, notamment qu'il faut cueillir les fruits très mûrs pour obtenir une quantité d'huile maximale,
  • qu'il faut préparer ou congeler les fruits très rapidement, parce qu'ils se conservent mal.

Après la récolte, on presse le jus des fruits. Les lipides de l'argousier sont extraits dans le marc, et mélangés à de l'huile de tournesol. Le mélange d'huile de tournesol et d'huile d'argousier trouve traditionnellement des applications médicinales et sert à la fois en médecine interne et externe. Cependant, nous n'irons pas jusqu'à laisser croire que cette méthode de fabrication traditionnelle, assez simple, est plus efficace que la méthode d'extraction de l'huile d'argousier pure, qui est plus sophistiquée. Ce serait un « mensonge publicitaire ».

Naturellement, il existe en Russie de nombreuses recettes culinaires et médicinales à base d'argousier. Le marché de l'argousier est particulièrement vaste dans ce pays, car cette plante figure sur la liste officielle des médicaments. Les fruits, les feuilles et les branches entrent dans la composition de divers produits. L'huile est obtenue à partir des fruits ou des pépins. Elle est présentée pure ou coupée avec d'autres substances dans des préparations médicinales ou cosmétiques. Les principales indications de l'argousier sont les suivantes :

  • Affections de la peau et des muqueuses, par irradiation naturelle ou radiothérapie

ê Ulcères de l'estomac et du duodénum

  • Inflammation de la muqueuse buccale et de la gorge

• Infections vaginales et inflammations de la paroi de l'utérus et du col de l'utérus.

Malgré le fait que cette plante ait été très répandue en Union soviétique, elle y est restée longtemps une denrée extrêmement rare. Les méthodes de cueillette et le travail de la plante sont très compliqués. L'étatisation de l'agriculture ii'a sans doute pas facilité l'approvisionnement. Au bout du compte, la demande du public n'a fait que croître. Un chirurgien russe, spécialiste du laser, explique qu'il y a ■ *nviron vingt ans, seuls les privilégiés (les dignitaires du Parti communiste) avaient accès à l'huile d'argousier. Aujourd'hui encore, le maslo oplepichovoe qui vient généralement de Sibérie et se présente en flacons de 1 00 ml, n'est disponible que sur ordonnance, non pas parce que son usage entraîne des effets indésirables, mais parce que la demande du public ust trop forte et qu'il faut réguler la distribution.

A ce jour, l'huile d'argousier est incroyablement populaire on Russie, et en Allemagne, les pharmaciens ont bien du mal à honorer la demande des clients immigrés d'origine russe...

Souvenirs d'une pharmacienne russo-allemande

Eugenia G. est née en Prusse orientale, dans la ville de Kônigsberg qui s'appelle aujourd'hui Kaliningrad et se trouve dans une enclave russe située sur le territoire allemand. Devenue pharmacienne, elle a beaucoup à dire à propos de l'argousier. Parce que cette plante n'est pas toujours disponible en pharmacie (notamment pour des raisons économiques), Eugenia se souvient d'avoir préparé chez elle du jus et de l'huile d'argousier.

Il est impossible de récolter les baies d'argousier à la main, comme on le fait avec les autres fruits. En effet, elles sontsolidement accrochées aux branches de l'arbuste et elles s'écrasent facilement. De ce fait, on a longtemps cassé des petites branches d'une longueur de dix centimètres sur des arbustes qui poussaient un peu partout en bord de mer. Une fois rentrés chez eux, les cueilleurs sectionnaient les baies à l'aide de ciseaux. Ce faisant, il fallait veiller à ne pas laisser les fruits en contact avec le métal, sinon la pulpe noircissait et s'oxydait. Madame G. écrasait les baies à la main en se servant d'un filtre en mousseline et obtenait ainsi du jus d'argousier pur. Ce jus, naturellement riche en huile (il contient au moins 8,2 % d'huile, NdA), servait à soigner, en interne, les gastrites et les maux d'estomac d'origine nerveuse. Madame G. raconte qu'elle prenait très volontiers ce remède fabriqué à la maison pour calmer « les douleurs de l'estomac et de l'intestin ». Elle en buvait régulièrement, en le coupant d'eau, en mélangeant deux cuillerées à soupe de jus dans une tasse d'eau chaude. Il était nécessaire de sucrer cette mixture, car le jus seul pouvait « agresser » les estomacs sensibles.

Madame G. signale également que l'huile d'argousier (« maslo oblepichovoe ») est un excellent produit cicatrisant. Selon la croyance populaire, elle soigne les ulcères de l'estomac et même le cancer. Pour ce faire, elle doit être prise sur une période prolongée (ce qui oblige à se procurer les flacons de 100 ml que l'on trouve en pharmacie). Ainsi, de nombreuses familles consentaient des efforts substantiels pour préparer l'huile d'argousier de manière artisanale. Elles extrayaient l'huile d'argousier au moyen d'huile de tournesol ou d'autres huiles végétales, par la méthode de la pression à froid ou à chaud. De toute évidence, les personnes qui procédaient ainsi étaient récompensées de leurs efforts...

Les pionniers est-allemands de l'argousier

C'est sur les bords de la Baltique que l'on a trouvé les premiers buissons d'argousier, sur le territoire de l'ancienne Allemagne de l'Est. Ensuite, l'argousier a profité des conditions idéales pour s'étendre vers Mecklembourg et Vorpom- inern, puis dans le Brandebourg. Depuis, on aperçoit de nombreuses plantations dans cette région. En traversant les nouveaux Lânder, on voit partout cet arbuste décoratif, planté sur des anciennes zones d'extraction du charbon, au bord des routes et sur les berges (dans un but de consolidation du terrain), dans les jardins publics des villes ot dans l'habitat naturel des oiseaux. Quarante-deux variétés d'oiseaux construisent leur nid avec des branches d'argousiers et se nourrissent de leurs baies. L'argousier relève ici d'une tradition vivante qui a encore de beaux jours devant elle.

En 1952, une monographie révolutionnaire consacrée à l'argousier a été publiée par Gerhard Darmer (de l'institut de botanique de Leipzig). C'est l'ouvrage de référence pour tout ce qui concerne la plante sauvage et cultivée. L'argousier a été longtemps négligé. On a cru également que sa baie, de couleur rouge, était empoisonnée. Quand sa haute teneur en vitamine C a été connue, on a beaucoup abîmé les sujets sauvages qui poussaient le long de la Baltique et dans les Alpes, et on a malheureusement utilisé leur bois pour le chauffage. Les destructions ont été considérables, et les meilleurs pieds femelles ont été décimés. C'est pour cette raison que ce végétal a fait l'objet d'une protection officielle et qu'une plantation organisée, avec des méthodes de récolte et de culture planifiées, est devenue nécessaire.

Après la sortie du livre de Darmer, une série d'autres ouvrages a été publiée, notamment sous la direction de Hans-Joachim Albrecht, des pépinières VEB de Dresde et     

Diverses expériences pratiques ont été menées sur l'ar- i iei planté sur les coteaux des anciennes exploitations à jli I ouvert. En effet, depuis 1960, on a acclimaté des argou-   dans le « nid des cigognes » de la région de Mecklem- I h|(| et de Ludwigslust. Les premières récoltes ont été ,ii ionisées en 1980 par l'ingénieur agronome Dieter Wolf, i . responsable de la section fruits. Dans des zones au sol •ouvre, dans des friches ou des zones soumises au gel tardif, llluôos au beau milieu de grandes plantations de pommiers, i |,<*u adaptées à la culture, on a implanté des argousiers iiuvages. Le « nid des cigognes » était un véritable projet v/olutionnaire, comme l'a déclaré Fred Wegert, arrivé sur h aile en 1986. Comme la centralisation était de mise à cette

  • | loque, et que les réglementations en matière de légumes • I de fruits étaient extrêmement strictes pour la région, il a
  • illu imposer l'argousier de manière quasi-clandestine. Petit
  • i petit, on a adapté plusieurs variétés d'arbustes adaptés aux lifférents terrains. Seule la pollinisation par les arbustes mâles s'est fait attendre. Plus tard, la culture de l'argousier,

plante récalcitrante » entre toutes, a été placée sous la devise « la nécessité est mère de l'invention » (voir pages 85 et suivantes).

Depuis 1982, il existe une coopérative « pour la culture de l'argousier », dirigée par le Dr H.-J.-Koch, membre du comité pour la sélection des variétés, et ingénieur agronome. Le Dr Koch s'est penché activement sur toutes les questions de variétés, les méthodes de culture, d'exploitation et de récolte. Avant la chute du mur de Berlin en novembre 1989, ce groupe de recherches travaillait en étroite collaboration avec d'autres associations du même type. L'argousier a connu un essor sans précédent, et de nombreux produits ont été développés, surtout à partir du jus du fruit. Sous l'impulsion de l'Etat russe, ce groupe a axé ses recherches sur l'utilisation de l'huile d'argousier dans les préparations    

pharmaceutiques et cosmétiques. Cependant, il a fallu en- ingistrer un net recul. En effet, après la chute du mur de Berlin, la culture de l'argousier a failli périr en raison d'un boycott massif des produits est-allemands.

Jusque dans les années quatre-vingts, l'URSS a gardé le quasi-monopole de la culture et de l'exploitation de l'argousier, mais la chute du mur de Berlin a changé la donne et a sonné le glas de nombreux autres projets agricoles. En Allemagne de l'Est, où l'argousier avait été planté sur 300 hectares en 1 989, la surface d'exploitation a été brutalement diminuée de moitié. Beaucoup de petites entreprises ont dû fermer, et beaucoup d'arbustes, sur lesquels on ne récoltait plus les fruits, ont été arrachés. Dans le Land de Brandebourg, il a été question, dans les années quatre-vingt dix, de réagir à cette tendance en replantant de nouveaux pieds d'argousier sur 200 hectares de terrain. Mais de toute évidence, cette initiative n'a pas été suffisamment préparée et s'est trouvée condamnée à l'échec, car la plupart des partenaires du projet ne cherchaient qu'à glaner les subventions et ne disposaient pas de connaissances suffisantes dans ce domaine. Ensuite, de grosses pertes ont été enregistrées sur les plantes sauvages. À cette époque, la demande était également en perte de vitesse.

Sur les neuf entreprises impliquées au départ dans ce projet, seules trois sont restées en selle. Elles disposent d'environ 40 hectares de plantations d'argousier bien entretenues, au rendement élevé. Sur ces 40 hectares, 11 appartiennent à la plantation modèle d'Ernst Triquart à Fredersdorf. Le Dr Andreas Berger cultive l'argousier sur 25 hectares à Werder/Havel. Les produits qu'il en tire sont mis en valeur par Christine Berger dans sa propre entreprise. C'est encore elle qui commercialise ses préparations. Un stand d'exposition, complété par un mini-jardin potager, a été présenté lors du salon national des jardins à Postdam,  

en avril 2001. On y a exposé des gelées de fruits, des jus, des vins et des liqueurs largement élaborés à base d'argou- sier, mais aussi à base de fruits locaux et d'autres baies sauvages.

De manière générale, on a désormais tendance, en ex-Allemagne de l'Est, à privilégier la demande des consommateurs lorsque l'on lance de nouveaux produits-C'est ainsi qu'au début de l'année 2000, la « société des amis de l'argousier » (Gesellschaft der Freunde und Fôrderer des Sanddorns E.V) a été fondée afin de promouvoir la recherche et les applications agricoles de l'argousier dans des buts diététiques, pharmacologiques et phytothérapeutiques. Une étroite collaboration est née entre les cultivateurs d'argousier et tous ceux qui interviennent dans son exploitation ou sa transformation. Espérons que l'argousier sortira de sa nuit si le travail d'information auprès des consommateurs porte ses fruits.

Comme en URSS, l'argousier est longtemps resté une denrée rare en ex-Allemagne de l'Est. On ne pouvait se procurer son jus que dans les cercles politiques les plus huppés, où un cocktail de vodka et d'argousier avait été érigé au rang de boisson fétiche. On pouvait également le déguster dans les hôtels de luxe, où les verres étaient encore lavés à la main, nous a-t-on dit. En effet, les traces d'huile ne disparaissaient qu'après un lavage soigneux, effectué manuellement. Étant donné que la priorité est aujourd'hui donnée à la vitesse et que l'on respecte les désirs des consommateurs, on a mis au point un jus d'argousier plus stable qui ne forme pas de dépôt et qui ne laisse plus de cercle graisseux dans les bouteilles et les verres.

  La progression de l'argousier vers les anciens Lânder allemands a été facilitée : la réputation de la plante a précédé la demande. En dehors des rives de la Baltique, on trouve cette plante dans les Alpes et sur les rives de certains fleuves (dans la partie septentrionale du Rhin, le long du Lech). Dans ces régions, on connaît les vertus des vitamines de l'argousier et sa valeur de complément alimentaire. Entre-temps est apparue toute une palette de nouveaux produits aux couleurs vives, et l'argousier s'est trouvéavantagé par son aspect attrayant. Dans le Nord-Ouest de l'Allemagne, les fruits sauvages qui étaient connus depuis longtemps sont désormais cultivés par des professionnels : dans les environs d'Aurich, un importateur de thés appelé Uwe Rolf est devenu fan d'argousier, et a planté des sujets de grande qualité, afin de répondre à la demande croissante du public tout en comptant sur ses propres ressources.

Depuis le milieu des années quatre-vingt dix, l'huile d'argousier éveille un intérêt de plus en plus grand, ce qui peut être lié à l'arrivée en Allemagne de près d'un million et demi d'immigrés russes. Depuis, une série de produits cosmétiques a vu le jour : on nous propose désormais des crèmes pour le visage, des lotions pour le corps, des huiles de soin et de protection solaire, des baumes pour les lèvres, des savons-crèmes, des gels pour la douche et des shampoings à base d'huile d'argousier, sous la mention « skin repair ». Notre peau, de plus en plus agressée par la pollution, puise dans cette plante la protection nécessaire pour se régénérer et guérir. L'augmentation des allergies cutanées et la nécessité de se prémunir du rayonnement solaire doivent également être pris en compte. En même temps, l'opinion publique est de plus en plus favorable aux remèdes à base de plantes, et s'intéresse aux thérapies d'origine asiatique, notamment à la médecine chinoise et à l'ayurvéda, dont est dérivée la médecine tibétaine. Il est donc temps de redécouvrir le passé fascinant et l'extrême diversité de l'argousier !

5

La force féminine ne saurait se passer de l’action masculine

UN SYSTÈME DE REPRODUCTION
ÉTONNANT

L'argousier possède quelques propriétés botaniques qui peuvent compliquer sa mise en culture et l'utilisation de ses baies.

I Tout d'abord, l'argousier est dioïque, c'est-à-dire qu'il porte des fleurs mâles et des fleurs femelles sur des pieds séparés. De ce fait, il existe des pieds exclusivement mâles et des pieds exclusivement femelles. Seuls les sujets femelles portent des fruits.

Les pieds mâles et les pieds femelles ne peuvent être différenciés que lorsque les seconds ont porté des fruits, ce qui se fait attendre pendant cinq ans dans la nature, et deux à trois ans dans les plantations...Plantes mâles (d) dans les plantations d'argousier

    La période de floraison est très courte et intervient entre avril et mai. Les pieds femelles sont exclusivement pollinisés par le vent. Pendant que les pieds mâles portent de gros bourgeons bruns, les fruits des pieds femelles restent minuscules et invisibles. Ils ne sont ornés ni de feuilles ni de nectaires (glandes produisant le nectar, NdT). On peut uniquement les apercevoir lors d'un examen minutieux. Après l'apport de pollen provenant des pieds mâles, les pieds femelles forment des graines rouges de forme ovoïde, qui deviendront les pépins des airelles. Ces graines n'ont pratiquement pas de pétiole et leur pulpe est aussi dure que la coquille d'une noix.

À l'état sauvage, les pieds mâles et les pieds femelles sont à peu près également répartis. Quand on plante l'argousier, il faut si possible aider la nature, et faire en sorte que les pieds femelles portant des fruits soient littéralement encerclés par les sujets mâles. En pratique, cela signifie que les pieds mâles sont placés en rangs, et en bordure de plantation. Généralement on plante neuf pieds mâles pour un pied femelle.

La pépinière du « nid de cigognes » s'est livrée à ses pi apres expériences. On y a implanté les sujets femelles de Li variété « Leikora » en 1979. Mais en l'absence de sujets mâles, il n'y avait aucune possibilité de récolte. Il a donc été nécessaire d'importer des plants sauvages de la côte friponne, plus précisément des environs de Schwerin. Dix de i es dames ont dû se contenter d'un homme, et au cours de cotte période, les fruits ont été très peu nombreux, même si les arbustes femelles affichaient une santé resplendissante. Dans le même temps, ces arbustes mâles sauvages, déjà difficiles à trouver, restaient faibles et malingres, s'enracinaient mal, et se montraient sensibles aux conditions météo- lologiques comme aux maladies. Il fallut donc créer le clone « Pollmix » à partir de différentes variétés d'argousier mâles, afin de les associer aux pieds femelles déjà plantés.

À la différence de la récolte et de l'exploitation, la culture de l'argousier est très simple. Cette plante se contente des sols les plus pauvres, se sert des bactéries et des actinomycètes proliférant sur ses bulbes pour effectuer la liaison de l'azote de l'air. Il ne lui faut qu'un peu d'humidité pour prendre racine et elle est extrêmement résistante aux maladies et aux parasites. Cependant, il est nécessaire d'assurer une bonne aération du sol, en retirant mécaniquement les mauvaises herbes autour de son pied. Dans les plantations, où l'argousier ne peut choisir son lieu de vie, il doit bénéficier d'une exposition optimale, être orienté nord-sud et implanté à une distance minimale de quatre mètres d'un autre sujet.

La nécessité est mère de l'invention : les astuces à connaître pour cultiver et récolter les fruits de l'argousier

La fructification a réussi et l'argousier arbore ses superbes baies de couleur vive : selon les variétés, elles peuvent apparaître jusqu'à la mi-août. La récolte constitue l'étape          

suivante, et elle apporte son lot de complications. De l'avis des experts, cette récolte reste le principal obstacle à l'essor de la culture de l'argousier, en raison de son coût élevé et de la difficulté de sa mise en oeuvre.

Tout d'abord, il est important de savoir quand intervenir : selon les variétés, le moment est différent, et relativement court. Certes, les baies restent accrochées à l'arbuste de l'automne jusqu'au cœur de l'hiver, mais leur goût se modifie, elles perdent une partie de leur vitamine C et doivent de ce fait être cueillies avant les premières gelées.

Les variétés d'argousier qui poussent en Allemagne de l'Est

• Culture de sujets femelles

Lors de la plantation de pieds femelles, il est important de choisir une variété à haut rendement en jus de fruit, contenant beaucoup d'acide ascorbique et de vitamine C. En outre, il convient de surveiller les différents degrés de maturation des fruits selon les sujets, et d'intervenir à temps pour la récolte. En dernier lieu, il faut tenir compte des différents objectifs de l'exploitation.

Leikora (appellation ancienne : « Leitzkauer Orange »)

  • Cette variété est commercialisée depuis 1979
  • Ses racines et ses branches sont épaisses
  • Elle porte de très gros fruits orange foncé
  • Sa maturation est lente. La récolte intervient entre la mi-septembre et la mi-octobre
  • Les rendements sont élevés, les fruits sont savoureux et imposent des traitements variés
  • La teneur en vitamine C est forte     

Hergo (appellation ancienne : « l'or des champs »)

  • Cette variété est commercialisée depuis 1 983
  • Ses racines sont épaisses et ses branches minces
  • Elle porte de gros fruits orange clair
  • La récolte intervient du 1er au 15 septembre.
  • Les rendements sont très élevés.

Sur le tard, on a développé les variétés frugana, à la maturation hâtive, dont le goût est très doux, ainsi que la dorana qui contient une grande quantité de vitamine C et qui se prête à la culture en jardin. L'askola, enfin, se distingue par ses rendements exceptionnels et sa richesse vitaminique (sa teneur en vitamine E, par exemple, est nettement supérieure à la moyenne).

Récemment, les pépinières ont senti le vent tourner en faveur de l'argousier et ont lancé de nouvelles variétés, notamment à Berlin, dans la pépinière Spâthschen (émulée par l'exemple de la pépinière VEB de Mecklembourg). Ces nouvelles variétés contiennent énormément d'huile, ce qui intéresse tout particulièrement l'industrie pharmaceutique et cosmétique.

• Culture de sujets mâles

Il existe quatre clones mâles « Pollmix ». Ils bourgeonnent à différents moments de l'année, et il faut environ neuf sujets mâles pour un sujet femelle (voir le schéma de la page 84). Cette variété a donné d'excellents résultats internationaux dans le domaine des fruits pollinisés par le vent, et qui a permis d'obtenir les meilleurs rendements sur les pieds femelles porteurs de fruits.

À l'Est, où la quantité d'huile contenue dans le fruit est plus appréciée que la quantité de vitamine C qu'il offre, on

Lusse les fruits plus longtemps sur l'arbuste. Les variétés Sectionnées, qui ont une période de végétation plus t ourte et qui se développent malgré des conditions climatiques très rudes, sont particulièrement résistantes (sous nos latitudes, elles sont malheureusement sensibles aux i hampignons). En période de gel, les baies sont relativement faciles à récolter par gaulage. Cependant, d'après notre expérience, les oiseaux n'hésitent pas à se servir, le faux de vitamine C se réduit, et le goût de la baie se i enforce en raison du processus d'oxydation provoqué par l'acide phénylique.

Dans le cas où l'on aurait affaire à un arbuste sauvage, h»s branchages épais, leur côté inextricable et la présence des épines compliquent singulièrement une récolte efficace, la croissance naturelle de l'argousier favorise un développement en couronne. Dans ce cas, seule la partie supérieure de l'arbuste renouvelle son bois, tandis que les parties inférieures et intérieures de l'argousier s'assèchent. Les pousses boisées qui croissent à partir du mois de mai se garnissent d'épines jusqu'en automne. L'année suivante, ces rameaux

Toutes ces caractéristiques compliquaient la cueillette et réduisent les rendements. Il a donc fallu faire preuve d'ingéniosité pour tenir compte à la fois des impératifs économiques et écologiques. S'il est bien entretenu, un argousier peut être rentable pendant dix-huit années d'affilée. Les fruits apparaissent au plus tôt au cours de la deuxième année, et au plus tard au cours de la troisième. La moitié seulement des fruits seront cueillis au cours de la première année de fructification. De ce fait, il y aura malgré tout une récolte tous les ans. Les fruits portés par les rameaux de l'année précédente parviendront à maturité l'année suivante. De la même manière, sur les rameaux femelles, les fruits reviendront tous les deux ans sur les pousses de l'année précédente.

Cependant, le principal problème est lié à la consistance et aux propriétés des baies. Ces petits fruits sont accrochés en grappes épaisses sur les branches, et sont pourvus d'une attache très ferme. Lorsque l'on essaie de détacher la baie mûre, celle-ci s'écrase le plus souvent. Sa peau très fine craque facilement et le jus s'échappe. Tant que cette peau est encore résistante, la baie n'est pas tout à fait mûre et contient moins de vitamines. En outre, la peau du fruit présente des petites écailles poilues qui provoquent des démangeaisons sur la peau. Le jus d'argousier filtré a encore un léger goût râpeux qui provient de ces écailles.

Parmi les méthodes populaires employées pour récolter les baies d'argousier, citons celle qui consiste à poser une toile sous l'arbuste afin d'y recueillir les fruits coupés au sécateur. On emploie parfois une sorte de petite fourche pour détacher le fruit. Les premiers amateurs d'argousier ont mis au point plusieurs techniques après la Seconde Guerre mondiale, notamment celle du « tablier de l'argousier ». Les cueilleurs tendent une grande toile aux coins desquels ils ont fixé une grosse épingle à nourrice. Ils l'accrochent ainsi aux branches de l'argousier ou se servent de pinces à linge. Ainsi, les grappes cueillies tombent sur ce tissu. Ensuite, on transfère les baies dans un grand panier que l'on pose dans un endroit frais ou à l'ombre.

Une autre solution consiste à utiliser une petite presse manuelle qui recueille le jus directement sur l'arbuste, permettant ainsi de « traire » les baies et de recueillir le jus dans un récipient (en raison de l'oxydation, ce récipient ne doit pas être en métal). Ces méthodes, et d'autres, similaires, n'ont toutefois postait leurs preuves sur le plan économique.

Récolte d'argousier en l'an 2000 : après avoir procédé à un examen critique...

Naturellement, la GPG du « nid de cigognes » a expérimenté de nouvelles méthodes de récolte. Des mères au foyer et des lycéens ont été embauchés pour cueillir à la main les fruits de l'argousier. Etant donné que les feuilles gênent la manipulation des fruits et - à la différence du bois - qu'elles donnent un mauvais goût aux baies, on a commencé par les enlever à l'aide de moyens chimiques. Ensuite, les responsables du « nid de cigognes » ont compris qu'ils commettaient une erreur sur le plan écologique, et ont entrepris de retirer manuellement le feuillage. Ils ont aussi utilisé une trieuse à air qui aplatissait les feuilles. Vers le milieu des      

années quatre-vingts, ils ont commencé à cultiver de manière strictement écologique l'argousier, qui n'a pratiquement besoin d'aucun engrais ni d'aucun pesticide.

Cependant, le rythme de la cueillette manuelle des baies d'argousier n'est que de 3 kg par heure, au maximum. Au « nid de cigognes », on a rapidement commencé à couper les branches portant les petits fruits si fragiles. Le plus souvent, on sectionnait des rameaux d'environ huit centimètres de long et d'une épaisseur de 8 mm au maximum. Il fallait ensuite retirer les feuilles. Avant le pressage final, les ba ies étaient stockées dans un panier ou un cageot et subissaient un pressage grossier.leurs acides gras essentiels « rancissent » très vite. Une telle transformation transforme le goût. Si les fruits ne sont pas immédiatement pressés ou centrifugés, ils doivent être conge lés. Il est possible de les conserver plus longtemps à -18°C sans que leur goût soit altéré. Lors du pressage des baies, le marc est mis à part. Il est ensuite séché et pressé en vue de l'obtention d'huile. Ce faisant, il faut veiller à ce que la température et la pression ne soient pas trop élevées, ce qui risquerait de bloquer la liaison des précieux acides gras essentiels.

Pour ce qui concerne les habitudes de consommation, le petit fruit sauvage pose quelques problèmes, ce qui requiert parfois de la bonne volonté, de la part des techniciens agricoles comme des commerçants. Au départ, le jus d'ar- gousier n'était doté de son merveilleux arôme que d'une manière limitée dans le temps. Toutefois, en Russie, on a mis au point la variété « Siberian Splendor », dont les baies sont particulièrement sucrées. Le dépôt trouble qui se formait dans le goulot des flacons, comparable à la crème du lait, provenait de la formation d'une couche d'huile à la surface du jus de fruit. Cependant, il suffisait de secouer la bouteille pour faire disparaître cet anneau disgracieux. L'ajout de pectine de pomme et le recours à d'autres procédés récents ont permis d'obtenir un jus d'argousier stable, sans dépôt. Ces aspects, et d'autres, similaires, notamment le fort pouvoir colorant du jus, dû à la présence des caroténoïdes, font cependant partie des propriétés qui enthousiasment plutôt les fans de l'argousier, et ne les effrayent nullement.

Vous le voyez : cette plante sauvage ne facilite pas la tâche de ceux qui veulent la cultiver et la récolter, mais ces efforts ne sont pas vains, car le jeu en vaut la chandelle. Pour en avoir le cœur net, vous lirez avec profit le chapitre suivant, qui vous renseignera sur les substances contenues dans l'argousier et sur les ingrédients biologiques actifs que l'on trouve dans son huile.

6

D’autres atouts que la vitamine C

DÉCOUVERTES À PROPOS

DES COMPOSANTS DE L'ARGOUSIER

Le cocktail de vitamines contenu dans les baies d'argousier

La haute teneur en vitamine C qui vaut à l'argousier sa célébrité a déjà suscité de nombreux commentaires dans le premier chapitre de cet ouvrage. Il n'est donc plus question <Je détailler cet aspect, mais de souligner sa synergie avec les autres vitamines. La vitamine C est activée par la présence de bioflavonoïdes dans la baie d'argousier. En outre, le faible PH, ainsi que l'absence d'oxydase d'acide ascorbique, qui affaiblit les vitamines, assurent un taux constant de vitamine C dans le fruit, même lorsqu'il est conservé.

Les grandes différences dans les quantités de vitamine C observées d'une variété à l'autre s'expliquent d'abord par la région d'origine, mais aussi par les objectifs de la culture de l'argousier ou la date de récolte des baies. Dans les variétés sauvages que l'on trouve sur les côtes et dans les variétés asiatiques, le taux de vitamine C varie de 50 à 400 mg pour 100 g de fruit. Dans les Alpes, il oscille entre 500 et 900 mg,et on a observé jusqu'à 1 500 mg pour 100 g de fruit. Dans le jus brut, on obtient facilement plus de 2 500 mg par litre, alors que la dose journalière conseillée n'est que da 100 mg !

En général, les vitamines agissent comme des biocataly seurs sur l'organisme : elles permettent de mieux assimile, la nourriture et dopent le métabolisme. Grâce à leur taux élevé de vitamines, les baies d'argousier exercent sur les organismes fatigués, touchés par l'anémie, une action glo balement tonifiante tout en stimulant les défenses.

La vitamine C et E, ainsi que la provitamine A (bêta-ca rotène) ont une action antioxydante sur le système cellulaire. Un organisme en bonne santé dispose d'un bon système immunitaire caractérisé par de nombreux échanges méta boliques. Il est en mesure de repousser les microbes et de contrer l'oxydation de ses cellules. Les leucocytes jouent un rôle essentiel dans la défense immunitaire. En effet, ils luttent contre les micro-organismes, mais aussi contre les radicaux libres. Ces derniers favorisent l'invasion du corps par les micro-organismes et sont capables de détruire la structure des cellules et des tissus. Certes, le corps humain est doté d'un système antioxydant (grâce à l'enzyme SOD, superoxyde dismutase). Cependant, les antioxydants du corps peuvent être affaiblis par une maladie ou par divers agents extérieurs (exposition aux rayons UV par exemple). Dans ce cas, les cellules graisseuses sont soumises à un processus d'oxydation.

Les principaux composants de Bargousier
(indications pour 100 g de fruit frais)

  • n iion 83 g d'eau

t -Irait sec :

1 2,8 g d'albumine

. H,5 g d'huile

64 g d'hydrates de carbone

I 5,3 g d'acides divers

'/ifamines (indications en mg pour 100 g)

‘lamines solubles dans Beau

domine C (acide ascorbique) : 50-900/1 500 mg

domine B (moins d'1 mg)

  • Vitamine B 1 (thiamine)

' Vitamine B2 (riboflavine)

  • Vitamine B3 (niacine)

Vitamine B9 (acide folique)

Vitamine B12 (cobalamine)

Vitamines solubles dans un corps gras :

«lamine E (tocophérol) : 5-15 mg

l’iovitamine A (bêta-carotène) : 2-12 mg

' soit en tout, jusqu'à 20 mg de carotène

I lavonoïdes (« vitamine P ») : 75-100 mg

Acides gras insaturés (« vitamine F ») : 1 5,3 mg Palmitoléine, oléine, linoléine et acide linoléique

déarine (béta-sitostéarine, sigmastéarine, par exemple) acides aminés libres (dont 67 % d'acides essentiels) amines biogènes (bétaïne et choline) phospholipides (lécithine et céphaline)

Minéraux et éléments traces

  • Zinc, cuivre, fer, cobalt,

calcium, potassium, magnésium, etc.

Une poignée de baies d'argousier contient une véritable provision de vitamines

En ce moment, les radicaux libres font l'objet d'un vaste débat, et ce n'est que justice, car il s'agit de substances chimiques véritablement agressives. Ces radicaux sont « libres » parce qu'ils se caractérisent par la présence d'un électron supplémentaire, non appairé. Ce sont des « radicaux » parce qu'ils sont extrêmement réactifs et s'arrogent « radicalement » la liberté d'aller chercher dans les cellules voisines l'électron qui leur fait défaut. Les cellules concernées sont alors abîmées ou détruites. Les radicaux libres surgissent à la faveur d'un processus qui intervient dans le métabolisme des cellules. Ils peuvent aussi venir de l'extérieur (rayons UV, irradiation à la suite de radiographies, micro-ondes et irradiation radioactive, gaz d'échappement et fumées diverses, médicaments et graisses insaturées dans l'alimentation).

Comme les enzymes (notamment le SOD), la vitamine C, E et la provitamine A (bêta-carotène) jouent un rôle essentiel en tant qu'antioxydants et capteurs de radicaux libres. Les ■ilr,tances complexes qui réunissent les vitamines A, C et E -n«battent efficacement les radicaux libres produits par la nuée de cigarette. En outre, les formules complexes ACE .int « immunomodulatrices » : elles harmonisent et tonifient

  • ’.ystème immunitaire, ce qui se manifeste par :
  • une moindre fragilité aux infections
  • la réversion des processus d'inflammation latents
  • une convalescence plus rapide après une attaque virale
  • une résistance plus efficace à la croissance de tumeurs.

Certaines études récentes, notamment menées aux Etats - 'ms, ont indiqué que les tumeurs apparaissaient moins rquemment en cas de prise de vitamine C/ACE. Ces ■Mlamines éliminent les substances qui favorisent la crois- .mce tumorale. Lorsqu'un cancer s'est déclaré, elles exer- int une influence bénéfique sur la guérison.

De manière générale, les vitamines sont capables de lnnuler les mécanismes de défense de la peau, en raison de

  • ’urs propriétés biologiques. Elles peuvent guérir les petites • illections dermatologiques et optimisent les effets des prolaits cosmétiques. Les vitamines améliorent notamment l'hydratation de la peau et favorisent l'épithélialisation i('constitution de l'épithélium ou épiderme au-dessus du lr,su conjonctif, lors de la cicatrisation). Elles protègent la peau de la photosensibilisation et des allergies solaires, ainsi jue de l'action des radicaux libres déclenchée par les rayons ultraviolets.

La vitamine B12 (cobalamine)

Tout comme la vitamine C, les vitamines du groupe B sont hydrosolubles (solubles dans l'eau) et non liposolubles (solubles dans les graisses). Elles ne sont donc pas présentes dans l'huile d'argousier. Les publicités ne soulignent pas ■.uffisamment la différence entre les substances dérivées de l'argousier, c'est-à-dire entre celles qui sont contenues dans la pulpe du fruit et celles qui sont présentes dans l'huile. Cependant, en raison d'un taux d'humidité résiduelle de 0,3 à 0,4 %, on repère dans l'huile une toute petite quantité d'acides de fruits, et donc de l'acide ascorbique. Il ne peut être question toutefois de trouver le complexe ACE dans une huile, sauf si l'on ajoute de la vitamine C synthétique, comme le font couramment les fabricants de produits cosmétiques et - moins souvent - les techniciens de l'industrie pharmaceutique. Pour compléter les effets cosmétiques naturels de l'huile d'argousier, il conviendrait donc de prendre oralement de la vitamine C.

Le même principe s'applique à la présence de vitamine B12 dans l'huile d'argousier. Les végétariens stricts, sujets aux carences en vitamine B 12, doivent se méfier des publicités qui prêtent à confusion, et s'en tenir à la consommation de concentré de jus d'argousier, car c'est ce produit qui peut les aider à combattre une éventuelle déficience en vitamine B 12. En outre, la poudre d'argousier contient toute la palette des vitamines. On peut la prendre sous la forme la plus sécurisante de gélules végétales à base de cellulose (sans gélatine), ce qui n'est pas possible pour l'huile.

La découverte de cobalamine (ou vitamine B 12) dans le tégument des pépins d'argousier est absolument déterminante. Il faut ici contredire les idées reçues en matière de diététique, selon lesquelles la vitamine B 1 2 pourrait uniquement provenir de sources animales (lait, viande et surtout foie). Grâce à la symbiose déclenchée par les actinomycètes (champignons), on trouve dans le tégument des pépins de l'argousier une concentration relativement élevée de vitamine B 12.

La cobalamine est une vitamine essentielle qui joue un rôle important dans le fonctionnement du pancréas et dans la production de plasma sanguin. Une carence en vitamine B 12 peut provoquer de graves troubles sanguins. Dans ce cas, en effet, les globules rouges ainsi que les cellules des muqueuses de l'estomac et des intestins ne sont plus produits en quantités suffisantes. Cela entraîne généralement une anémie, une baisse des défenses immunitaires et une tendance aux troubles digestifs (estomac et intestins), avec perturbation de la flore intestinale. De ce fait, et également en cas de perturbation du fonctionnement du pancréas, il est recommandé de prendre un supplément de vitamine B 12. La tendance aux thromboses et à l'artériosclérose, avec détérioration des parois des vaisseaux sanguins, ainsi que la baisse du taux de vitamine B 12 dans le corps dû à la prise de contraceptifs oraux est également une indication à la prise de jus d'argousier.

La vitamine E

A Los Angeles, ville où l'on observe une très forte concentration de smog, les scientifiques américains ont constaté dès les années soixante-dix que la vitamine E permettait d'accroître les défenses de l'organisme en cas de forte présence de gaz d'échappement dans l'atmosphère, parce qu'elle stimulait le processus respiratoire des cellules. Des études plus récentes, menées en Europe, ont montré que l'huile d'argousier exerçait un effet similaire, notamment dans les zones urbaines à forte concentration en ozone, livrées à d'autres pollutions néfastes.

L'argousier contient, pour 100 g, de 5 à 15 mg de vitamine E, tandis que l'huile d'argousier en renferme jusqu'à 200 mg par 100 g. Cette vitamine porte également le nom d'alpha-tocophérol. La prise de 20 à 30 mg quotidiens est recommandée pour l'organisme. Le besoin en vitamine E est lié à la prise d'acides gras insaturés (on trouve souvent de la vitamine E en association avec divers acides gras insaturés dans les huiles végétales), et à la qualité des protéinescontenues dans l'alimentation. L'état général de l'organisme (et plus particulièrement du pancréas) joue également un rôle non négligeable.

Les tocophérols sont des antioxydants. L'huile d'argousiei contient une grande quantité de vitamine E, ce qui lui confère une grande stabilité. Elle peut ainsi protéger ses vitamines et ses acides gras, tout en prémunissant des effets de l'oxygène ses substances sensibles à l'oxydation.

Dans l'organisme, les tocophérols défendent également les lipides des cellules et des tissus de l'oxydation. Une carence en vitamine E peut provoquer une auto-oxydation des cellules graisseuses. Les processus toxiques déclenchés par ce biais perturbent les fonctions des cellules, et vont parfois jusqu'à détruire ces dernières.

Dès 1959, le chercheur roumain K. I. Parchon a découvert que la vitamine E jouait un rôle essentiel dans le ralentissement du processus de vieillissement et que sa supplémentation régulière améliorait rapidement l'état de santé général, même chez les personnes âgées.

Les tocophérols sont certes contenus dans de nombreux aliments, mais souvent en quantités réduites (1 à 2 mg pour 100 g) qui ne couvrent que la moitié environ des besoins journaliers. Par contre, les huiles végétales en contiennent beaucoup plus, notamment :

  • L'huile de tournesol : 60 mg/100 g
  • L'huile de maïs : 100 mg/100 g
  • L'huile de soja : 120 mg/100 g
  • L'huile d'argousier : 200 mg/100 g ( ! )

Si vous consommez 30 g d'huile végétale par jour, votre corps absorbera la quantité suivante de tocophérols :

  • Huile de tournesol :18 g
  • Huile de maïs : 30 mg
  • Huile de soja : 36 mg
  • Huile d'argousier : 60 mg ( ! )

l'alpha-tocophérol ralentit le vieillissement de la peau

Selon les recherches les plus récentes, la vitamine E (alpha-tocophérol) agit particulièrement sur la peau et la protège, si elle est prise régulièrement, d'un vieillissement prématuré lié aux agressions des agents polluants.

Le tissu conjonctif reste sain et résistant, l'épiderme lisse <>t élastique. La régénération des cellules est assurée. Les peaux sèches et légèrement gercées, les peaux grasses et mal hydratées, qui ont tendance à s'atrophier et sont particulièrement sensibles au soleil, retrouvent un éclat visible grâce à l'utilisation régulière d'alpha-tocophérol. La vitamine E possède des propriétés anti-inflammatoires et accélère le renouvellement des tissus conjonctifs lors de blessures légères.

Grâce à ses vertus antioxydantes, l'alpha-tocophérol protège la peau :

  • Par une amélioration du relief cutané et de l'épithélia- lisation
  • Par une meilleure hydratation de la couche cornée et de la kératine
  • Par la stimulation de l'activité enzymatique de la peau : L'enzyme SOD (superoxyde dismutase) protège les cellules des effets de l'oxygène actif. Cette protection, qui est largement battue en brèche par les effets des rayons ultra-violets, peut être substantiellement renforcée par la prise de vitamine E antioxydante.
  • Par une lutte contre le vieillissement cutané dû aux rayons ultraviolets :

En protégeant les cellules de l'oxydation, la vitamine E aide la peau à contrer l'action des radicaux libres.

  • En dernier lieu, l'alpha-tocophérol nous prémunit des effets de la photosensibilisation et des coups de soleil.Si la peau est hypersensible, la vitamine E empêche l'apparition de rougeurs.
  • Les effets néfastes des rayons ultraviolets sont également réduits de manière sensible. Un nombre moins important de cellules cutanées est détruit ou touché par le « coup de soleil ».

La prise de vitamine E est très efficace pour obtenir les effets suivants :

  • La résistance de la peau aux rayons UV augmente : Quand on prend régulièrement de la vitamine E dix jours avant une exposition au soleil, le facteur de résistance à la lumière déclenché par le produit de protection solaire est multiplié par deux.
  • La peau fabrique une couche de protection : Quand on prend régulièrement de la vitamine E dix jours avant une exposition au soleil, le corps transforme la vitamine en alpha-tocophérol.

LA VITAMINE A ET SA PROVITAMINE,
LE BÊTA-CAROTÈNE

L'argousier contient autant de bêta-carotène, importante source naturelle de vitamine A dans l'organisme, que de vitamine C. À la différence de la vitamine A, qui peut déclencher des effets toxiques, le bêta-carotène peut être pris pratiquement sans limitation. La vitamine A est susceptible de donner des maux de tête, des nausées, de provoquer des vomissements, des accès de vertiges, des troubles de la vision et des mouvements incontrôlés. Mais ce danger n'existe que si la vitamine A est consommée sous forme de comprimés, trop longtemps ou à doses trop élevées. Il vaut mieux dans < e cas absorber des caroténoïdes d'origine végétale. L'excédent éventuel de bêta-carotène est stocké par les cellules graisseuses, et donne alors le joli « teint de carotte » que prennent parfois les bébés !

Le bêta-carotène fait partie des caroténoïdes, caractérisés par des pigments que l'on retrouve dans de nombreux fruits muges. Ceux-ci sont donc constitués en majorité de bêta-carotène, mais aussi de zéaxanthine, de kryptoxanthine et de physaline.

Les caroténoïdes

Les caroténoïdes et autres substances colorantes, comme les flavonoïdes, se classent parmi les végétaux secondaires. Outre les vitamines, les minéraux et les fibres qu'ils contiennent, ces éléments nous aident à combattre toute une série de maladies de civilisation. Ils possèdent des propriétés anti-inflammatoires et immunostimulantes, augmentent l'activité des cellules B et T, et réduisent ainsi les risques d'infections. En outre, ils déclenchent une action antimicrobienne, en nous protégeant des mycoses, des bactéries et des virus. Les caroténoïdes exercent un effet protecteur en cas d'infarctus du myocarde et limitent les effets secondaires d'autres maladies du cœur et des vaisseaux sanguins.

Les caroténoïdes, qui sont liposolubles, s'oxydent facilement. De ce fait, ils empêchent l'oxydation d'autres substances. Ainsi s'explique leur effet protecteur des cellules soumises au rayonnement ultraviolet. En tant qu'antioxydants, les caroténoïdes préviennent dans l'organisme l'oxydation des cellules graisseuses et les méfaits des radicaux libres ou d'autres molécules néfastes. On leur prête un effet anti-cancéreux. Il faut notamment signaler leur action protectrice face au cancer des muqueuses de la bouche.Le bêta-carotène, qui est le caroténoïde le plus connu et le plus important, est souvent décrit simplement sous le nom de carotène, et se trouve contenu dans de multiples plantes :

  • Il est présent dans les feuilles de nombreux légumes, « caché » sous la chlorophylle (il se révèle quand ces légumes rougissent et jaunissent en automne).
  • Dans les fleurs jaunes et rouges.
  • Dans les racines de la carotte, qui tire son nom de la substance en question.
  • Dans les tomates, les abricots, les papayes, et naturellement dans les baies d'argousier.

Le bêta-carotène est capable d'absorber la lumière, ce qui conduit les plantes qui le contiennent à puiser cette force d'énergie. Dans l'organisme humain, le bêta-carotène est transformé en vitamine A. Sans vitamine A, le corps se dévitalise et se dessèche, comme cela se voit tout particulièrement sur la peau. Le bêta-carotène exerce une fonction essentielle, celle de maintenir la peau et les muqueuses en bonne santé, de stabiliser l'état des cheveux et des dents, ainsi que de renforcer la vision. En outre, la vitamine A (rétinol) agit de manière déterminante sur la rétine de l'œil pour l'aider à différencier la lumière et l'obscurité, mais aussi pour distinguer les couleurs. Les premiers signes d'une carence sont une sensibilisation à la lumière et une baisse de la vision nocturne, qui peut aller jusqu'à la cécité.

Les besoins en vitamine A sont couverts à près de 75 % par le bêta-carotène. Dans les baies d'argousier, on en trouve jusqu'à 12 mg par 100 g, et dans l'huile d'argousier environ 70 mg pour 100 g. En tout, l'huile contient jusqu'à 200 mg de caroténoïdes pour 100 g. Quand on sait que le taux de carotène n'est que de 8 mg pour 100 g de... carotte, on peut mesurer à quel point l'argousier est une source précieuse de ce nutriment.

Normalement, la dose quotidienne de bêta-carotène doit être d'environ 4 mg. Lorsque l'organisme est soumis à certaines pressions particulières, ce besoin peut augmenter. En général, les médecins et les diététiciens pensent que l'alimentation d'aujourd'hui n'est plus assez équilibrée en vitamines, et recommandent une quantité plus élevée qu'au cours des décennies précédentes. L'absorption de radicaux libres présents dans les rayons UV, l'ozone, la pollution, les pesticides et l'appauvrissement des sols cultivés sont des facteurs qui contribuent à cette évolution et qui pèsent sur notre métabolisme. Les gros fumeurs et les personnes qui absorbent une assez grande quantité d'alcool sont particulièrement concernés, ainsi que les sportifs et les personnes menacées par le « stress oxydatif ». Il s'agit des individus qui s'exposent durablement aux rayons ultraviolets en vacances à la mer ou à la montagne. Le constat est le même pour les sujets qui souffrent d'infections chroniques, qui travaillent énormément devant les écrans d'ordinateurs ou pour les conducteurs de nuit, ainsi que pour les femmes enceintes ou qui allaitent leur bébé. Toutes ces personnes doivent veiller à leur taux de vitamine A et de carotène.

Les gros fumeurs, c'est-à-dire les personnes qui consomment plus d'un paquet de cigarettes par jour, ne doivent pas prendre isolément de préparations pharmaceutiques à base de bêta-carotène, car celles-ci augmentent le risque de cancer des poumons. Ils doivent uniquement prendre la vitamine A en même temps que les vitamines C et E, dans un « complexe ACE » qui exercera ses effets antioxydants contre les radicaux libres liés à la fumée. Les gros fumeurs doivent donc consommer beaucoup d'argousier, de carottes, d'amandes, etc., où ces vitamines coexistent à l'état naturel. S'ils prennent des préparations vitaminées, ils doivent veiller à ce que les quantités de vitamines C et E soient équilibrées avec la quantité de provitamine A.Le bêta-carotène protège des rayons ultraviolets

La vitamine A exerce une action normalisatrice et freine le processus de vieillissement de la peau, surtout lorsque celle-ci est menacée par les rayons ultraviolets, qu'elle se ride et se sclérose prématurément. Le bêta-carotène défend les cellules et stimule la régénération des cellules, ainsi que l'activité enzymatique de la peau (production de SOD). Il encourage la fabrication de collagène et épaissit l'épiderme. En outre, la vitamine A et le bêta-carotène nous protègent de la pollution, notamment de la pollution de l'air, des bactéries et des dégâts liés à l'oxydation.

Le bêta-carotène est particulièrement précieux lorsqu'il est ajouté aux produits cosmétiques et aux protections solaires, en raison de ses qualités suivantes :

  • Il possède un filtre anti-UV et diminue les rougeurs liées à l'exposition des peaux sensibles au rayonnement solaire,
  • il travaille en synergie avec la vitamine C et E pour stimuler la production de collagène dans la peau,
  • il peut être pris oralement et agit efficacement contre diverses formes d'allergies solaires.

Le bêta-carotène possède de nombreuses propriétés antioxydantes et prévient les modifications des cellules déclenchées par le processus d'oxydation. Deux scénarios peuvent se présenter :

  • Le bêta-carotène est capable de désactiver l'oxygène actif produit par les rayons ultraviolets. De ce fait, il bloque l'oxydation des différents composants de la cellule, qui peut entraîner de simples dégâts ou une mutation pathologique.
  • Les radicaux libres peuvent être directement produits par les rayons ultra-violets, et déclencher une oxydation des acides gras dans les membranes cellulaires. Cette réaction en chaîne peut entraver l'action du bêta-carotène. De ce fait, il devient important de prendre une supplémentation.

Outre ses propriétés antioxydantes, le bêta-carotène, capable d'absorber la lumière (voir « les étoiles... » pages 149 et suivantes), agit sur les tissus conjonctifs et la couche cornée (statum corneum) de la peau, où il équilibre les différents pigments. La formation des pigments de la peau peut en effet subir deux troubles liés à une exposition prolongée au soleil :

  • L'insuffisance de la pigmentation provoque des taches claires, notamment dans le cas du vitiligo, que l'on appelle encore « maladie des taches blanches ». Dans ce cas, le bêta-carotène permet d'harmoniser la pigmentation, spécialement après une exposition au soleil.
  • Un excès de pigmentation provoque l'apparition de chloasmas, c'est-à-dire des taches brunes, des taches de naissance, des « nævi » (grains de beauté) et des taches de rousseur. Ici, l'harmonisation des pigments peut intervenir si on protège physiquement la peau de la lumière.

Apparemment, le bêta-carotène et les autres caroténoïdes exercent également une action bienfaisante sur la couche cornée de l'œil, et préviennent la cataracte. Selon certaines recherches menées en Chine, on pourrait limiter de 40 % l'apparition de la cataracte par une thérapie à base d'argousier.

Les flavonoïdes (« vitamine P »)

Tout comme les caroténoïdes, les flavonoïdes (jaunes) sont d'origine naturelle et renforcent l'organisme. Ils font partie des phénols. Dans les baies d'argousier, on trouve dela quercitrine, de l'huile de camphre, de l'isorahmnétine et de la myristine. Tous ces antioxydants biologiques ont un spectre d'action large, une action anti-inflammatoire, un effet dopant sur le système immunitaire et les cellules, qu'ils prémunissent des effets de la radioactivité. Les bioflavonoï- des sont d'extraordinaires capteurs de radicaux libres. Ils les arrêtent en un temps record et protègent l'organisme pendant près de soixante-douze heures. Les flavonoïdes renforcent, par un effet de synergie, l'action antioxydante des vitamines ACE présentes dans l'argousier et améliorent ainsi le fonctionnement des cellules.

Les bioflavonoïdes renforcent le cœur, les veines et les artères, augmentent la fluidité du sang et tonifient la circulation, apportent de l'oxygène au muscle cardiaque, préviennent les maladies coronariennes, les thromboses et les infarctus du myocarde. Ils accélèrent la dissolution du cholestérol qui tapisse les parois des vaisseaux et réduisent le taux de graisses dans le sang en apportant des phyto-stéa- rines et des amines biogènes. En outre, ils consolident les défenses immunitaires, améliorent l'alimentation des cellules et lissent la peau, limitant entre autres les réactions allergiques ainsi que les processus inflammatoires.

• On a longtemps désigné le flavonglycoside sous l'appellation de « vitamine P ». Cependant, il ne s'agit pas à proprement parler d'une vitamine, puisque ces substances ne peuvent être résorbées par l'intestin. De ce fait, on les appelle plutôt, à ce jour, des bioflavonoïdes.

La stéarine

La stéarine fait partie des substances biologiquement actives (SBA) que l'on trouve à la fois dans les graisses animales (c'est le cas du très célèbre cholestérol) ainsi que dans les huiles végétales.

Le taux de stéarine diffère énormément dans les diverses huiles végétales :

  • Huile de soja : de 150 à 180 mg
  • Huile de tournesol : jusqu'à 300 mg
  • Huile d'olive : de 230 à 310 mg
  • Huile de maïs : de 580 à 1 000 mg

La forte teneur en stéarine de l'huile de maïs explique sans doute sa grande efficacité dans la prévention et la guérison des maladies coronariennes.

Alors que les graisses animales favorisent l'apparition de l'artériosclérose, qui est une sorte d'entartrage des artères, les huiles végétales exercent une action antisclérosante très nette. Elles participent à la normalisation du métabolisme des graisses et du cholestérol. Les phytostéarines limitent la résorption du cholestérol dans les intestins et empêchent la hausse du taux de cholestérol dans le sang. En effet, elles transforment ce cholestérol en une substance complexe insoluble, dont l'organisme se débarrasse. L'huile d'argousier bat tous les records des SBA, puisqu'elle contient 2 400 à 2 600 mg de stéarine, dont 62,3 mg de bêta-sitostéarine pour 100 g.

L'argousier contient une quinzaine de minéraux et d'éléments traces, notamment du zinc, du cuivre, du cobalt, du fer, du magnésium, du calcium et de l'azote. Généralement, les éléments traces jouent un rôle biologique essentiel parce qu'ils catalysent diverses réactions dans le corps humain.

On a constaté que l'argousier renfermait de nombreux micro-éléments. Par exemple, lorsque l'on a cherché à quantifier le taux de zinc, de cuivre et de cobalt dans les baies d'argousier, il s'est avéré que ce taux était beaucoup plus élevé que celui qui était mesuré dans le sol dans lequel l'argousier avait poussé. Cela prouve que l'argousier concentre ces substances dans ses fruits. Sachant que ceux-ci stimulent des fonctions biologiques intéressantes, nous constatons que les éléments traces présents dans l'huile d'argousier contribuent à régénérer les tissus et à normaliser l'ensemble du métabolisme.

Les acides gras insaturés (« vitamine F »)

Ces dernières années, il a beaucoup été question des acides gras insaturés dans certaines publications. On parle non seulement de leur rôle dans l'alimentation, mais aussi de leur action en tant que « compléments alimentaires », et de leurs effets thérapeutiques. À ce propos, on cite souvent l'huile de cumin, l'huile d'onagre et de bourrache. Toutes - et c'est aussi le cas de l'huile d'argousier - contiennent des acides insaturés ou polyinsaturés comme l'acide linoléique et l'acide linolénique. Il s'agit d'acides gras essentiels (AGE) : ils sont nécessaires à la vie et doivent être apportés au corps par l'alimentation, puisque l'organisme ne peut les synthétiser seul. Il faut indiquer au passage que l'acide alpha-lino-lénique présent dans l'huile d'argousier fait partie de la série des acides gras Oméga 3 qui sont très rares dans le règne végétal.

D'après les croyances anthroposophiques, les acides gras polyinsaturés sont l'expression d'une force cosmique supérieure aux forces terrestres, qui seraient du côté des acides gras « saturés ». Il nous est possible d'expliquer facilement cette idée. Les huiles végétales possèdent une puissance calorifique très élevée, qui leur vient de la lumière solaire et de la chaleur qui s'est accumulée en elles. Dans les régions chaudes, comme les tropiques, les plantes développent plutôt des acides gras saturés. Dans les régions très froides ou situées à des altitudes élevées, la lumière exerce une action plus forte. L'huile contenue dans la pulpe de l'argousier subit l'influence de la chaleur, tandis que l'huile contenue dans ses graines subit l'influence de la lumière.

Les acides gras insaturés font partie des éléments vitaux qui constituent nos cellules. Ils régulent la respiration cellulaire et jouent un rôle véritablement essentiel dans l'ensemble du métabolisme. Comme les phytostéarines que nous avons mentionnées plus haut, les acides gras insaturés assurent la transformation des acides gras saturés provenant d'aliments d'origine animale, ils s'opposent au stockage des graisses dans les tissus et diminuent le taux de cholestérol dans le sang. Une carence en acides gras insaturés peut retarder la croissance des os. Elle provoque aussi un dessèchement de la peau, la formation de pellicules, une tendance aux irritations de la peau et aux eczémas.

Les acides gras insaturés exercent une influence bénéfique sur les eczémas et la sécheresse de la peau ou des cheveux. Ils lissent la peau, stimulent la régénération des cellules et freinent visiblement le processus de vieillissement. En outre, ils agissent favorablement sur la cicatrisation des plaies (en cas de granulation) et sur l'épaississement de la couche cornée (hyperkératose). L'argousier présente une concentration particulièrement élevée d'acide palmitoléique dans l'huile tirée de la pulpe de son fruit. Cet acide est particulièrement bénéfique pour la peau.

Acides gras insaturés et phytostéarine, tocophérol et ca- caroténoïdes : on trouve ce puissant mélange dans le fruit de l'argousier, et en très forte concentration dans son huile. Aujourd'hui, cette huile est en passe de devenir un produit vedette. Mais il serait plus juste de parler d'huiles au pluriel, comme nous allons le voir dans le chapitre suivant.

Les huiles d’argousier, riches en kératine

Les différentes huiles de l'argousier sont, à proprement parler, des huiles de baie d'argousier. En ce moment, elles sont surtout fabriquées en Russie, en Mongolie et en Chine, dans les pays qui disposent d'un patrimoine naturel d'argousier, et d'une longue expérience de ce végétal. Selon les variétés et les méthodes de traitement, les différences sont substantielles.

Dans les plantes, les graisses et les huiles sont généralement présentes dans les graines et les pépins. Seuls quelques végétaux, parmi lesquels il faut citer l'olive et le poivron, sont capables de fournir de l'huile à partir de leur pulpe. Wilhelm Pelikan considère que cette particularité est rare, et qu'elle démontre clairement « la capacité de l'argousier à drainer les forces cosmiques ». L'huile insaturée tirée des pépins d'argousier, qui stockent surtout l'énergie de la lumière, stimule profondément le métabolisme de la peau. L'huile de la pulpe de fruit, plus saturée, concentre les forces de la chaleur : elle protège et réchauffe. En outre, la peau des baies d'argousier ne fait que renforcer cet effet protecteur.

La formation des graisses où la plante puise son énergie et ses réserves, commence un peu après la fructification. À la fin de la maturation du fruit, de petites gouttes d'huile sont présentes dans les grosses cellules parenchymes du jus.

Selon les variétés, la durée de croissance de l'arbuste et les conditions climatiques, cette montée en huile dans le fruit survient à des moments différents.

De ce fait, il est important de déterminer quel est le meilleur moment pour la récolte du fruit, qui peut varier par rapport à celui de la récolte des graines.

Sous toutes ses formes, l'huile d'argousier possède les caractéristiques suivantes :

  • Elle a des propriétés antibactériennes et anti-inflamma­toires, ainsi que la capacité de faire baisser le taux de cholestérol et la tension artérielle.
  • Elle soigne la peau, notamment en cas de blessures infectées, d'ulcères, d'eczémas, de dermites.
  • Elle exerce une action bénéfique sur les muqueuses, particulièrement en cas d'inflammation de la bouche, de la gorge, de l'estomac et de l'intestin, du vagin, de l'utérus, de l'anus.
  • Elle est utilisée dans des préparations servant à soigner les maladies cardio-vasculaires, le diabète et le cancer.

La composition de l'huile d'argousier peut fluctuer de manière significative, en fonction de facteurs déjà connus, comme la localisation, les priorités fixées pour la culture de l'arbuste et le moment choisi pour la récolte. Dans les lieux de culture situés en Asie, on accorde souvent plus d'impor­tance à la quantité d'huile qu'à la quantité de vitamine C. Dans l'Altaï, la récolte intervient traditionnellement à la fin du mois de novembre, lorsque le gel s'est déjà installé durablement. Les baies se détachent alors plus facilement de l'arbuste, et la teneur en huile ainsi qu'en bêta-carotène est deux fois plus élevée que lorsque la récolte est faite à la fin du mois d'août ou au début du mois de septembre.

Coupe transversale d'une baie d'argousier avec indication de l'empla­cement des gouttelettes d'huile (d'après Bat 1990)

Dans le fruit, la teneur en huile oscille entre 5 et 8,5 % (elle est encore plus importante dans les variétés asiatiques). Dans les pépins, elle est de 1 2 à 16 %. Elle est constituée de glycérides provenant d'acides gras saturés, mais surtout d'acide gras insaturés comme les insaponifiables.

Les insaponifiables sont liposolubles. Lorsqu'il y a sapo­nification de la graisse, ces substances restent solubles et sont extraites au moyen de solvants. On y trouve notamment les vitamines liposolubles, la stéarine et le carbure d'hydrogène. La partie insaponifiable de l'huile d'argousier exerce une grande activité biologique et s'avère très stable face au processus oxydatif de rancissement des graisses.

Constituants de l'huile d'argousier (spectre)
Acides gras libresAcides gras d'éther méthylique Lipides18-25 % 5-10%65-75 %
Constituants insaponifiables 1,5-4,8% dont
* carbure d'hydrogène* 0,5-0,9 %* 0 5-1 %
* cire (écorce)* 0 4-0 6 %
* caroténoïdes* n 5 %
* tocophérols* 0,5-1 %
* stéarine* 0,3-0,9 %
* triterpènes

Il existe, à strictement parler, trois sortes d'huiles d'argou- sier : l'huile de la pulpe du fruit, l'huile de pépins d'argousier, et l'huile de marc (tirée de l'ensemble du fruit et des pépins). Etant donné que ces trois huiles présentent des valeurs très différentes, notamment dans le spectre de leurs acides gras, il est utile d'indiquer quelles sont les différentes méthodes d'extraction.

Comment on extrait l'huile du fruit

La méthode artisanale des Prussiens

Eugenia G., notre pharmacienne russe, a déjà raconté, (en page 73), comment elle exprimait le jus de l'argousier à partir des fruits qu'elle avait cueillis elle-même. Elle décrit les deux méthodes employées en Prusse pour extraire l'huile d'argou­

sier :

Dans tous les cas de figure, la masse du fruit doit être étalée sur un tissu ou sur un filtre, avant d'être séchée.

  • Par la méthode à froid, la pulpe de fruit est arrosée d'huile (généralement de l'huile de tournesol. Eugenia préfère l'huile d'olive, que l'on trouvait difficilement à une époque). La pulpe d'argousier devait ainsi rester couverte d'huile pendant environ quinze jours. Ensuite, elle était filtrée.
  • Par la méthode à chaud, on procède de la même manière au départ, mais on laisse le mélange chauffer au bain-ma­rie, à feu doux, pendant environ deux jours. Cette méthode peut s'avérer compliquée à mettre en œuvre, mais elle permet d'obtenir une plus grande quantité d'huile.

Notre informatrice explique que l'on utilisait l'huile d'ar­gousier pour soigner les plaies ouvertes et les brûlures, soit en applications directes, soit en compresses et enveloppements. L'huile était avalée en cas de maux d'estomac assez forts, lorsque le jus d'argousier n'avait pas donné de résultats probants.

Macération

La recette artisanale que nous donnons ici est également la plus courante pour l'extraction de l'huile d'argousier en Russie et en Mongolie. Grâce à cette macération (selon le processus de la diffusion), les baies séchées transmettent leurs substances à d'autres huiles végétales. Elles ne sont pas pressées. En Russie, on utilise de préférence de l'huile de tournesol, souvent chauffée à 50 ou 65°C, car cette pratique accélère le processus et augmente les rendements. Par le biais de cette méthode, on obtient un mélange d'huiles - mais si l'on considère l'opération sous un autre angle, c'est un moyen de profiter plus longtemps des effets précieux de l'huile d'argousier pure, et de diluer un peu sa couleur très soutenue.

En Russie et en Mongolie, on a tenté de perfectionner la technique de l'extraction de l'huile d'argousier en étalant de

l'huile de tournesol sur du marc d'argousier séché. Cepen­dant, ce procédé présente quelques inconvénients :

  • L'huile de la pulpe d'argousier n'est ni pure ni complète ;
  • L'huile de pépins ne peut être extraite, car l'huile de tournesol ne parvient pas à pénétrer à l'intérieur du tégument dur des pépins. Il faut donc presser les pépins pour en extraire l'huile. De même ;
  • L'huile de tournesol ne peut être complètement élimi­née après l'extraction.

Jusqu'à présent, il n'a pas été possible de pallier ces inconvénients.

Pression à froid

Une autre méthode traditionnelle consiste à presser à froid les baies séchées ou le marc, après obtention d'un premier jus. Dans les baies séchées, le taux d'huile oscille entre 12 et 25 %, mais il n'est possible d'extraire qu'une partie de cette huile. Le rendement est nettement inférieur que lorsqu'il y a centrifugation ou extraction moderne par l'anhydride carbonique. En outre, le séchage et le pressage sont très contraignants. Il faut éviter à la fois les hautes températures et une pression trop forte, afin que la chaleur et l'oxygène de l'air ne modifient pas la liaison des acides gras, très sensibles et prompts à réagir. Mais en principe, il est possible, au moyen de cette méthode, d'obtenir une huile pure, comparable à « l'huile vierge » issue de la première pression à froid de l'huile d'olive, et qui répond aux exigences de qualité les plus strictes.

Pour recueillir de l'huile pure des pépins de l'argousier, il faut que les pépins passent par un « séparateur pneumati­que » qui les débarrasse de leur tégument et qui dissocie le marc de ses résidus végétaux. Ce procédé ressemble un peu

à l'émondage des grains de blé. Ensuite, on peut extraire l'huile des pépins à l'aide d'une extrudeuse.

Centrifugation

Les méthodes décrites jusqu'ici ne répondent pas aux exigences de rentabilité et de perfection technique qui sont aujourd'hui de mise. Un nouveau progrès a été accompli avec l'extraction de l'huile par centrifugation du jus pressé, même s'il reste communément un dépôt trouble au fond du jus. Au départ, l'huile que l'on recueillait ainsi était considé­rée comme un sous-produit du jus, et le problème du dépôt trouble se posait.

Les baies d'argousier fraîches (ou décongelées) réduites en petits morceaux, sont placées dans une presse à empa­queter ou une presse à panier. On obtient alors le jus de « presse » qui contient tous les nutriments. C'est une sorte de purée aqueuse qui est centrifugée : les parties solides prove­nant de la pulpe et des tiges restent au fond, le jus liquide s'installe au milieu, et l'huile remonte, avec les téguments. Il faut la filtrer.

En séparant l'huile du jus de presse lors de la centrifuga­tion, on obtient une huile pure, telle qu'elle est présente dans la plante. Récemment, on a trouvé une solution pour séparer complètement l'huile du marc, comme nous le verrons dans les « perspectives » mentionnées en conclusion de cet ou­vrage. Il ne reste plus désormais qu'à récupérer l'huile des pépins par pressage ou extraction.

Extraction

Généralement, l'extraction est faite à partir des restes du pressage, après obtention du jus. Même si, lors du pressage, une grande partie de la pulpe se retrouve dans le jus, il reste

une quantité relativement importante d'huile non récupérée (restes de pulpe, pépins, téguments). Le marc contient da­vantage d'huile que le jus de presse. Pour obtenir cette huile, il faut débarrasser le marc des tiges et téguments, ainsi que du bois, et procéder à l'extraction jusqu'à ce qu'il ne reste plus que 5 à 7 % d'eau.

En principe, on utilise un solvant pour l'extraction. Cette technique est la seule qui permette de récupérer l'huile d'une manière économiquement viable (alors que le pressage est moins rentable). Au cours de ces dernières décennies, on a remplacé les huiles végétales de macération traditionnelle par un solvant organique comme l'hexane (hydrocarbure saturé) et l'hydrocarbure chloré. On utilise aussi du fluide frigorigène et des gaz combustibles liquéfiés. Ainsi, il est possible de recueillir une huile « pure », c'est-à-dire non mélangée avec d'autres huiles végétales, ce qui augmente le taux de caroténoïdes et de tocophérols.

Il est recommandé de procéder à l'extraction séparée de la pulpe de fruit et de l'huile de pépins d'argousier, mais pour des raisons de stabilité, on mélange généralement les deux.

L'huile de pépins est par nature plus instable que l'huile extraite de la pulpe du fruit, et le fait de les mélanger réduit les risques d'oxydation. En effet, l'oxydation menace de pré­cieux nutriments, et augmente les risques d'irritations produi­tes par les produits cosmétiques dans lesquels on utilise l'huile. Grâce au test de Rancimat, l'huile du fruit frais reste stable à 110°C, même lorsqu'elle est en contact avec 20 I d'air par heure pendant plus de 50 heures, alors que l'huile de pépins résiste souvent moins d'une heure.

L'huile de la baie d'argousier est un antioxydant biologique qui présente toutes sortes d'avantages :

  • Elle est exempte d'effets secondaires pharmacologiques.

* C'est une substance naturelle, écologique et économi­que.

  • Elle est adaptée aux produits cosmétiques ; et ses varia­tions dans la composition de ses acides gras et dans sa couleur ne constituent pas un inconvénient majeur.

L'extraction à l'aide d'hexane ou d'éther de pétrole (li- groïne) donne lieu à quelques réserves qui paraissent justi­fiées. Cette méthode impose un fort réchauffement, et il faut ensuite séparer le solvant de l'huile d'argousier. Il y a quelques années, on ne connaissait pas d'autre méthode, mais depuis, on a découvert qu'il était possible d'employer le dioxyde de carbone (gaz carbonique) comme solvant.

Lors de l'extraction au CO2, la masse du fruit est saturée de gaz carbonique jusqu'au « point surcritique », de sorte qu'elle est liquéfiée sous l'action de la pression, et qu'elle se sépare de toutes ses parties solides. On peut isoler environ 12,5 % de lipides du fruit, et environ 8 % des pépins. Quand on utilise ce procédé d'extraction, qui se généralise de plus en plus, on n'est plus obligé de raffiner l'huile à la fin des opérations. Cette méthode est en tout cas meilleure que l'extraction par l'hexane. Les tests pharmacologiques ont montré que l'efficacité du produit était à peu près la même selon qu'il était obtenu par pressage ou par extraction, mais il n'est pas encore possible d'imposer l'un ou l'autre.

Les différentes sortes d'huiles d'argousier

  • L'huile de fruit est recueillie par pressage à froid ou centrifugation du jus de presse brut.
  • On obtient l'huile de pépins en séparant les pépins de la pulpe, puis en procédant au pressage ou à l'extrac­tion.
  • Au moyen de l'extraction par solvant, on recueille, à partir du marc, de l'huile de marc, qui constitue l'huile entière d'argousier. Celle-ci est encore appelée « huile complète ».

L'huile du fruit de l'argousier

L'huile du fruit est la préférée des « fans » de l'argousier. Elle est fluide et d'une belle couleur orangée. Son parfum et son goût sont très proches de celui de l'arbuste. Dans ses acides gras, on trouve 35 % d'acides gras saturés (en raison de la forte teneur en acide palmitique), 58 % d'acides gras insaturés (surtout de l'acide palmitoléique et oléique), et 7 % d'acides gras polyinsaturés (acides linoléique et linolénique).

L'acide palmitoléique (C 16 :1), acide gras insaturé, est absent de presque toutes les huiles végétales - à l'exception de l'huile de noix de macadamia. S'il est présent à 35 % dans l'huile du fruit de l'argousier, il est inférieur à 2 % dans l'huile des pépins d'argousier. Parce que cet acide est proche d'un élément qui se trouve dans les couches supérieures de la graisse cutanée, il est très bien toléré par notre organisme et participe à la cicatrisation des plaies ainsi qu'à l'épithéliali- sation et à la protection des tissus sains. En raison de sa couleur soutenue, l'huile du fruit de l'argousier peut être ajoutée à hauteur de 1 à 5 % aux crèmes de soins cutanés. Elle peut être coupée (notamment avec de l'huile d'oblepicha en provenance de l'Altaï) jusqu'à 10 % avec une huile neutre. Sa haute teneur en caroténoïdes lui permet de protéger efficacement la peau contre les rayons ultraviolets. Mais pour garder sa grande résistance à l'oxydation, cette huile ne doit pas être décolorée. C'est un formidable antioxydant, utile non seulement à la préparation de produits cosmétiques, mais adapté à l'assaisonnement dans l'alimentation.

L'huile du fruit de l'argousier présente une quantité rela­tivement élevée de bêta-carotène et d'alpha-tocophérol (vi­tamine E). Ces composants participent largement à ses effets antioxydants. Selon les mesures effectuées dans le cadre d'un test Rancimat, cette huile est encore plus résistante à l'oxy­dation que l'huile de jojoba. La quantité de caroténoïdes est

de 378 mg pour 100 g. Les tocophérols représentent 330,4 mg pour 100 g d'huile de fruit, et la moitié d'entre eux sont des alpha-tocophérols. Le fait que tous ces antioxy­dants soient moins présents dans l'huile de pépins est peut- être dû aux différences dans le spectre des acides gras. Parce qu'elle renferme beaucoup plus d'acides gras insaturés, plus sensibles aux réactions, et beaucoup moins de caroténoïdes, l'huile de pépins est bien plus instable.

L'huile de pépins d'argousier

L'huile de pépins est fluide et d'une couleur orangée plus claire que l'huile du fruit. Cela tient au fait qu'elle contient « seulement » 38,1 mg de caroténoïdes pour 100 g d'huile. Elle ne possède pas le parfum typique de l'huile de baie d'argousier. Elle ne présente que 11 % d'acides gras saturés, contre 89 % d'acides gras polyinsaturés. Sur ce plan, bien peu d'huiles végétales peuvent lui tenir tête, à l'exception de l'huile de sésame et de l'huile de lin. On peut encore citer l'huile de jojoba, mais le jojoba est une plante qui comporte 86,5 % d'acides gras insaturés simples.

La part d'acides gras essentiels est d'au moins 68 % dans l'huile de pépins, dont 35 % d'acide linoléique (C 18 :2) et 33 % d'acide linolénique (C 18 :3). Là encore, cette valeur n'est égalée que par quelques huiles végétales, comme l'huile de lin (65-70 %), et l'huile d'onagre, découverte de manière relativement récente, qui en renferme 81 %. Dans l'huile d'onagre, la proportion d'acides linoléique et linolé­nique est environ dix fois plus importante que dans l'huile de fruit d'argousier.

Ce qui compense la présence plus forte d'acide palmito- léïque dans l'huile de fruit d'argousier est une teneur élevée - plus de 30 % - d'acides a/pha-linoléiques dans l'huile de pépins. Notre alimentation occidentale est dominée par les

acides polyinsaturés Oméga 6, que l'on trouve par exemple dans les acides linoléiques de l'huile de tournesol et dans l'huile de chardon. Dans l'huile d'onagre, de bourrache et de cumin noir, les acides gras gamma-linoléiques appartien­nent à la catégorie des Oméga 6, tout comme les acides arachidoniques présents dans les œufs et la viande. D'après les toutes dernières recommandations de la Deutsche Ge- sellschaft fur Ernâhrung (Société Allemande pour l'Alimenta­tion), la proportion entre les Oméga 6 et les Oméga 3 doit être inférieure à 5 pour 1 dans notre alimentation. On ne trouve pratiquement les Oméga 3 que dans les poissons gras de mer. De ce fait, notre consommation quotidienne d'Omé­ga 3 oscille autour de 2 mg, alors que les Esquimaux du Groenland et les pêcheurs japonais en absorbent plus de 1 0 g par jour. Dans ces groupes de population, on note une proportion bien moindre de « maladies de civilisation », moins d'affections cardiovasculaires, de polyarthrite, de pso­riasis et de maladies auto-immunes. Pour ceux qui ne par­viennent pas à s'enthousiasmer pour les huiles de poisson, en dépit de leurs avantages pour la santé, il est préférable de se tourner vers les acides gras Oméga 3 de source végétale, comme ceux de l'huile de lin, de l'huile de colza et d'argousier.

L'huile de pépins d'argousier est également la plus riche en stéarine. Sa haute teneur en acides gras essentiels liés à la stéarine et aux tocophérols la désignent, selon divers experts, comme une huile à l'activité biologique plus intense, pour certaines indications, que celle de l'huile de fruit, même si toutes les preuves n'ont pas encore été réunies en ce sens. Cependant, sa méthode d'extraction par la chaleur et sous haute pression, ainsi que l'instabilité due à son spectre d'acides gras, lui portent encore un peu d'ombre.

L'huile de marc d'argousier

Lorsque l'huile d'argousier est extraite du marc du fruit (comme c'est souvent le cas), le résultat est un mélange d'huile de fruit et d'huile de pépins. La macération tradition­nelle avec d'autres huiles végétales a été remplacée par le procédé de l'extraction, et de plus en plus souvent par l'extraction au moyen de CO2, qui présente de nombreux avantages. L'huile de marc d'argousier est fluide, rouge foncé, et elle possède un léger arôme de fruit.

L'huile de marc présente un profil intermédiaire entre l'huile de fruit et l'huile de pépins, et cela se reflète dans la répartition de ses acides gras saturés et insaturés. Avec une dominante de 23,5 % d'acide palmitique, ses acides gras saturés représentent environ 26 %. Les 74 % restants sont constitués d'acides gras insaturés. L'acide palmitique, ami de la peau, est cependant battu en brèche par l'acide oléique, dont la proportion est de 25 %, record absolu pour toutes les huiles d'argousier. Les acides linoléïque et linolé- nique peuvent occuper jusqu'à 28 % des acides gras essen­tiels contenus dans l'huile d'argousier.

Parce que l'huile de marc comprend des extraits de téguments, elle cumule la plus grande part d'éléments insa- ponifiables, mais en comparaison de l'huile de pulpe de fruits, elle est un peu moins compétitive pour ce qui est des tocophérols (280 mg pour 1 00 g), et possède bien moins de caroténoïdes (210 mg).

Quand il est possible d'extraire séparément l'huile de pulpe de fruit d'argousier et l'huile de pépins d'argousier, avant de les mélanger, on obtient tous les avantages de l'huile complète. Cette huile complète, fabriquée en Toscane, est donc une variante convaincante. Après la première pres­sion à froid des baies d'argousier, la presse contenant beaucoup de pulpe de fruits, ainsi que les pépins et les

graines, est congelée. Ce marc extrêmement riche est ensuite moulu et haché menu. L'huile en est extraite. L'huile complète réunit tous les atouts de chacune des huiles de base.

La consistance de l'huile des pépins d'argousier rappelle celle de l'huile de lin et de l'huile de colza. Par contre, ce qui est exceptionnel, d'après les connaisseurs de l'huile d'argou­sier, c'est la présence dans les baies entières d'un concentré de vitamines ACE, en raison de la liaison très riche en kératine entre l'acide palmitique, les caroténoïdes et les tocophérols. Les vertus médicinales de l'argousier sont lar­gement attribuables à ces groupes de substances. Cepen­dant cette donnée n'explique pas la complexité de l'huile. Une analyse plus approfondie des autres matières insaponi- fiables et surtout de l'interaction entre les composants indi­viduels pourrait nous informer à ce propos.

Composition (en %) du spectre des acides gras de l'huile d'argousier

Acides grasHuile de fruitHuile de graineHuile de marc
Acide myristique (C 14 :0) Acide palmitique (C 16 :0) Acide palmitoléïque(C 16:1) Acide stéarique (C 18 :0) Acide oléinique (C 18 :1 ) Acide linolénique(C 18 :2) Acide linoléique (C 18 :3) Acide arachidonique (C 20 :0)Autres : éléments traces non identifiés0,2-0,530,8-3434,2-35,60,5-0,923,2-25,45,1-5,51,70,1 7,5-8,3 0,6-1,7 2,1-3,4 19,3-23,3 33,0-34,6 30,4-32,9 0,3-0,60,123,520,81,824,7 14,8 13,2 0,3

8

Les principaux domaines d’application de l’huile d’argousier

LES RÉSULTATS SENSATIONNELS DE

LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE RUSSE

Dès 1850, le chercheur russe S. Shukin avait découvert les précieuses propriétés et les vertus médicinales de l'huile du fruit d'argousier. Cette huile revendiquait déjà une longue histoire. Elle était connue dans la médecine populaire russe, et sous l'influence de la médecine tibétaine et mongole, elle était utilisée par les Bouriates et dans le Sud de la Sibérie. Comme auparavant, la Sibérie est aujourd'hui le centre de la culture de l'argousier et des recherches qui lui sont consacrées. Depuis environ dix ans, la Chine s'intéresse de très près à l'argousier. On y a mené d'intéressantes recher­ches cliniques dont nous nous ferons l'écho.

Les différentes applications des huiles d'argousier - bilan provisoire

En Russie, certaines recherches intensives ont été menées pour établir les différences entre la teneur en huile des

différentes variétés d'argousier, ainsi que pour cerner les applications possibles de l'huile de fruit et de l'huile de pépins. On a ainsi observé que la teneur en huile du fruit augmentait encore lentement après la maturation des baies, ce qui a conduit à retarder le moment de la récolte. Par contre, la plus forte concentration d'huile dans les pépins est enregistrée entre la fin du mois de juillet et la mi-septembre. La teneur en huile est en moyenne de 7 à 8 % dans les baies fraîches, et de 21 à 26% dans les baies séchées. Dans le Pamir, les fruits (frais) en contiennent 16 %, et de 32 à 46 % lorsqu'ils sont séchés. Dans l'Altaï, le dernier chiffre peut aller jusqu'à 50 % ! L'altitude élevée exerce apparemment une influence très positive sur ces valeurs, ce qui doit être lié, en quelque sorte, aux forces cosmiques que l'argousier est capable de capter et de stocker.

L'huile du fruit de l'argousier possède une très grande quantité de bêta-carotène, excellent pour la peau, ainsi que des acides gras saturés et de l'acide palmitique (qui fait partie des acides gras insaturés). Cet acide se trouve à l'état naturel dans la graisse de notre peau, ce qui explique ses vertus réparatrices. De ce fait, il est particulièrement recommandé d'utiliser l'huile du fruit de l'argousier dans les préparations cosmétiques pour la protection et les soins de l'épiderme.

L'huile de pépins, par contre, renferme beaucoup plus d'acides gras insaturés, et a une activité biologique très intense, en rapport avec les stéarines et les tocophérols qu'elle abrite. Elle possède des vertus antibactériennes plus mar­quées et participe à la régénération des tissus épithéliaux détruits. De manière générale, elle offre de nettes propriétés thérapeutiques, mais elle doit être utilisée avec davantage de précautions, notamment au niveau interne, parce qu'elle est beaucoup plus sujette à l'oxydation. L'huile de pépins, moins colorée, est recommandée pour une utilisation externe, no­tamment dans les parties cutanées les plus exposées, comme le contour de l'œil.

La plus grande partie des recherches russes qui ont porté sur les applications médicales de l'huile d'argousier ont révélé son efficacité en cas de maladies de la peau et des muqueuses. Les enquêtes les plus récentes portent sur l'action de l'argousier sur les tumeurs, ainsi que sur les troubles cardio-vasculaires.

Lors de nombreux essais, on a constaté l'activité de l'huile d'argousier dans la cicatrisation des plaies, liée à ses pro­priétés anesthésiantes et anti-inflammatoires, ainsi qu'à son influence bénéfique sur la granulation de la peau et l'épithé- lialisation. Ainsi, on a appliqué sur des lésions, à titre d'essai, 0,5 ml d'huile d'argousier dans une solution contenant 50 % d'huile de tournesol, et l'on a renouvelé l'application toutes les vingt-quatre heures. On a constaté que l'huile d'argousier accélérait la cicatrisation de manière significative. La reconsti­tution du tissu cutané intervenait de manière synchrone avec l'épithélialisation, tandis que la surface de la blessure se rapetissait nettement.

Lors d'essais similaires sur des brûlures, on s'est aperçu qu'une croûte se formait rapidement pour protéger la lésion. Sous la croûte, le processus de guérison s'enclenche rapide­ment. Les bords de la plaie se rapprochent, et au bout de quatorze jours, on aperçoit déjà un nouvel épithélium. Après cinq jours supplémentaires, le nouvel épithélium est complè­tement développé. Ce phénomène d'épithélialisation inter­vient sept jours plus tôt que dans le groupe de contrôle.

Des études cliniques incluant l'huile d'argousier dans le traitement de brûlures ont été menées dans de nombreux établissements hospitaliers. Le traitement s'est avéré très efficace pour les brûlures du degré 1 et 2, a réduit de 25 % la durée de la phase de guérison et a amélioré la formation de l'épithélium en laissant très peu de cicatrices. Dans les cas où une greffe de peau était nécessaire, la prise de la greffe a été hâtée et facilitée.

Qu'il s'agisse de véritables brûlures ou de simples « coups de soleil » ou même de lésions dues à la radioac­tivité, les effets sont identiques. Dans tous ces cas de figure, l'huile d'argousier minore les dégâts infligés à la peau. Les recherches russes, ainsi que des études menées ultérieurement à la Polyclinique de Berlin-Pankow, ont montré que les préparations à base d'argousier proté­geaient le corps humain non seulement des rayons ultra­violets, mais aussi d'autres types de rayonnement. L'huile d'argousier a fait partie de plusieurs expéditions interpla­nétaires de cosmonautes russes et mongols. Par ailleurs, cette huile est employée, en interne et en externe, pour accompagner les radiothérapies visant à réduire les tu­meurs. Elle a servi à soigner les lésions de la peau et des muqueuses des personnes touchées par l'accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

L'huile d'argousier est utilisée pour soigner diverses affec­tions chroniques de la peau. Deux cent vingt-et-un patients, répartis dans de nombreux hôpitaux chinois, ont participé à une étude qui a donné des résultats probants et particulière­ment encourageants. L'huile d'argousier a été prise en interne, sous forme de gouttes. L'huile s'est révélée très efficace dans le traitement des phlegmons, et de l'acné purulent. Pour cette dernière affection, on a utilisé une crème contenant 5 % d'huile d'argousier, et des piqûres intramus­culaires de 1 à 3 ml. On a observé une amélioration visible après la guérison des boutons purulents. La peau est restée lisse, et aucune rechute n'a été observée.

Non seulement l'huile d'argousier guérit et régénère la peau, mais elle la protège, comme nous le verrons dans le chapitre suivant.

L'action thérapeutique de l'argousier sur les muqueuses

Les muqueuses qui recouvrent l'intérieur des organes creux sont constituées, tout comme la peau, d'un épithélium et de tissus conjonctifs sous-jacents. L'huile d'argousier est très bien tolérée par les muqueuses les plus fragiles, et n'entraîne aucun effet secondaire, notamment dans les cas suivants :

  • Inflammations de l'appareil génital (vagin, utérus et col de l'utérus) et de l'anus (hémorroïdes).
  • Inflammation de la bouche, de la gorge et du tube digestif (notamment en accompagnement de la radio­thérapie).
  • Inflammations et ulcères de l'appareil digestif (esto­mac-intestins).

En Russie, on a traité diverses lésions des muqueuses à l'aide d'huile d'argousier, notamment dans le cas d'ulcères de l'estomac. Une dose quotidienne d'un ml d'huile d'ar­gousier a permis d'observer une nette amélioration dès le huitième jour de traitement, et le début de la guérison à partir du onzième ou douzième jour. L'argousier a contribué à accélérer considérablement la guérison totale.

Dans le cas de maladies chroniques ou aiguës de l'esto­mac, on n'a constaté aucun effet secondaire néfaste. La prise d'huile d'argousier a été augmentée jusqu'à 10 mg par kg de poids, sans que l'on note le moindre effet toxique !

Inflammation du col de l'utérus (cervix)

Il est ici question de l'érosion du col de l'utérus et de la cervicite chronique que l'on appelle également métrite du col. Celle-ci peut provoquer des infections, des crevasses ou

des cicatrices et s'accompagne souvent d'écoulements. L'érosion peut être liée à un manque de vitamine A/bêta-ca- rotène et de vitamine E. L'inflammation de la muqueuse et les lésions déterminent souvent une altération des tissus conjonctifs et une modification de l'épithélium. Il n'est pas rare qu'elles débouchent sur un cancer de l'utérus. La radio­thérapie comme la chimiothérapie contribuent à détruire des tissus.

Sur la base des résultats obtenus en Russie, on a procédé dans deux hôpitaux chinois à des examens cliniques réalisés sur cent vingt-neuf patientes qui ont pris des préparations contenant 50 % d'huile d'argousier, en même temps que des plantes chinoises traditionnelles. Le traitement a été admi­nistré sous forme de pulvérisation, tous les deux jours à partir du cinquième jour du cycle. On a d'abord observé un arrêt rapide des écoulements. Ensuite, on a constaté que les points d'inflammation se réduisaient sensiblement et que ces zones se recouvraient d'un épithélium signalant la guérison. Dans plus de 90 % des cas, on a observé une guérison totale ou du moins une amélioration spectaculaire de l'état des pa­tientes.

L'huile d'argousier est aussi employée en cas d'inflam­mation vaginale, souvent caractérisée par des pertes blan­ches. Celles-ci sont notamment provoquées par des trichomonas ou des mycoses dues aux candida albicans. Chez les femmes ménopausées, l'inflammation vaginale peut provenir d'une atrophie liée à un manque d'œstrogè­nes. Voir également le paragraphe intitulé « pertes blan­ches ».

  • Conseils d'utilisation : L'huile d'argousier doit être ap­pliquée quotidiennement, après une soigneuse toilette in­time, sur les muqueuses du vagin et du col de l'utérus. Il est possible d'utiliser des tampons hygiéniques trempés dans 5

à 10 ml d'huile d'argousier. Ces tampons doivent être chan­gés quotidiennement, toutes les 16 à 24 heures. Au total, il faudra 8 à 12 applications. Selon les circonstances, il est possible de renouveler le traitement une semaine plus tard. Les tampons présentent cependant l'inconvénient de requérir de grandes quantités d'huile. Les Russes ont mis au point un atomiseur adapté, appelé « hipposolum ».

Pertes blanches

Les pertes blanches (fluor genitalis) peuvent provenir de plusieurs organes, mais l'écoulement vaginal est le plus fréquent. Il est déclenché par des infections provoquées par des trichomonas ou des candida albicans. Les attaques de mycoses, actuellement en recrudescence un peu partout dans le monde, sont généralement attribuées à la prise de contraceptifs oraux, aux antibiotiques ainsi qu'à une fragili­sation de l'organisme par un excès d'acidité.

Conseils d'utilisation : Selon le degré de gravité de l'af­fection, on peut utiliser des tampons (voir plus haut), mais ne pas se servir d'huile d'argousier pure. On déposera 20 à 30 gouttes de l'huile de fruit d'argousier, particulièrement bien tolérée par les muqueuses, dans 100 ml d'eau distillée. Il faut changer les tampons toutes les douze heures. Il est également possible de mélanger 1/4 de cuillerée à café d'huile d'argousier avec un 1/4 de litre d'eau tiède et de procéder plusieurs fois par jour à des injections vaginales.

La défense contre les parasites sera complétée par la prise orale d'huile d'argousier.

Inflammations de la muqueuse buccale ei des gencives, des amygdales, du pharynx et du larynx

La bouche et la gorge constituent un foyer d'inflammation potentiel par les bactéries. L'huile d'argousier peut exercer ses effets antibactériens et régénérateurs dans cette zone. Les aphtes dans la bouche ainsi que la stomatitis ulcerosa (in­flammation de la muqueuse buccale), et la gingivite font partie des indications les plus courantes. Il faut alors badi­geonner la cavité buccale d'huile d'argousier, si possible le soir avant le coucher ou en tout cas loin d'un repas. En Russie, on trouve déjà des atomiseurs adéquats. On peut aussi déposer quelques gouttes d'huile d'argousier sur la langue et la répartir dans la cavité buccale, ce qui apporte également un soulagement si l'on s'est mordu la langue ou la joue.

En cas d'inflammation des amygdales ou de la gorge, ainsi qu'en cas de trachéite, on recommande souvent un badigeon d'huile d'argousier en guise d'accompagnement d'un traitement classique, parce que celle-ci calme les mu­queuses irritées. On peut utiliser l'huile pure ou diluée dans un liquide chaud. En cas de mal de gorge, de toux ou d'enrouement, il est possible d'ajouter des extraits de plantes appropriées (sauge, fenouil, camomille) ainsi que du miel.

Thérapie d'appoint du cancer de l'œsophage

Dans ce cas, l'huile d'argousier est utilisée pour protéger l'organisme des effets secondaires de la radiothérapie. Il convient de prendre 1/2 cuillerée à soupe d'huile deux à trois fois par jour, avant les repas. Ensuite, il faut poursuivre la prise d'huile pendant deux à trois jours après la fin des séances de radiothérapie.

Inflammation et ulcération du système digestif

La nervosité et le stress, souvent associés à une forte consommation de nicotine et de café, déclenchent fréquem­ment une irritation de la muqueuse de l'estomac qui devient chronique et peut entraîner la formation d'un ulcère. En Russie surtout, c'est un domaine de prédilection pour l'ap­plication de l'huile d'argousier, préconisée dans les indica­tions suivantes :

  • Hyperacidité de l'estomac, brûlures d'estomac
  • Gastrite chronique : inflammation superficielle de la muqueuse de l'estomac ou gastrite atrophique avec rétrécissement de la muqueuse gastrique
  • Ulcère de l'estomac et du duodénum
  • Tumeurs bénignes dans le système digestif
  • Tumeur à l'entrée de l'estomac
  • Tumeur gastrique cancéreuse à ses premiers stades.

Dans le cadre des essais russes que j'ai déjà mentionnés, un test a été mis en place, de manière simultanée, pour vérifier si l'activité des enzymes protéolytiques ou protéases (qui participent au métabolisme de l'albumine) pouvait être réduite par l'absorption d'huile d'argousier. Il s'est avéré que l'huile d'argousier possédait en dehors de ses effets « skin repair », la capacité de freiner l'activité de cette enzyme destructrice de l'albumine. En effet, l'huile d'argousier limite les sécrétions de suc gastrique et fait baisser le taux global d'acidité de l'organisme. En outre, on a observé un ralentis­sement de l'activité motrice de l'estomac, d'où proviennent la plupart des phénomènes douloureux.

Quand l'huile d'argousier est avalée, elle ne se contente pas d'apporter à l'organisme une manne de vitamines, de caroténoïdes, d'acides gras insaturés, de stéarine et d'élé­ments traces. Elle exerce son action régulatrice sur les mu­queuses du système digestif avant même d'entrer en contact

avec le système sanguin et lymphatique. La prise quotidienne d'I à 3 ml d'huile d'argousier calme les muqueuses de l'estomac et de l'intestin. La production excessive d'acide sodique se régularise, ce qui apaise les brûlures, et permet même de réduire les ulcères dans le système digestif. Par ailleurs, s'il y a eu une intervention chirurgicale sur des ulcères de l'estomac ou de l'intestin, l'huile d'argousier agit efficacement sur la douleur. Elle est capable de faire régres­ser, voire de faire disparaître certains ulcères - voire de venir à bout de certaines tumeurs cancéreuses. L'influence de l'huile d'argousier sur le cancer fait désormais l'objet de nombreuses études.

Conseils pratiques en cas de gastrite chronique et d'ulcère de l'estomac ou du duodénum

Les personnes testées ont indiqué que leurs spasmes douloureux étaient souvent calmés par l'huile d'argousier, qui protège la muqueuse de l'estomac et de l'intestin en la nappant. Le calme et le sommeil reviennent. La muqueuse se régénère. Au bout de deux à trois semaines, les douleurs ont généralement disparu. Mais par ailleurs, il faut observer quelques règles d'accompagnement, et adopter un régime « non irritant », en se passant d'alcool, sans parler des contrariétés et des raisons de se mettre en colère !

  • Posologie conseillée :
  • 10 à 20 gouttes d'huile d'argousier deux à trois fois par jour, avant les repas ;
  • si l'on mélange l'huile d'argousier et l'huile de tournesol, la dose quotidienne est de trois fois 30 gouttes, avant les repas ;
  • pour apaiser les brûlures produites par l'hyperacidité, par la consommation quotidienne de café, 10 gouttes

d'huile d'argousier pure ou 20 gouttes d'huile d'ar­gousier en mélange avec de l'huile de tournesol, deux à trois fois par jour. Cette posologie convient égale­ment aux jeunes accouchées.

  • Contre-indications :

La prise d'huile d'argousier n'est pas recommandée en cas de :

-Maladies inflammatoires du pancréas

  • Inflammations aiguës du foie et de la vésicule biliaire
  • Calculs rénaux
  • Diarrhées chroniques
  • Hypersensibilité aux matières grasses.
  • Autres conseils :
  • Le mélange d'huile d'argousier avec l'huile de tour­nesol, employé traditionnellement pour l'extraction de l'huile d'argousier, est excellent, et l'on peut parler d'une « synergie » médicinale des deux huiles.
  • Dans la littérature russe spécialisée, on recommande également la fabrication d'une émulsion : pour ce faire, l'huile d'argousier est mélangée avec une dose double de méthylcellulose, puis avec une quantité équivalente d'eau. On obtient alors une émulsion à 10 %. L'huile est ainsi mieux répartie, notamment pour son application en cas de blessures, de brûlures ou d'inflammations des muqueuses vaginales.

Effets bénéfiques sur la flore intestinale

En cas de perturbation et de déséquilibre de la flore intestinale, il y a production de radicaux libres qui déclen­chent des processus toxiques ou destructeurs dans le méta-

bolisme des cellules. Il s'ensuit une plus grande fragilité face aux possibles invasions extérieures ou à divers phénomènes pathologiques dus à l'action de bactéries, de virus et de champignons. Ceci fragilise le système immunitaire des intestins et déclenche d'autres troubles du métabolisme, et plus particulièrement des réactions inflammatoires ou aller­giques. De la même manière, l'acidification de l'organisme due à des erreurs alimentaires est souvent en cause.

L'application locale d'huiles végétales permet à celles-ci d'entrer profondément dans les tissus, de les revitaliser et de les détendre. Pris en complément oral, les acides gras insa­turés :

  • désintoxiquent et régénèrent l'intestin, donc l'orga­nisme tout entier ;
  • harmonisent le système immunitaire et hormonal.

Les antioxydants présents dans l'huile d'argousier (toco- phérol et bêta-carotène), soutenus dans leur action par d'autres substances, captent les radicaux libres produits par les processus inflammatoires ou apportés par certains pol­luants externes, avant de les détruire. Les lipides insaturés présents dans les membranes cellulaires sont protégés de l'oxydation et stabilisés. De la même manière, certains poi­sons cellulaires sont neutralisés. Une fois restaurée, la flore intestinale garantit une bonne résorption et un excellent retraitement des nutriments, mais elle protège l'organisme de l'invasion de micro-organismes néfastes. Sur ce plan, l'huile d'argousier accompagne de manière efficace toute thérapie anti-mycosique de l'intestin. De la même manière, une peau « stressée » et fatiguée bénéficiera des effets de cette huile végétale, ce qui se reflétera de manière évidente sur la mine de la personne concernée.

En cas de mycose de l'intestin

Des capsules d'huile « Melasan » ont été mises au point tout spécialement pour traiter les mycoses. Outre de l'huile d'argousier, elles contiennent de l'huile d'onagre et de l'huile de thé vierge, ce qui garantit un effet de synergie :

L'huile d'argousier : déploie ses vertus antioxydantes, anti-inflammatoires sur les muqueuses. Elle stabilise la flore

intestinale et la libère de ses toxines.

L'huile d'onagre : agit, grâce à ses acides gras polyinsa- turés, sur la flore intestinale détruite et augmente la capacité de résorption des nutriments.

En émulsion avec ces deux huiles très grasses, l'huile éthérique de thé vierge est le « troisième larron » aux vertus anti-mycosiques bien connues. Elle est particulièrement bien tolérée par les muqueuses. Au sein d'une émulsion grasse, elle développe pleinement ses propriétés antiseptiques et régénératrices du transit intestinal.

Il est recommandé de prendre 2 à 3 capsules quotidien­nes d'huile végétale « Melasan », en cure de six semaines.

Remarques complémentaires

Le mélange d'huile d'argousier et d'huile d'onagre a également donné lieu à de nouvelles expériences. Ainsi, une famille de quatre personnes, originaire des monts Lôwen- stein, dans le Baden-Wurtemberg, a pris quotidiennement une cuillerée à café de ce mélange, avant ou après le repas de midi, en « traitement de fond » (même le fils de huit ans s'est prêté à l'expérience I).

Premier effet étonnant, observé par cette famille : la consommation de l'huile a permis de se protéger du soleil du Sud de l'Europe, avec une simple crème solaire de facteur 4.

Grâce à ce mélange d'huiles, le système immunitaire de la famille a été visiblement renforcé. Les membres de la famille test ont été beaucoup moins malades que leurs proches, et ont souffert de moins de maladies infectieuses. En cas de symptômes allergiques, qui trahissent souvent une carence en acides gras essentiels ou en vitamines, il est aussi recommandé de prendre, en mesure d'accompagnement thérapeutique, une cuillerée à café du mélange argousier- onagre. Les signes de carence qui apparaissent dans certai­nes circonstances, notamment en période de grossesse, disparaissent sous l'action de ce couple idéal.

L'huile d'argousier en cas d'inflammation chroni­que de l'intestin (maladie de Crohn)

Depuis quinze ans, cette maladie tropicale, qui déclenche une inflammation chronique des intestins, a fait son appari­tion dans nos contrées. Depuis plus de trois ans, un témoin que nous avons consulté prend de l'huile d'argousier. Comme l'huile du fruit de l'argousier est chère, il l'associe à 20% avec de l'huile d'onagre et de l'huile de pépins de courge (surtout employée en cas de troubles de la prostate). De toutes les huiles qu'il a testées, c'est ce mélange qui s'est avéré le plus efficace pour lui. En le prenant régulièrement, deux fois par jour, il est parvenu à stabiliser son état. Les centaines de milliers de personnes qui souffrent de gastrite chronique, sous toutes ses formes, peuvent peut-être bénéficier de ce mélange d'huiles et parvenir à limiter quelque peu leurs souffrances.

Il n'est pas étonnant que l'huile d'argousier contribue de manière évidente à renforcer l'organisme en cas de caren­ces. En effet, une à deux cuillerées à soupe d'huile de fruit couvrent tous nos besoins quotidiens en vitamines E et en provitamine A. La combinaison de l'huile de fruit, très bien tolérée par les muqueuses, avec l'huile de pépins d'argou-

sier, qui contient une grande quantité d'acide alpha-linolé- nique (acides aminés Oméga 3), offre un précieux complé­ment alimentaire en apportant à l'organisme des substances essentielles qu'il ne peut produire seul. Outre qu'elle stimule l'ensemble du métabolisme en lui offrant des substances biologiquement actives (SBA), elle est capable de pallier certaines faiblesses chroniques.

  • La prise orale d'huile d'argousier entraîne un effet supplémentaire. Non seulement elle calme les muqueuses du système digestif, mais elle favorise, à long terme, une perte de poids, en cas de surcharge pondérale. Sous l'action de l'huile d'argousier, les radicaux libres qui stimulent l'ap­pétit sont détruits. Par ailleurs, la choline s'oppose au stock­age des graisses et régule la digestion.

Un dernier conseil, pour conclure

Il n'est certes pas nécessaire de complémenter son ali­mentation en prenant des gélules, mais jusqu'à présent, ce conditionnement s'est avéré extrêmement pratique, à la fois sur le plan de la prise orale, et du dosage. De là aussi, un prix élevé. Il ne faut cependant pas oublier que l'huile d'argousier ne peut être présentée en gélules de cellulose, et qu'elle est toujours vendue en gélules de gélatine. Les personnes qui souhaitent s'abstenir de consommer de la gélatine et qui n'aiment pas non plus prendre l'huile à la petite cuillère, peuvent en assaisonner leurs aliments (mais sans jamais l'utiliser pour la cuisson 1).

  • Perspectives thérapeutiques

Il existe d'autres propriétés de l'argousier qui n'ont pas encore été confirmées par des recherches scientifiques, mais qui sont largement prouvées par des expériences pratiques et lui font mériter une place dans la naturothérapie moderne.

Il convient donc de mentionner ces applications (avec la prudence qui est de rigueur).

En Russie et en Chine, on commercialise déjà des prépa­rations à base d'huile d'argousier pour traiter les maladies cardio-vasculaires. Parmi les indications figurent l'angina pectoris, les maladies coronariennes et l'ischémie, l'artério­sclérose, la thrombose et l'embolie, ainsi que toutes les insuffisances cardiaques et le vieillissement du muscle car­diaque. Outre les vitamines, ce sont ici les flavonoïdes qui jouent un rôle essentiel, car ils exercent une action tonifiante sur les cœurs fatigués ou déjà endommagés. Ils protègent le muscle cardiaque d'un éventuel manque d'oxygène en amé­liorant la circulation dans les vaisseaux sanguins coronaires, ce qui stimule le métabolisme et améliore l'état général. L'activité du cœur et la pression artérielle sont normalisées. En petites quantités, les flavonoïdes font augmenter la pres­sion artérielle, mais lorsqu'ils sont pris en grande quantité, ils la font baisser. Par ailleurs ils réduisent les varices. En cas d'ulcères variqueux, les compresses et les enveloppements à l'huile d'argousier s'avèrent efficaces.

Toute une série de nutriments essentiels sont contenus dans l'huile d'argousier, plus précisément des vitamines et des caroténoïdes, des acides gras insaturés, de la stéarine et des phospholipides qui participent au métabolisme des graisses et du cholestérol. Par le biais de la résorption de l'huile dans l'intestin, ces substances parviennent dans le sang et peuvent y développer leurs effets régulateurs. Le taux de cholestérol sanguin s'abaisse, les excès de cholestérol ne sont plus stockés, et sont évacués de l'organisme. Ainsi, la prévention de l'artériosclérose et des autres maladies des vaisseaux est assurée.

La combinaison extrêmement efficace de la vitamine C, de la vitamine E et de la provitamine A (bêta-carotène) donne une très grande stabilité à l'huile d'argousier dans son rôle

de capteur de radicaux libres et d'antioxydant. C'est pour cette raison que nous la recommandons pour la thérapie des cancers. A l'avenir, divers essais et études cliniques seront effectués en Europe dans ce domaine. Pour l'instant, les résultats ne sont pas confirmés. En effet, il faut respecter un délai minimum de sept ans pour tous les essais cliniques.

Les études menées par les Russes et les Chinois ont déjà permis de prouver la grande efficacité de l'huile d'argousier sur les tumeurs cancéreuses. Apparemment, l'huile d'argou­sier est capable de détruire certaines cellules cancéreuses, et exerce un effet bénéfique sur les tumeurs malignes, notam­ment sur celles qui touchent la peau et les tissus conjonctifs. Il est particulièrement question des sarcomes et des mélano- sarcomes. L'effet curatif est favorisé par la concentration d'antioxydants au sein de l'huile d'argousier. Cette concen­tration est deux fois plus forte que dans le ginseng, et elle freine la destruction des cellules par les radicaux libres. De même, les époxydes réduisent les tumeurs, et cette action est renforcée par les vitamines. Les époxydes constituent une chaîne d'atomes d'oxygène que l'on trouve surtout dans les téguments des baies d'argousier, et que l'on retrouve dans l'huile extraite du marc.

Dans ce domaine thérapeutique, on peut ajouter les lésions ainsi que les maladies de la peau et des muqueuses, qui sont provoquées par la radioactivité ou même par la radiothérapie appliquée au traitement des cancers. L'huile d'argousier peut alors servir à la prophylaxie et à la thérapie, et elle permet de se protéger des effets secondaires de la chimiothérapie. Diverses études cliniques, menées en Chine sur des patients ayant été soumis à la radiothérapie à la suite d'un cancer, ont donné des résultats positifs à 85 %. De nombreux produits visant à protéger des radiations doivent être injectés. L'huile d'argousier et d'autres préparations dérivées du jus d'argousier présentent l'avantage de pouvoir être prises oralement.

En Chine, l'huile d'argousier est déjà administrée de manière expérimentale en cas de cancer du sein, des pou­mons et de carcinome du foie. Pour ce faire, une véritable « thérapie de choc » est appliquée : une prise orale de 10 ml de la précieuse huile, deux fois par jour, ce qui est possible dans ce pays, étant donné que l'argousier y pousse en grandes quantités.

Aucun des produits dérivés de l'argousier n'a le moin­dre effet toxique, même s'il est consommé de façon inten­sive. À une époque où nous assistons à un net retour aux produits naturels et aux plantes médicinales, l'argousier doit être considéré comme un vrai champion en matière de vitamines. Ses substances biologiques actives sont précieuses, tant du point de vue de leur valeur nutrition­nelle que du point de vue de leur valeur thérapeutique.

L’huile d’argousier, spécialiste de la peau

POURQUOI IL FAUT DÉTOURNER

SON REGARD DES ÉTOILES

Pour comprendre l'action biochimique de l'argousier, vous devriez tester votre vision sous la lumière des étoiles. Par une claire nuit d'été, cherchez quelques points de repère dans le ciel, trouvez quelques astres parmi les plus petits, ou ceux qui ont une taille moyenne. Pendant que vous « fixez » l'une de ces étoiles, perdez-la des yeux pendant quelques secondes. Vous l'avez littéralement « oubliée ». Mais si vous cherchez de nouveau celle qui vous a servi de point de repère, vous la retrouvez sans tarder.

Que s'est-il passé ?

Soyez tranquilles : vous n'êtes pas en train de vous rendre compte que votre vue baisse. Au contraire, vous avez vérifié à quel point votre regard était perçant et performant. La réponse se trouve au fond de votre œil, sur votre rétine. C'est là que sont réunies les cellules de la vision, si sensibles à la lumière. Certaines sont appelées les bâtonnets, et elles servent notamment à voir dans la pénombre. Elles sont équipées de « rétinol », qui n'est autre que la forme active de la vitamine A. La vitamine A elle-même n'est, par sa forme et ses propriétés, qu'un élément du bêta-carotène végétal (provitamine A), tel qu'il est présent dans la couleur rouge de nombreuses plantes.

Vous détenez ainsi la clé de l'énigme. En effet, en détournant votre regard des étoiles, vous pouvez mieux vous expliquer la fonction protectrice du bêta-carotène présent dans l'argousier. Tout d'abord, la vitamine A agit comme un « parasol » face à l'énergie de la lumière, et l'absorbe. Dans un deuxième temps, elle emploie cette énergie qu'elle avait inactivée. Il faut remarquer qu'elle utilise totalement cette lumière, car son stockage pourrait endommager les cellules des tissus conjonctifs.

La transformation moléculaire de la vitamine A et son passage d'un état actif à un état inactif pousse le nerf optique à intervenir. Au moment où vos yeux perdent l'étoile que vous aviez « fixée », les cellules situées dans le fond de l'œil, qui avaient pris conscience de la lumière, sont inactivées et momentanément « aveuglées ». Lorsque vous retrouvez ensuite l'étoile, l'image est captée par les cellules voisines, qui étaient restées actives.

Ce processus biochimique qui se déroule dans l'œil est directement lié au bêta-carotène, présent dans l'huile d'ar- gousier, et qui est employé par la peau pour se protéger d'un rayonnement solaire trop fort. Les propriétés biochimiques de ce pigment, sa capacité à absorber l'énergie de la lumière et à la « dissoudre » sont de précieuses garanties biologiques pour la peau.

L'exemple des étoiles permet de souligner les trois fonctions essentielles de l'huile d'orgousier. Elle protège, entretient et guérit. Ces trois verbes résument son action dermatologique. Aux peaux saines, elle apporte surtout la protection et l'entretien. Elle guérit et régénère les épidermes malades, blessés ou simplement fragiles. De ces constatations, on peut tirer plusieurs domaines d'application :

  • Protection solaire ; photosensibilisation ; troubles de la pigmentation
  • Brûlures ; coups de soleil ; ampoules ; irradiations, transplantations cutanées et chirurgie au laser
  • Cicatrisation de plaies mal soignées ou infectées
  • Maladies de la peau : acné, irritations, eczéma
  • Soins des peaux sensibles et à problèmes ; 
  • soins du nourrisson.

Protection solaire, photoprotection

Non seulement la lumière du soleil apporte la bonne humeur, mais elle améliore la circulation du sang dans la peau et stimule de nombreuses fonctions dans notre organisme. Il est toutefois important d'en profiter de manière mesurée. En effet, nous avons besoin de lumière et de soleil, mais les barrières sont vite franchies. Notre peau peut être brûlée, et les allergies au soleil se multiplient. En outre, les jours chauds s'accompagnent de pics d'ozone qui provo quent des irritations de la peau et des muqueuses.

L'huile d'orgousier offre une protection durable confia lr* érythèmes et les allergies solaires. Dans la pulyiliniqu* Berlin-Pankow, dès les années quatre vingt», mhi» lu dm •tion du Dr Dehnert, les premières études ont été lancées pour tester la protection solaire de l'huile d'argousier. Dans le cadre de ces études, de l'huile d'argousier (à 1 %, 5 % et 10 %) a été ajoutée aux crèmes solaires utilisées par les patients sur les bords de la mer Méditerranée. L'examen clinique reposait sur plusieurs critères : tolérance, protection solaire et capacité de stockage. Indépendamment de la concentration en huile d'argousier, aucun effet irritant n'a été noté, et l'efficacité de la protection s'est avérée probante. Même à des températures élevées allant jusqu'à 38°C, sur une période de six semaines, les crèmes n'ont pas ranci et leur efficacité n'a pas faibli.

L'huile d'argousier est particulièrement adaptée, en raison de son innocuité, aux préparations cosmétiques qui cherchent à protéger la peau. À sa fonction de filtrage des rayons ultraviolets s'ajoutent l'action biologique des caroté- noïdes capteurs de radicaux libres, et celle, antioxydante, des tocophérols. En effet, la formation de peroxydes toxiques, déclenchée par l'exposition au soleil, est très néfaste pour les cellules cutanées. L'huile d'argousier réduit le nombre de « cellules brûlées » par le soleil, et les effets du soleil sur les cellules voisines. Lorsqu'il y a « coup de soleil », elle atténue la douleur et apaise l'irritation, accélère l'épithélialisation et régénère le tissu conjonctif.

Conseils d'utilisation : si vous voulez préparer vous-même votre crème solaire, vous pouvez mélanger l'huile de fruit d'argousier à une huile de base qui possède des propriétés protectrices contre le soleil, notamment de l'huile de sésame ou de germe de blé. Il est recommandé de prendre oralement de l'huile d'argousier en complément alimentaire.

• Si vous avez déjà reçu un coup de soleil, votre peau aura certainement du mal à supporter le contact d'une crème très grasse ou d'une huile. Dans un premier temps, la peau a besoin d'être rafraîchie, puis, dans un deuxième temps seulement, d'être modérément, graissée. Une lotion sans alcool ou un gel seront plus adéquats. Au bout de quelques jours, vous pourrez y ajouter quelques gouttes d'huile d'argousier.

Que se passe-t-il en cas de coup de soleil ?

     -> Poil

Couche cornée

Couche basale

Les affections de la peau et les allergies sont en nette progression. Cela s'explique peut-être par la prolifération d'agents polluants et des produits chimiques dans l'atmosphère. La pratique excessive des bains de soleil peut être également incriminée : la peau bronzée reste l'idéal de beauté proposé par la publicité et la mode.

Le bronzage que nous rapportons souvent de nos vacances est uniquement le signe visible que notre peau a su se défendre du rayonnement solaire. Les rayons UVA, qui pénètrent jusque dans nos tissus conjonctifs et qui constituent 95 % des rayons nocifs, déclenchent dans la couche basale de la peau la production de pigments colorés (mélanine) qui étendent un bouclier brun par-dessus nos cellules. Lorsque la formation de pigment est faible, la peau ne parvient pratiquement pas à se protéger : dans ce cas, le rayonnement solaire occasionne presque toujours des coups de soleil, si l'on n'utilise pas de crème efficace dotée d'un coefficient de protection élevé.

Le rayonnement ultraviolet brunit la peaubet produit un épaississement de la couche cornée, par multiplication des cellules. La couche cornée absorbe largement les rayons UVB, plus courts que les UVA. Le bronzage et l'épaississement de l'épiderme, obtenus par une exposition quotidienne, lente et progressive, érigent une barrière naturelle contre le rayonnement solaire, qui correspond à un indice de protection 4 environ.

Si le système de protection de la peau est excessivement sollicité, en raison d'une trop longue durée d'exposition ou de l'absence de toute crème solaire, une rougeur (érythème) apparaît en même temps qu'une sensation de chaleur, parfois accompagnée de cloques. Si, par suite de cette brûlure, nous évitons complètement le soleil, la surface de la peau se répare relativement vite et les cellules mortes « pèlent ». Cependant, les couches sous-jacentes de la peau sont profondément « brûlées ». Ceci se voit nettement sur les parties du corps auxquelles le soleil s'attaque le plus souvent si elles ne sont pas protégées : le visage, le cou et les mains. Dans ces zones, la peau s'amincit plus vite et dans les pires des cas, se met à ressembler à un vieux parchemin. Les rayons UVA « longs » ont alors endommagé les fibres de collagène et d'élastine à l'intérieur des tissus conjonctifs. Cela conduit à la formation de rides et au vieillissement prématuré de l'épiderme.

Les effets des rayons UVB sur la peau sont encore plus graves, à long terme. A chaque exposition intensive au soleil, la structure cellulaire de l'épiderme est abîmée et le patrimoine de l'ADN modifié. Certes, l'organisme peut réparer seuls les dégâts les plus légers, mais lorsqu'il n'y parvient plus, certaines modifications des tissus interviennent. On s'est rendu compte, au fil des ans, que dans le pire des cas, cela pouvait conduire à la formation de tumeurs malignes et au cancer de la peau. Le syndrome de Gorlin provient d'une modification des cellules situées dans la couche basale, due à 65 % à une irritation chronique produite par les rayons UV (également par les appareils de radiographie). 80 % des spinaliomes, cancers de mauvais diagnostic, sont dus aux mêmes facteurs. Les irritations provoquées par des chocs thermiques ou par la chaleur entraînent des effets similaires.

Témoignages d'utilisateurs d'huile d'argousier comme protection solaire

  1. Témoignage d'un skieur alpin ,

Un skieur tyrolien passionné, qui se range parmi ceux qui se méfient de la publicité, a courageusement accepté de se prêter à un essai de l'huile d'argousier. Il faut signaler qu'à haute altitude, l'ozone est plus concentré dans le ciel pur de la haute montagne, et que le rayonnement solaire y est plus intense.

Notre sportif savait qu'il n'existe presque rien de plus agressif, pour la peau du visage, que le soleil de février sur les pentes de ski. Au lieu d'utiliser sa crème de protection habituelle, il a donc essayé l'huile d'argousier. Il a, selon sa propre expression, « plaqué » l'huile sur son visage, et l'a étalée du bout de ses doigts, en ajoutant quelques gouttes sur le bout de son nez et sur ses lèvres. Le résultat a été, selon lui, « fantastique ». Sa peau est devenue douce comme le velours et au bout de quelques heures, a pris une superbe teinte bronzée.Citation de l'intéressé : « Depuis, pour le ski alpin comme pour le ski de fond, je n'utilise plus que l'huile d'argousier î »

  1. Témoignage de vacanciers en Croatie

Une famille de quatre personnes a participé à deux séjours en Croatie, avec excursions dans la nature. Dans ce pays, les températures et le rayonnement solaire peuvent être qualifiés de « brutaux ». Cette famille a fait une expérience étonnante avec l'huile d'argousier. Les quatre membres de la famille sont blonds à la peau claire, c'est-à-dire sensibles au soleil. Lors d'excursions précédentes, ils avaient pris des coups de soleil, alors qu'ils avaient utilisé des crèmes solaires au coefficient de protection 20. La fois suivante, ils ont opté pour une huile de protection « soleil et ombre » à laquelle ils ont ajouté de l'huile d'argousier, totalisant « seulement » un indice de protection 4. À leur grande surprise, cette protection leur a suffi pour se prémunir efficacement du soleil.

Quelle est la solution de cette énigme ? Ces individus prenaient depuis longtemps - oralement - de l'huile de fruit d'argousier. De ce fait, les caroténoïdes se sont accumulés dans leur organisme, ce qui a stimulé leurs défenses internes, de sorte que l'huile d'argousier en protection cutanée s'est trouvée potentialisée. Non seulement ces quatre personnes n'ont été victimes d'aucun coup de soleil, mais elles ont acquis un superbe bronzage, sur les parties exposées comme sur les parties de leur corps qui étaient couvertes.

Conseil important : Pour obtenir un coefficient de protection de 10, il faut ajouter à l'huile d'argousier certaines substances protectrices minérales et synthétiques, car le simple principe végétal ne suffit pas. Dans les journaux spécialisés, on lit que le facteur de protection solaire de l'huile d'argousier n'est que de 3 ou 4 (selon d'autres sources, il oscille entre 2,3 et 3,2). Selon ces publications, il ne faut pas utiliser l'argousier pour une longue exposition au soleil, mais comme « baume après-soleil » ou pour entretenir son bronzage. Malgré des avis différents, trouvés dans d'autres publications, il est plus prudent de se conformer à ces remarques.

Relation entre les allergies solaires et l'excès d'ozone

Comment faut-il expliquer l'augmentation des allergies solaires et la présence plus fréquente d'ozone dans l'atmosphère ? Le manteau protecteur naturel qui se trouve dans la stratosphère rétrécit et se troue en raison de ce que l'on appelle « l'effet de serre », provoqué par le dioxyde de carbone, le diesel et le méthane envoyés dans l'atmosphère. La taille de plus en plus impressionnante du « trou de l'ozone » permet aux rayons ultraviolets, longs et courts, de nous atteindre plus durement.

L'ozone est une molécule d'oxygène qui se trouve à une altitude de vingt à cinquante kilomètres dans la stratosphère et qui nous protège des rayons courts ultraviolets diffusés par le soleil. En réalité, la couche d'ozone filtre les rayons nocifs. Mais plus cette couche se rétrécit et se perfore, plus les rayons ultraviolets frappent impitoyablement la terre. Par les chaudes journées d'été, l'action du soleil favorise la production d'ozone, conjuguée à celle des gaz d'échappement et de l'ozone provenant de la surface terrestre. Cet ozone est un gaz nocif. Dans les espaces fermés, il est produit par les photocopieuses, les imprimantes à laser et surtout par les solariums. Chez les êtres humains, l'ozone provoque une sensibilité accrue à la lumière, des maux de tête, divers troubles du système circulatoire, ainsi que des irritations cutanées et des réactions allergiques.

Les allergies solaires, de plus en plus répandues, sont appelées en langage médical des « dermatoses polymorphes ». Elles se manifestent par des éruptions eczémateusor., déclenchées par le soleil, et déjà une personne sur dix en est frappée. Une variante de cette affection, « l'acné de Majorque », est provoquée par des allergènes présents dans certains produits cosmétiques, dans les antibiotiques, etc.

L'utilisation d'huile d'argousier - si possible combinée, en interne et en externe - est non seulement utile si vous prenez vos vacances dans le sud, pour protéger votre peau du soleil, mais aussi si vous restez dans une zone urbaine, où les radicaux libres pullulent, et où l'on peut observer de fréquents pics d'ozone. L'argousier protège la peau des irritations d'origine allergique et vous prémunit de l'action néfaste des polluants.

En quoi les capteurs de radicaux libres sont-ils utiles à l'industrie cosmétique ?

La vitamine E et la provitamine A (bêta-carotène) stimulent l'activité de l'enzyme cutané SOD (superoxyde dismutase). A son tour, la vitamine C intervient pour prévenir la formation des rides et le vieillissement prématuré de la peau, ainsi que d'autres dégâts cutanés ou cellulaires. Ces substances défendent la peau des rayons ultraviolets, et l'arment contre la peroxydation par les radicaux libres. En augmentant de manière appréciable le coefficient de protection de la peau contre la lumière, et en renforçant la couche cornée, ces éléments peuvent freiner la tendance aux irritations cutanées et les réactions allergiques.

L'enzyme SOD, fabriqué par l'organisme, joue un rôle de gardien absolument essentiel. Avec l'aide du zinc et du cuivre, il limite les inflammations et part à la chasse des radicaux libres, car il est responsable de la sécurité interne de l'organisme, et doit protéger les cellules de l'oxygène actif. Le SOD est un antioxydant puissant contre la radioactivité, et il contrecarre d'autres agents nocifs présents dans l'environnement. Mais en présence d'une grande quantité de rayons ultraviolets, il ne peut éviter l'affaiblissement des membranes cellulaires, ni toutes les conséquences qu'il entraîne. C'est là que les capteurs de radicaux libres comme le bêta-carotène et les tocophérols peuvent lui venir en aide, véritables « filtres anti-UV » qui prémunissent l'organisme de la photosensibilisation.

Au niveau cutané, les capteurs de radicaux libres sont chargés de :

  • protéger l'organisme des radicaux libres, des rayons ultraviolets et des agents polluants,
  • renforcer les mécanismes de défense de la peau,
  • protéger les fibres d'élastine et de collagène dans les tissus conjonctifs,
  • freiner la formation de rides ou lisser « de l'intérieur » les rides existantes (effet « skin repair »),
  • évacuer les cellules mortes,
  • renforcer les tissus conjonctifs,
  • équilibrer la pigmentation.

Les taches pigmentaires peuvent être atténuées ou effacées par l'huile d'argousier, surtout sous l'effet du bêta-ca- rotène. En effet, l'huile d'argousier contient de l'acide ursolique et de la mélanine. La formation de la mélanine, qui fait intervenir des pigments noirs ou bruns, est assurée par des mélanocytes qui se trouvent dans la couche basale. La mélanine stockée dans les tissus cutanés a pour effet de filtrer les rayons et elle régit la couleur de la peau comme celle des cheveux. Toutes les imperfections de la peau, comme les taches de rousseur, les nævi ou « grains de beauté », qui sont souvent d'origine hormonale (ils apparaissent après une grossesse ou à la ménopause) peuvent « tourner mal ». De même, les peu esthétiques « taches de vieillesse » sont liées à des troubles de la formation de lamélanine, déclenchés par un processus hormonal ou par les radicaux libres, parfois après une exposition prolongée au soleil.

L'huile d'argousier peut ici développer ses effets équilibrants, parce qu'elle enrichit la couche graisseuse et la couche cornée (stratum corneum) en bêta-carotène.

  • La plupart des taches brunes qui apparaissent sur la peau proviennent d'un excès de pigmentation dans les cellules cutanées. Les crèmes solaires contenant de l'huile d'argousier peuvent exercer un effet régulateur, en faisant en sorte que seules les zones les plus claires brunissent, et que les taches de pigmentation soient atténuées.
  • Dans le cas de taches plus claires ou de vitiligo (maladie des taches blanches), il s'agit d'un manque de pigmentation. Là encore, l'huile d'argousier peut avoir une action régulatrice et favoriser une meilleure répartition des pigments.

Brûlures

On raconte en Allemagne une vieille légende qui contient, comme tous les récits populaires, une part de vérité. Elle raconte les mœurs d'anciens royaumes où l'on avait pour coutume de jeter les criminels dans un chaudron d'huile bouillante. Celui qui tombait dans un chaudron d'huile d'argousier avait une chance, selon la légende, de s'en sortir vivant.

Mais dans la réalité comme dans les contes, l'huile d'argousier exerce une influence bienfaisante sur toutes les brûlures, quelles qu'elles soient. Qu'il s'agisse de coup de soleil, de brûlures par le feu ou l'eau bouillante, d'irradiations dues à la radioactivité ou même de brûlures au laser, le processus de guérison est similaire et les dégâts infligés aux cellules comme aux tissus conjonctifs sont minorés. Dans un premier temps, les éléments de certaines cellules sont détruits et fragmentés. Les particules contenues dans les débris des cellules se transforment, sous l'effet de la chaleur et de l'oxydation, en radicaux libres néfastes. Il est recommandé de faire intervenir les antioxydants et les substances particulièrement bénéfiques qui sont contenues dans l'huile d'argousier, non seulement pour prévenir d'autres lésions, mais pour guérir et cicatriser.

Dans le cas d'enge/ures, le processus de destruction est très similaire à celui des brûlures. Quand il y a détérioration des couches cutanées extérieures, des ampoules se forment, et si les couches cutanées profondes sont endommagées, il peut y avoir nécrose ou lésion inflammatoire provoquée par le froid. Dans la médecine populaire de l'Asie centrale, on utilise donc l'huile d'argousier comme remède d'urgence aussi bien en cas d'engelures que de brûlures.

Lorsque l'huile d'argousier est appliquée sur une lésion, elle commence par provoquer une légère sensation de chaleur qui disparaît très vite. L'effet apaisant ne se fait pas attendre. Les agents infectieux sont détruits. L'huile d'argousier est donc antiseptique et anti-inflammatoire. Elle stimule la granulation et accélère la formation de la croûte au-dessus de la plaie, qui doit, selon son degré de gravité, être bandée ou garnie d'une compresse pour être protégée. Puis un nouvel épithélium se forme. Souvent, il y a guérison primaire de la blessure sans cicatrice si le tissu cicatriciel est efficacement nourri et protégé. Même en cas de brûlures graves, la cicatrisation est accélérée, parce que le tissu de granulation resserre rapidement les bords de la blessure et se transforme en tissu conjonctif. De ce fait, la cicatrice reste relativement discrète.• Conseils d'utilisation : faites couler de l'eau froide sur la brûlure, en suivant le premier réflexe salutaire, puis tamponnez légèrement pour sécher. Appliquez de l'huile d'argou- sier. Je recommande tout particulièrement un mélange d'huile d'argousier, d'huile de lavande et d'huile de millepertuis (voir également mes recettes à la fin de l'ouvrage). Vous devriez garder ce mélange tout prêt, à portée de main. Couvrez la lésion pendant quelque temps de gaze, d'une compresse ou d'un pansement, pour protéger la peau tout en la laissant respirer.

Radiothérapie et traitement au laser

Selon le même principe, l'huile d'argousier est efficace en cas de lésions cutanées provoquées par la radioactivité ou la radiothérapie, notamment dans le cadre de traitements de tumeurs cancéreuses. Elle a été appliquée après l'accident radioactif de Tchernobyl, mais peut aussi bien servir à titre prophylactique et accompagner une radiothérapie de la gorge, comme nous l'avons signalé dans les chapitres précédents. Nous savons désormais que l'huile d'argousier accélère de manière quasi spectaculaire le succès des transplantations cutanées. Il peut paraître étonnant de l'appliquer également après une opération au laser, mais il ne faut pas oublier que nous avons affaire à une intervention thermique qui endommage certains tissus. Il devient alors tout à fait plausible d'allier la médecine high tech avec les forces thérapeutiques d'une plante ancestrale, comme nous le fait remarquer le chirurgien russe V. Lysjakow, spécialiste du laser :

Application d'huile d'argousier après une intervention au laser CO2 :

« L'application d'huile d'argousier au traitement de brûlures et d'ulcères est connue de longue date. Cela m'a convaincu de tenter l'expérience après des opérations chirurgicales au laser.

Je l'utilise quarante-huit heures après l'intervention. Ensuite, je mets un bandage pendant quarante-huit heures. En dernier lieu, le patient badigeonne d'huile d'argousier la zone opérée, par exemple le visage, tous les jours pendant huit à dix jours. A ce moment-là, les blessures guérissent et ne laissent pas de cicatrice. Pour les plus petites interventions, on peut même employer l'huile d'argousier dès le premier jour.

Quand j'interviens pour effacer des tatouages à l'aide du laser NdYAG (ondes d'une longueur de 1 064 et 532 nanomètres), j'applique l'huile d'argousier à partir du deuxième jour. Là encore, je badigeonne la zone lésée avec de l'huile. La guérison est immédiate, sans cicatrice, en l'espace de sept à huit jours.

En tout, j'ai déjà traité cinquante-six patients à l'aide d'huile d'argousier, après des opérations au laser. »

Blessures

L'huile d'argousier guérit les brûlures, mais elle est aussi efficace pour hâter la cicatrisation de toutes sortes de blessures. Cela vaut pour les écorchures, les contusions et les ecchymoses, les ulcères et les abcès, ainsi que pour l'obtention d'une belle cicatrice.

En premier lieu, l'huile d'argousier encourage la granulation, c'est-à-dire la formation de nouveau tissu conjonctif vascularisé. Au bout de quelque temps, la blessure se referme. A l'étape suivante ou épithélialisation, l'huile d'argousier accélère la formation de la couche de cellules supérieures, l'épithélium.

Quand le processus de guérison est compliqué, l'huile d'argousier prend soin des blessures nécrosées, surchargées de cellules mortes ou à moitié détruites, et souvent accompagnées d'abcès. Elle est efficace en cas d'ulcères variqueux à la jambe (ulcus cruris), qui proviennent de troubles de la circulation sanguine ou de blocages veineux. Dans ce cas, après la désinfection, on applique prudemment un peu d'huile d'argousier à l'aide d'une pipette (en Russie, il existe déjà un vaporisateur appelé « Olasolum », qui permet de traiter les blessures infectées; les ulcères, les eczémas et les affections dermatologiques en général). La zone lésée est ensuite protégée par un bandage ou un pansement qui doit être changé quotidiennement. Il faut veiller à ce que la plaie soit bien ventilée. Le traitement doit être appliqué jusqu'à ce que la granulation soit engagée, c'est-à-dire jusqu'au moment où l'on aperçoit une nouvelle peau visible. Grâce à ce traitement, les bords de la plaie restent élastiques, ce qui, en règle générale entraîne une cicatrice plus légère ou totalement invisible.

  • Conseils d'application : La blessure doit être nettoyée et éventuellement désinfectée. Cela est particulièrement important pour les bords de la plaie. Il faut ensuite les badigeonner d'huile d'argousier et appliquer un bandage. Répéter cette opération plusieurs fois par jour. S'il y a un abcès ou une ulcération, tremper un coton hydrophile dans l'huile d'argousier et en tamponner légèrement la plaie. Les compresses sur lesquelles on aura appliqué une crème contenant 5 ou 10 % d'huile d'argousier contribueront à accélérer le processus de guérison et amélioreront la cicatrisation.
  • Il est parfaitement normal et sans danger de ressentir, à titre « d'effet secondaire », une légère sensation de brûlure au moment de l'application sur la blessure, comme c'est également le cas avec l'huile de millepertuis.

Escarres

L'huile d'argousier est excellente pour soigner les escarres (décubitus) et pour les prévenir. Les escarres apparaissent lorsqu'un malade doit garder longtemps le lit, et concernent surtout les personnes âgées contraintes à l'alitement prolongé. Leur manifestation est favorisée par une perte de sensibilité de certains nerfs. La pression concentrée sur certains points d'appui ainsi que la mauvaise vascularisation des tissus provoquent un traumatisme, la nécrose des tissus et l'apparition de croûtes. Celles-ci se forment surtout aux points d'appui direct des os, notamment aux abords du sacrum et sur les talons. Là encore, l'huile d'argousier offre un soulagement évident, en limitant l'inflammation et en accélérant la cicatrisation.

Conseils d'application : quand de larges zones du corps sont touchées par les escarres, il est recommandé de ne pas employer l'huile d'argousier pure, mais de la mélanger à 10 % avec de la vaseline, puis de protéger les lésions avec un bandage ou une compresse. L'huile d'argousier donne aussi d'excellents résultats dans les produits de soins aux bébés, dont la peau est particulièrement fragile. On trouve dans le commerce des crèmes de soins contenant de l'huile d'argousier. La prise orale d'huile d'argousier permet de stocker dans l'organisme les « vitamines de la peau ».

Soins du nombril des bébés, érythèmes fessiers et crevasses des mamelons

Les soins aux nouveau-nés et aux jeunes accouchées ouvrent un autre domaine d'application à propos duquel les sages-femmes ont beaucoup à nous apprendre. Elles saluent généralement l'efficacité de l'huile d'argousier, qui agit en un à deux jours.Une huile spéciale a été mise au point pour nettoyer le nombril des nouveau-nés. Outre l'huile d'argousier, elle contient de l'huile d'amande douce et de l'huile essentielle de thé vierge. Cette huile réunit ainsi toutes les vertus antiseptiques et régénératrices d'un produit naturel. On peut l'utiliser pour la prophylaxie, mais aussi en cas d'inflammations et de retard du processus de cicatrisation du nombril. Les applications de cette huile ne se limitent toutefois pas aux soins du nombril. De nombreuses sages- femmes indiquent qu'elles soignent depuis des années, à l'aide de cette huile composite, les parturientes dont elles s'occupent (environ dix par mois). En outre, au cours de ces dernières années, on a mis au point une ligne de produits pour bébés contenant de l'huile d'argousier. Ces produits vont de la crème à l'huile de bain, en passant par le shampoing et par un délicieux gel de dentition.

  • Nettoyage et soins du nombril

L'huile composite, conçue spécialement dans ce but, permet une cicatrisation rapide du nombril et calme les rougeurs éventuelles. Souvent, le nombril qui a été nettoyé en clinique avec de l'alcool est irrité et les tissus sont légèrement enflammés. Dans ce cas, les talcs dont l'emploi est encore très répandu forment une sorte de dépôt brunâtre que les mères hésitent à nettoyer complètement. L'huile composite permet de le dissoudre efficacement et sans violence.

  • Rougeurs et inflammations du siège

Les rougeurs et les irritations sont également fréquentes sur les fesses du bébé. Les mères et les puéricultrices se voient offrir une quantité de crèmes, de lotions et d'huiles parmi lesquelles elles ne savent pas choisir, sans compter les antibiotiques et les préparations à base de corticoïdes qui contribuent à augmenter le nombre des allergies chez les bébés. Il est possible d'éviter tout cela ; la combinaison de l'huile d'argousier avec l'huile essentielle de thé vierge calme très vite les érythèmes, et elle est parfaitement tolérée par la peau du bébé. Ses vertus antimycosiques lui assurent une parfaite efficacité.

  • Infections vaginales et cicatrisation de l'épisiotomie

Pour la mère comme pour l'enfant, l'action antiseptique de l'huile composite vient se conjuguer à ses autres propriétés. Bien tolérée par les muqueuses, cette huile apaise la douleur et accélère la guérison.

  • Crevasses des mamelons

Les puéricultrices et les sages-femmes sont de plus en plus nombreuses à conseiller l'huile d'argousier pour soigner les fissures et les crevasses des mamelons. Pour supprimer ce symptôme extrêmement douloureux, les recours habituels donnent parfois des résultats peu convaincants. Ce problème doit être pris en compte, notamment parce qu'il débouche souvent sur l'arrêt de l'allaitement. En cas de mycoses des mamelons, l'huile composite freine la prolifération des champignons et les empêche de contaminer le bébé. Pour cela, il faut badigeonner les mamelons d'huile d'argousier après la tétée, et les essuyer soigneusement avant de redonner le sein.

  • Vergetures pendant la grossesse et apparition de grandes taches pigmentaires

Ces phénomènes peuvent également se manifester après l'accouchement. L'emploi régulier et prolongé d'huile d'argousier permet de les effacer au bout d'un à deux mois. 

Témoignages de sages-femmes

7. Dix jours après l'accouchement par césarienne, le reste du cordon ne s'est toujours pas détaché du nombril du bébé. Les bords du nombril sont gras, irrités et portent des traces de sang. Le cordon reste fermement attaché.

Je suis également frappée par sa mauvaise odeur. Nous appliquons de l'huile composite. Après choque change, nous badigeonnons le nombril de cette huile. Lentement, le cordon commence à se détacher et tombe au bout de trois jours. Les bords du nombril ne sont plus enflammés, le processus de guérison se déroule normalement. Au bout de deux jours supplémentaires, le nombril est complètement guéri.

  1. J'effectue une visite le sixième jour après l'accouchement. Le nombril est bien cicatriséz mais la mère s'inquiète. Son enfant souffre d'un érythème fessier, des petits boutons rouges sont apparus sur les fesses et le bas-ventre. Ces petits boutons ont commencé par surgir sur les fesses avant de s'étendre au cours de la journée. Je lui recommande de badigeonner toute cette zone avec de l'huile compositez après chaque change. A ma visite suivantez tous les boutons ont disparu.
  2. Cinq jours après l'accouchementz la mère est sortie de l'hôpital, et a remarqué que son bébé avait les fesses rouges. Le lendemainz lors de ma visite à domicilez l'état du nourrisson s'est aggravé. Les fesses sont extrêmement rouges et meurtries, on remarque même une crevasse. L'enfant souffre et pleure dès qu'il urine ou va à la selle. Je nettoie cette zone avec délicatesse et j'y applique de l'huile composite. Je recommande à la mère de changer le bébé plus souvent, de nettoyer les fesses avec de l'eau tiède, puis de les sécher à l'aide d'un sèche-cheveux, et de les badigeonner d'huile composite. L'état du nourrisson s'améliore plus vite que prévu. Le lendemain, le rétablissement est très net, et l'enfant est apaisé depuis longtemps.

À titre de complément, je voudrais ajouter que les femmes enceintes peuvent calmer leurs fréquentes brûlures d'estomac en prenant oralement de l'huile d'argousier mélangée à de l'huile d'onagre. Celle-ci peut également pallier les carences en éléments traces qui peuvent se manifester par des crampes musculaires aiguës.

L'huile d'argousier en cas d'irritations de la peau et de dermatoses

Le peau est l'organe le plus étendu de notre corps et ses dimensions sont impressionnantes : elle couvre 1,5 à 2 mètres carrés et pèse 19 à 20 kg chez le sujet adulte. Située à la frontière entre notre monde intérieur et le monde extérieur, elle assure des fonctions essentielles pour notre protection et pour le métabolisme :

  • Fonction de défense et de protection
  • Fonction régulatrice de la température du corps
  • Constitution de réserves énergétiques
  • Fonction de résorption
  • Transmission des sens.

La peau participe de manière décisive à notre apparence et reflète l'état de notre organisme, ainsi que nos souffrances.

L'huile d'argousier possède de nombreuses propriétés qui la désignent comme un remède efficace à de nombreuses affections cutanées : elle exerce un effet antiseptique, antiinflammatoire et émollient, elle régénère et guérit, protège et nourrit. Son action thérapeutique est avérée dans tous les cas où le trouble est lié à un problème pigmentaire, mais aussi dans les affections inflammatoires chroniques qui touchent souvent les peaux sensibles, fragiles, sujettes à la sécheresse et aux crevasses. Très souvent dans ce cas, le rayonnement solaire joue un rôle de catalyseur et risque d'aggraver les symptômes. En cas d'inflammations aiguës, il faut employer l'huile d'argousier pure. L'application complémentaire de préparations individualisées protégera la peau et lui assurera la santé.

Quelles dermatoses l'huile d'argousier peut-elle soigner ?

  • Le chloasma : ensemble de taches brunâtres, grains de beauté, taches de vin (lentigo) et verrues.
  • Les mélanoses : taches sombres liées à certaines maladies internes de la peau et des muqueuses.
  • Les crevasses, fissures et gerçures.
  • La xérodermie : desquamation de l'épiderme qui provient d'une baisse de la production de sébum et d'une transpiration insuffisante.
  • L'épaississement de la peau dû à une sécheresse extrême.
  • La formation de durillons et l'épaississement de la couche cornée.
  • Les irritations et la formation de vésicules dues à l'exposition au soleil et à une forte transpiration.
  • Les allergies au soleil.
  • L'eczéma allergique de contact.
  • Les inflammations chroniques de la peau.
  • L'acné, la séborrhée, le psoriasis (rougeurs et squames).
  • L'impétigo : infection de la peau provoquant des démangeaisons, avec formation de vésicules, de pustules et de croûtes.
  • Le lupus érythémateux : rougeurs sur la face, disposés en « ailes de papillons » (tel un loup de déguisement, de façon symétrique sur les ailes du nez et sur les joues).
  • Les eczémas, notamment l'eczéma endogène (névrodermite).

Conseils particuliers pour le traitement de l'acné : en cas d'acné, généralement accompagné d'un encrassement de la peau par le sébum (les pores se bouchent), il n'est pas toujours judicieux d'employer une huile grasse. Sauf exception, l'huile de thé vierge s'avère être le meilleur choix. Employez une crème hydratante peu grasse, à laquelle vous ajouterez de l'huile d'argousier et de l'aloé véra dans certains cas, notamment si vous avez une peau jeune sujette aux rougeurs et aux impuretés.

L'huile d'argousier est toujours un complément utile lorsqu'il faut traiter des furoncles et des boutons, ou encore des eczémas. Pour hâter la guérison, on peut ajouter 5 à 10 % d'huile d'argousier à une bonne crème de soins, que l'on peut également appliquer en pansement. Si un gros furoncle douloureux se forme à partir de plusieurs foyers d'infection, il est possible de procéder à des applications tièdes (à 40°C environ), afin d'accélérer la maturation avant de vider le pus. Ensuite, il faut désinfecter et badigeonner le bouton d'huile d'argousier pour hâter le processus de guérison.

Le traitement de l'eczéma

L'eczéma est dû à une sensibilité innée ou acquise à divers facteurs irritants :

  • produits chimiques, notamment les nettoyants ménagers ou les vêtements synthétiques,
  • irritants thermiques ou radiations, comme les rayons solaires, le soleil des hauteurs, le radium et la radiothérapie.
  • les produits toxiques, comme les allergènes végétaux, les médicaments et certains aliments (agrumes, albumine d'origine animale et épices).

Les eczémas se manifestent de façon aiguë par l'apparition de vésicules, de rougeurs et de surfaces érosives suintantes. Ensuite il peut y avoir desquamation avec fendillement et épaississement de la couche cornée.

Le traitement est délicat et doit intervenir de la manière suivante : plus l'eczéma est aigu, plus le traitement doit être doux. Si la peau est très enflammée, les enveloppements humides à Laide de compresses seront très utiles. Pour ce, préparez une décoction de racines de tormentille (1 part) et de fleurs de mauve (3 parts) (2 cuillerées à soupe pour 1 litre d'eau). Cet enveloppement permet aux vaisseaux capillaires de la peau de se rétracter et procure une sensation de fraîcheur. En début de traitement, changez souvent de compresse ! La nuit, et lorsque l'inflammation s'est un peu calmée, tapotez doucement les lésions à l'aide d'huile d'ar- gousier. Vérifiez auparavant, sur un endroit non lésé, que vous la tolérez bien.

Autres conseils pour le traitement : La prise complémentaire d'huile de fruit et de pépins d'argousier offre un apport substantiel d'acides gras essentiels. En combinaison avec l'huile de millepertuis et avec l'huile de cumin, elle permet dans de nombreux cas de réguler les troubles.

Marlène H. (50 ans) offre un témoignage saisissant relatif à son utilisation de l'huile de pépins d'argousier. Peut-être ces effets ne sont-ils pas les mêmes pour tous les utilisateurs, mais quelques-uns d'entre vous pourront certainement profiter de cette pratique d'automédication qui donne des résultats inespérés.

La « guérison-miracle d'une névrodermite »

« Il y a quelques années, j'ai souffert d'un problème cutané. Tout d'abord, j'ai remarqué sur ma paupière gauche une lésion de la taille d'un petit pois, qui me provoquait des démangeaisons. Assez vite, cet endroit sec s'est étendu, et j'ai noté que l'aspect de la peau de ma paupière s'était modifié. J'ai consulté un dermatologue et je me suis soumise à plusieurs tests allergiques (résultats négatifs). Au bout de quelque temps, j'ai consulté un médecin qui a fait un diagnostic de « névrodermite ».

Plusieurs médecins m'ont prescrit diverses crèmes à base de cortisone pour soigner la lésion sèche. Je n'avais certes plus de démangeaisons, mais la peau était devenue mince et ridée (il faut également observer que dans les endroits extrêmement sensibles, comme les paupières, la couche cornée protectrice est constituée de cellules particulièrement fines). A plusieurs reprises, mes paupières se sont mises à gonfler douloureusement. En outre, les démangeaisons sont apparues à plusieurs autres endroits, notamment à la base du cuir chevelu, derrière les oreilles, dans le cou au niveau du décolleté, sous les aisselles et entre les cuisses. Les démangeaisons constantes me rendaient très nerveuse et légèrement irritable.

Comme je ne voulais pas me traiter trop longtemps à la cortisone, je me suis tournée vers un naturopathe qui était également pharmacien. Il m'a appris qu'il avait beaucoup de patients souffrant de névrodermites. Ce pharmacien a préparé pour moi une crème spéciale (sans cortisone !) et m'a fait faire une cure de plantes pendant environ trois mois. A ma grande joie, les symptômes ont disparu relativement vite. Les démangeaisons ont cessé, et les endroits lésés ont retrouvé leur aspect antérieur. Après trois ou quatre de ces cures, menées à des intervalles plus ou moins longs, je me suis sentie globalement mieux. Malheureusement, cette guérison totale n'a pas duré. Certes, les endroits lésés ne desquamaient plus, pour la plupart, mais j'avais toujours les paupières qui gonflaient de temps à autre.

Après avoir essayé plusieurs crèmes et suivi d'autres cures de plantes, j'ai entendu parler, il y a environ deux ans, de l'huile d'argousier. J'ai reporté tous mes désirs de guérison sur ce remède, espérant que ma peau redeviendrait lisse et que je pourrais me passer complètement des traitements à la cortisone. Tous les matins et soirs (et plusieurs fois par jour au cours de la première semaine)z j'ai badigeonné mes paupières et la zone du contour de mes yeux avec de l'huile d'argousier. A cause de la coloration de l'huile de fruit, j'ai utilisé de l'huile de pépins.

La peau tolérait bien le produit, et j'ai rapidement constaté une amélioration.

Depuis cette époque, l'utilisation quotidienne d'huile d'argousier m'est devenue aussi naturelle que le fait de me laver les dents. Je suis heureuse d'avoir trouvé un remède qui m'a toujours aidée à ce jour. En outre, j'ai complété mon traitement par l'utilisation de produits cosmétiques à base d'argousier.

Expériences personnelles de l'huile d'argousier

À ce point de mon ouvrage, j'aimerais témoigner personnellement des effets de l'argousier et de son huile bienfaisante. Naturellement, je connais le jus d'argousier depuis longtemps, et j'apprécie le jus vierge sucré au miel, surtout parce que je ne supporte pas la vitamine C, telle qu'elle est fournie par exemple par les agrumes. Enfant déjà, je protestais vigoureusement lorsqu'on voulait me faire prendre du jus de citron quand j'étais enrhumée, en prétendant que cela « diluait mon sang, parce que ce goût était trop acide... »

C'est à une date plus récente que j'ai appris à me servir de l'argousier pour soigner ma peau. J'ai été enthousiasmée par la crème à l'argousier, qui possède d'extraordinaires propriétés balsamiques, comme me l'ont confirmé toutes les personnes qui ont accepté de la tester pour moi.

Lorsque j'ai entendu parler du cas de névrodermite de Marlène H. et de son traitement des lésions de ses paupières par l'huile d'argousier, j'ai d'abord été sceptique, mais j'ai immédiatement essayé de vérifier ce témoignage dans la pratique. Depuis la puberté, je souffre d'acné au visage. Une thérapie de choc à base de pénicilline a déclenché un processus d'inflammation qui a fini par créer une sorte de « foyer » permanent. Je dois maintenant affronter toutes sortes de phénomènes allergiques, notamment un rhume des foins qui apparaît tous les ans en été, et depuis quelques années, certains problèmes cutanés récurrents. Évidemment, j'ai essayé de nombreuses thérapies et je me suis livrée à l'automédication, avec des succès inégaux et toujours, des rémissions de courte durée.

Après plusieurs cures de plantes à base de cumin, mon rhume des foins a quasiment disparu, mais il me restait la névrodermite, même si les crises sont devenues moins fréquentes et qu'elles disparaissent en quelques semaines, et non plus en quelques mois. Chez moi, les lésions surviennent non seulement autour des yeux mais au creux des coudes. Elles semblent liées à plusieurs facteurs de stress, et notamment à l'ozone qui est produite par un travail prolongé devant l'ordinateur.

Cette année, dès la première « poussée », j'ai badigeonné le creux de mes coudes avec de l'huile d'argousier, mais en état de crise, le produit me brûlait terriblement et l'inflammation s'étendait. Lorsque l'irritation de la peau s'est calmée d'elle-même au bout de deux jours, j'ai décidé, à titre de prévention, de badigeonner quotidiennement la zone située autour des yeux à l'aide d'huile d'argousier. Le soir, je le faisais également sur le pli des bras en utilisant l'huile de fruit fortement colorée, avec de meilleurs résultats. Lorsque j'éprouve le moindre signe d'irritation cutanée, notamment en cas de pic d'ozone, l'huile les fait disparaître en l'espace d'une nuit. Je ne peux que vous faire la recommandation : cela vaut la peine d'essayer î

Finalement, en raison de mon travail sur cet ouvrage, j'ai voulu faire un nouvel essai sur moi-même, un jour que jem'étais brûlé la main contre la grille d'un poêle chauffé à blanc. Je me souviens encore d'avoir vu, dans un cas similaire, se former une cloque impressionnante qui n'avait disparu qu'au bout d'un mois, après traitement à l'aide d'une crème qu'un médecin m'avait prescrite. Cette fois, je n'ai pas commis la même erreur, et j'ai traité quotidiennement la brûlure avec de l'huile d'argousier. Aucune cloque ne s'est formée, et la granulation s'est rapidement déclenchée. Tous les jours, la marque de la brûlure diminuait de manière visible. Je ne me souviens pas d'avoir eu mal, en dehors de la première minute. Au bout de quatorze jours exactement, la croûte s'est détachée, seule une coloration rose a signalé la présence d'une nouvelle couche de peau. Tout ce que j'ai lu et entendu à propos de l'argousier est vrai, je peux l'attester grâce à ce petit exemple.

Ne vous inquiétez pas : L'huile d'argousier normale, et surtout l'huile de fruit d'argousier pure, est dotée d'une couleur rouge-orange vif, et donne une belle mine de Peau Rouge quand on l'applique sur la peau. Cependant, cette couleur est très rapidement absorbée par la peau, et ceci de manière complète. Au bout d'un moment, elle devient invisible. Pensez à l'effet de la teinture d'iode ou du mercurochrome, utilisé pour désinfecter les plaies. L'effet est similaire. Vous pouvez simplement utiliser l'huile de pépins sur les endroits exposés aux regards.

L'huile d'argousier comme crème de soin

En conclusion de ce chapitre dense qui a été consacré à la peau, je voudrais aborder un sujet plus joyeux, qui est celui des peaux saines ou guéries. L'argousier est un véritable produit de beauté naturel. Ses propriétés protectrices, régénératrices et particulièrement nourrissantes sont un atout pour votre charme ! Le plus beau compliment que j'aie entendu à ce propos se résume en une phrase :

« Dès la première ou la seconde application, la crème à l'argousier donne à la peau un aspect si lisse que j'ai envie de la caresser ! »

L'huile du fruit de l'argousier s'étale très bien sur la peau et donne un sentiment de douceur comparable à celui que l'on obtient avec l'huile de jojoba (qui est en fait, n'est pas une huile, mais une cire). Utilisée pure ou en ajout dans diverses crèmes, lotions ou huiles de beauté, elle exerce un effet « skin-repair » visible. En particulier, les peaux sèches et légèrement crevassées deviennent plus élastiques et plus lisses. L'huile d'argousier améliore non seulement l'aspect de l'épiderme, mais augmente sa résistance aux éléments agressifs de l'environnement, qui finissent par déclencher l'apparition de rides et un vieillissement prématuré de la peau. Les riches substances contenues dans l'huile nourrissent l'épiderme. Le « cuir » tanné par le soleil s'affine et se lisse, et les ridules déjà formées peuvent être « repassées » de l'intérieur. Grâce à sa similitude avec les substances (acide palmitique) contenues dans la graisse de la peau, l'huile d'argousier stimule les fonctions naturelles de la peau et lui rend toute sa santé, de sorte qu'elle parvient à mieux remplir son rôle, constitué de tâches diverses.

 Si vous avez un épiderme sensible, qui se dessèche facilement et perd son élasticité, ce qui conduit à la formation de petites crevasses et de ridules, je vous recommande de vous livrer à un premier test : après votre toilette ou votre douche, ajoutez quelques gouttes d'argousier à une lotion hydratante. Pendant plusieurs heures, vous sentirez que votre peau est détendue et bien nourrie, qu'elle de-

La cueilleuse se réjouit, vraisemblablement de détenir entre ses mains le secret d'une peau régénérée vient beaucoup plus résistante aux intempéries et que les signes de sécheresse ont disparu. En outre, non seulement son aspect sera plus lisse, mais elle prendra une belle teinte saine.

Les crèmes à base d'huile d'argousier conviennent à presque toutes les peaux, mais sont particulièrement recommandées dans les cas suivants :

  • peaux sèches et sensibles,
  • déshydratation et carence en graisse,
  • peaux fragilisées par l'environnement,
  • peaux fatiguées, sujettes aux rougeurs, trop souvent exposées au soleil,
  • peaux jeunes, sujettes à l'encrassement,
  • peaux mûres ayant perdu de leur élasticité.

Propriétés particulières :

  • protection générale de la peau, particulièrement efficace contre les effets de la lumière,
  • constitution de réserves d'hydratation,
  • amélioration de l'élasticité de la peau,
  • prévention des rides et du vieillissement prématuré,
  • assouplissement des zones ridées et sèches, hydratation des lèvres gercées.

Premières applications aux baumes pour les lèvres

Les baumes pour les lèvres protègent de la lumière et du soleil, et l'huile de pulpe de fruit d'argousier (qui n'était encore qu'un « produit dérivé » de la collecte de jus d'argousier) est entrée, à hauteur de 1 à 3 %, dans leur préparation dès la fin des années quatre-vingts. La société Berlin Kosmetik et la société bulgare Inpaco ont mis au point plusieurs baumes, en parallèle avec diverses études dermatologiques sur la tolérance de ces produits, menées par l'académie médicale de Dresde et l'école de médecine de Plovdiv, en Bulgarie. Ces études ont conclu à une tolérance de 100 % par tous les types de peaux, et à l'absence totale d'effets allergènes.

L'huile d'argousier se caractérise par le fait - et c'est l'un des principaux avantages - que son acide palmitique est absorbé très rapidement par la peau. On est allé jusqu'à « critiquer » son « manque de tenue » sur la peau, en raison de cette résorption extrêmement rapide. Parce qu'elle ne laisse aucun film gras sur les lèvres, les consommateurs peuvent avoir l'impression qu'elle n'est pas totalement efficace. Cependant, lorsque le même phénomène se produit dans une crème hydratante pour le visage, c'est un concert de louanges, puisque la sensation de fraîcheur et d'apaisement est particulièrement nette.

Naturellement, on peut aussi ajouter de l'huile d'argousier aux rouges à lèvres. Il faut simplement augmenter la quantité de glycérine. La plupart des sociétés de produits cosmétiques citées dans le chapitre suivant en proposent déjà.

Quelques préparations cosmétiques à base d'huile d'argousier

Les produits présentés ci-après relèvent bien sûr d'une sélection subjective et je ne prétends nullement en donner une liste exhaustive. Il n'est possible de vérifier les effets de l'huile d'argousier et de l'argousier contenus dans ces produits qu'en vérifiant les quantités utilisées et qu'en consultant la documentation sur les tests qui ont été réalisés. Il est difficile, voire impossible de se prononcer sur leur qualité générale en l'absence de ces données.

En ex-Allemagne de l'Est, on a longtemps trouvé sur le marché une crème de type Nivéa appelée « Florena », et ses utilisatrices avaient coutume d'y ajouter quelques gouttes d'huile d'argousier. Mais cela ne suffisait pas à transformer cette crème en produit naturel à base d'argousier. De même, les produits pour peaux jeunes de type normal ne sont pas adaptés aux peaux mûres. Naturellement, le fait d'ajouter de l'huile d'argousier dans les préparations réservées aux peaux jeunes ne fait qu'optimiser leur potentiel, notamment parce que la crème en question donne bonne mine, par sa coloration naturelle.

Jusqu'à présent, on avait exclu l'huile d'argousier des produits cosmétiques à cause de son « odeur de bouc » (idée inspirée par le nom anglais de la plante, « Sea buckthorn »). Cependant, il n'est nullement nécessaire de préserver les « arômes naturels » de l'huile. Dès la fabrication de l'huile, ce facteur peut être minimisé pour développer les arômes du fruit. En outre, les fabricants de cosmétiques ont associé diverses huiles essentielles à la formule des produits de beauté naturels à base d'argousier, mettant ainsi l'accent sur divers parfums, notamment celui du citron, de la lavande, de la mandarine, de l'abricot, de la pêche ou du litchi, et plus récemment de la myrrhe et de la myrte, ainsi que du néroli et du petit houx.

Depuis le milieu des années quatre-vingt dix, la société BioPràp joue les pionnières en matière de fabrication de l'huile d'argousier. Non seulement elle propose de l'huile vierge, mais aussi une palette de produits, notamment de crèmes, de lotions, d'huiles de massage et de soins, de shampoings-douches, de savons et d'articles de toilette pour les bébés. Je recommande particulièrement la crème de soins à l'huile d'argousier, qui contient également de l'huile de jojoba et d'aloé véra, de l'huile essentielle de lavande et de thé vierge, ainsi qu'un mélange extraordinaire de substances bénéfiques aux peaux sèches sujettes aux irritations. En général, ces irritations proviennent d'une perturbation du sys- terne de régulation et de stockage dans les tissus conjonctifs. L'urée contenue dans la crème hydratante contribue à reconstituer le film gras sur l'épiderme, et stimule les effets des autres nutriments contenus dans le produit. Si elle est appliquée régulièrement, cette crème peut même se montrer efficace en cas de névrodermite. La peau desquame moins souvent, et les symptômes disparaissent généralement au bout de un à deux jours (au lieu de une à deux semaines (voir également le chapitre intitulé « l'huile d'argousier en cas de problèmes cutanés et de dermatoses »).

Seul inconvénient : étant donné que les récipients contiennent 100 ml de produit, il faut utiliser la préparation rapidement. Sinon, certaines substances peuvent se modifier et provoquer des irritations de la peau, comme l'ont signalé plusieurs utilisatrices qui avaient d'abord été satisfaites de la crème.

La société allemande Maienfelser Naturkosmetik utilise de l'huile d'argousier depuis près de dix ans, et l'ajoute à une grande quantité de produits de sa gamme. On trouve désormais une crème spéciale à l'argousier qui possède d'éton- nantes propriétés hydratantes et apaisantes. Pratiquement toutes les parties de l'argousier sont sollicitées : on y trouve de l'huile de fruit, de l'huile de pépins et de l'huile de marc, ainsi que du jus d'argousier pur. Maienfels utilise surtout de l'argousier provenant d'Allemagne et répondant aux critères du meilleur label de qualité, ainsi que de l'huile obtenue par première pression à froid.

La société Alva a complété sa gamme de produits à l'argousier avec de la vitamine E naturelle, et l'a conçue tout spécialement pour les peaux sèches, irritables et sensibles à la lumière. Alva utilise de l'huile de pulpe de fruit et de l'huile de pépins (provenant du « Nid de cigognes », et relevant du meilleur niveau de qualité). Au cours de la phase de lancement, il n'y avait que deux crèmes et une lotion pour le corps,mais la palette comporte maintenant une demi-douzaine de nouvelles préparations.

Les produits naturels CMD proposent leur huile d'argou- sier biologique et l'utilisent comme complément dans leur gamme de soins destinés aux bébés et aux enfants. Par ailleurs, ils offrent des denrées alimentaires, avec les baies d'argousier entières, l'huile pour l'assaisonnement, la sauce d'assaisonnement toute prête, les pâtes de fruit et les confiseries à l'argousier.

La société Venus a lancé une gamme de soins pour les grands et les petits, notamment un joli savon onctueux doté d'arômes méditerranéens. Venus propose des produits de qualité bio provenant de Toscane, ainsi qu'une huile complète provenant à la fois de la pulpe et des pépins de l'argousier.

La plupart des sociétés fabriquant des produits cosmétiques naturels se sont adaptées aux différents types de peaux. Ainsi la gamme Logona a mis l'accent sur un « soin intensif du visage », et offre, parmi d'autres, une crème contour des yeux ainsi qu'une huile riche pour les soins aux peaux sèches qui ont besoin d'être régénérées.

La couleur rouge soutenue de la plupart des huiles de fruit pures provient des caroténoïdes. Ces huiles de fruit ne constituent donc que 10 % au plus des produits pour la peau, et souvent bien moins. Parfois, on utilise un autre corps végétal gras pour 10 % du produit. Malgré les faibles concentrations, il suffit d'1 % d'huile d'argousier pour donner une belle couleur chaude et un agréable parfum de fruit à la préparation. Ce 1 % suffit à conférer des propriétés étonnantes au produit. Ce dernier possède également l'avantage de rester stable, en raison de ses substances antioxydantes qui l'empêchent de rancir. Parce que la fabrication du produit cosmétique peut faire surgir des substances allergènes contenues dans les conservateurs synthétiques, on évite systématiquement ces derniers. De ce fait, les soins à base d'argousier sont particulièrement bien tolérés par la peau et recommandés en cas de problèmes cutanés.

Bien que l'huile d'argousier contribue à régler de nombreux troubles cutanés, il est possible qu'il y ait une intolérance. Procédez, par prudence, à un test dans le pli du coude, même si votre peau est saine.

Soins capillaires à l'aide d'huile d'argousier

Quelques sociétés proposent également des shampoings à base d'huile d'argousier. La médecine traditionnelle asiatique recommandait déjà cette plante pour le soin des cheveux. Cela tient à l'action régulatrice et nourrissante de l'huile sur le cuir chevelu. Elle est tout particulièrement adaptée aux cheveux fragiles, aux cuirs chevelus irrités ou secs, par suite d'une trop longue exposition au soleil et de l'utilisation de produits chimiques agressifs. Les pellicules et le vieillissement du cuir chevelu, ainsi que la chute de cheveux (alopécie) sont également des domaines d'application privilégiés.

Conseils pratiques et recette à concocter soi-même

L'huile d'argousier est difficile à utiliser quand elle est pure. Par contre, elle se mélange très bien à d'autres huiles. J'ai mis au point quelques recettes artisanales et je recommande par ailleurs l'ajout de produits de soins adaptés, pour lesquels il faut respecter quelques conditions :

  • Il ne faut utiliser que quelques gouttes d'huile d'argousier, car elle est très colorante.
  • Il est recommandé d'en employer de petites quantités pour des raisons d'hygiène, afin qu'elle reste fraîche. Si vous utilisez une cuillère pour le mélange, assurez- vous de bien la désinfecter au préalable. La négligence est bien souvent responsable d'échecs.
  • Pour les crèmes de soin pour le visage et les lotions pour le corps, il suffit d'ajouter 2 % d'huile d'argousier. Cela correspond, pour un flacon de 50 ml, à environ 1 ml, c'est-à-dire à 20 gouttes, et à 40 gouttes pour un flacon de 100 ml.
  • Parce que l'huile d'argousier a tendance à se séparer facilement des autres huiles, il est particulièrement difficile de fabriquer soi-même des shampoings et des gels-douche à l'argousier. Mais il est utile d'essayer, car l'huile d'argousier est très efficace contre les pellicules. La dose recommandée est de 2 % (2 ml — 40 gouttes) pour 100 ml de shampoing.
  • Dans les recettes d'huiles pour le corps que je vous présente ci-dessous, l'huile d'argousier protège du soleil, grâce au bêta-carotène qu'elle contient. Elle est également indiquée comme huile de massage, en raison de sa bonne viscosité.

Huile à l'argousier pour le corps

  • Cette huile est adaptée aux peaux normales, et peut s'appliquer après la douche. Elle se compose d'huile de jojoba et d'huile d'amande douce, avec un peu (très peu) d'huile de germe de blé.
  • Ajoutez 40 gouttes (2 %) d'huile d'argousier à votre huile de base. Versez 5 gouttes d'une huile essentielle de votre choix, sélectionnée selon l'application choisie :
  • fruitée (tonique) : bergamote, pamplemousse, romarin
  • apaisante : petit houx, bois de rose, mandarine
  • délassante : rose, lavande, muscat, sauge.

Huile énergétique à base d'argousier

  • 100 ml d'huile de pépins d'abricot et d'huile d'amande douce, en guise de base
  • 40 gouttes d'huile pure d'argousier (huile de pulpe et de pépins d'argousier)
  • 5 gouttes d'une huile essentielle (mandarine, pamplemousse ou orange).

Protection solaire à base d'huile d'argousier

  • Pour vous protéger du soleil, utilisez de l'huile de sésame biologique, qui possède un indice de protection élevé. Comme cette huile ne se conserve pas longtemps, ne préparez jamais plus de 100 ml du mélange suivant :
  • Pour 100 ml d'huile de sésame, ajoutez 3 à 5 % d'huile d'argousier, soit 60 à 100 gouttes, et 5 gouttes d'une huile essentielle.

Je recommande particulièrement l'huile essentielle de lavande, qui, à la différence de l'huile essentielle de citron, ne laisse pas de marques sur la peau en présence du soleil. Citons également l'huile de néroli.

Huile de massage à l'argousier

(excellente pour calmer les contractures musculaires et les courbatures, car elle détend les tissus conjonctifs et les nourrit).

  • En guise de base, prenez une huile de millepertuis de fabrication artisanale, que vous pouvez remplacer par de l'huile d'olive ou par une autre huile végétale de qualité.
  • Pour 100 ml d'huile de base, ajoutez 2 % d'huile d'argousier, soit 40 gouttes, et 5 gouttes d'une ou de plusieurs huiles essentielles, notamment :pour réchauffer : gingembre, laurier, écorce de cannelle
  • pour tonifier : romarin, limette, menthe
  • pour harmoniser : bois de rose, bois de cèdre, géranium
  • pour détendre : lavande, sauge, camphre
  • pour dérouiller les articulations : huile de thé vierge, manne (fraxinus ormus), cajeputier.

Huile de soins à l'argousier

A garder sous la main en cas d'urgence (notamment de brûlures)

  • 100 ml d'huile de millepertuis, 40 gouttes d'huile de pulpe d'argousier et 20 gouttes d'huile essentielle de lavande.

Critères de qualité pour Rachat d'huile d'argousier

Comme l'huile d'argousier est encore relativement peu connue et que le consommateur peut se trouver confronté à de grandes différences de prix, je recommande de prendre en considération les points suivants :

  • L'huile de pulpe d'argousier doit si possible comporter la mention « huile 100 % naturelle » ou « huile pure de baie d'argousier ». On peut également trouver les mentions « huile pure » ou « sans ajout ». Les fabricants comme les commerçants doivent pouvoir indiquer si l'huile a été obtenue par première pression à froid ou par centrifugation du jus de presse. Les autres méthodes supposent l'utilisation de solvants ou un chauffage excessif.
  • C'est surtout en Russie que la méthode de la macération (extraction) dans l'huile de tournesol est couramment employée. Lorsque l'on utilise ce processus, on n'obtient pas d'huile pure, mais un mélange. Si vous remarquez que l'huile de tournesol figure dans la liste des ingrédients du produit ou que celui-ci est décrit sous la mention « recette asiatique » ou « fabrication traditionnelle selon recette spéciale », vous pouvez en déduire que vous êtes en présence d'une huile d'argousier « allongée ». Ce qui explique le prix moins élevé.

Il faut cependant s'interroger sur la pratique publicitaire qui consiste à vanter les « plus grands mérites » de ce mélange par rapport à l'huile d'argousier pure. Certaines études tendent à prouver que ce produit est bien adapté à la prise interne (notamment en cas de maux d'estomac), et qu'il provoque un effet synergique réel. Mais son principal avantage réside dans son prix. L'argument selon lequel l'huile d'argousier est mélangée à de l'huile de tournesol parce qu'elle est ainsi moins agressive pour la peau et qu'elle colore moins doit être considéré d'un œil critique. Après tout, on peut procéder soi-même au mélange d'huiles, et jusqu'à présent, l'huile de tournesol a été plus spécifiquement employée pour l'alimentation que pour les soins.

  • Même si l'argousier possède des vertus extraordinaires, son huile ne peut pas conserver miraculeusement la vitamine C soluble dans l'eau (on en trouve cependant quelques éléments-trace, en raison d'un résidu d'humidité). Il convient donc de se méfier de toute mention qui présenterait l'argousier comme « un concentré de vitamines ACE » ou qui indiquerait que l'huile contient explicitement de la vitamine C. Cette mention signale soit une erreur, soit un ajout de vitamine C synthétique (il est impossible d'imaginer autre chose).
  • •L'huile de pépins d'argousier peut présenter des qualités diverses, selon sa méthode de fabrication. La meilleure mention est celle qui indique « première près-188 L’Argousier, fruit énergétique, huile bienfaisante^ sion à froid ». Ici également, il faut vérifier que l'huile est pure, et non allongée.

• L'argousier n'a pratiquement besoin d'aucun engrais ni d'aucun traitement ; il est « écologique » par nature. Les consommateurs doivent s'assurer que l'huile fabriquée à partir de cette plante répond aux mêmes critères de pureté et de qualité (exigez la mention « biologique »). De même, la précision selon laquelle il s'agit d'argousier « sauvage » est une garantie de qualité.

10

 La suite du voyage monde, avec plus d'un million d'hectares cultivés. Naturellement, on s'intéresse tout particulièrement à l'argousier au Tibet et en Mongolie intérieure. En Chine, on a longtemps utilisé l'argousier à seule fin de protéger les sols et les talus du ravinement, notamment pour lutter contre l'érosion du Fleuve Jaune (Yang-tsé-Kiang) et comme bois de chauffage. Depuis, l'argousier est devenu une « plante d'intérêt écologique, économique et social ». Depuis qu'un professeur de médecine l'a découvert au cours d'un voyage au Tibet, une étude a été lancée au Medical College du Sichuan, qui mettait l'accent sur les propriétés biochimique de ce végétal. Depuis les années soixante-dix, les applications médicales de l'argousier font l'objet de recherches fondées sur les enseignements de la médecine traditionnelle tibétaine. Depuis 1 977, l'argousier figure dans la nomenclature officielle des médicaments chinois. C'est également en Chine que l'on publie le seul magazine trimestriel qui lui soit entièrement consacré. Depuis la fin des années quatre-vingts, dans l'Altaï sibérien, les conditions ont été réunies pour planter et cultiver cette plante, afin que l'on puisse expérimenter diverses méthodes modernes de fabrication de l'huile et des produits dérivés. La Chine espère pouvoir exporter largement l'argousier, même si le créneau actuel reste limité, quoiqu'on expansion constante.

En Chine, on ne se contente pas de boire le jus de l'argousier. La préparation de tisanes à partir des feuilles et du bois est très répandue. Dans ce pays, on trouve même de la poudre d'argousier, même si l'accent thérapeutique est mis sur l'huile. Les domaines d'applications sont les mêmes que dans la Russie toute proche. De nombreux produits sont élaborés pour les soins de la peau et des cheveux, ainsi que des préparations pour l'estomac et le cœur. On insiste particulièrement sur les effets anti-tumoraux de l'argousier et sur son utilisation pour contrer les effets néfastes de la radiothérapie. Il faut se rappeler que la médecine tibétaine traditionnelle recommande cette plante pour réguler le bodkan (les humeurs). Il n'est donc pas étonnant que les Chinois se servent également de l'argousier pour combattre les rhumes, la toux et l'asthme, ainsi que pour calmer la bronchite chronique.

Désormais, l'argousier fait l'objet de recherches intensives, et de nouvelles applications scientifiques qui cherchent à répondre aux questions suivantes :

  • Pourquoi l'argousier exerce-t-il une action anti-inflammatoire, pourquoi fait-il baisser la fièvre et réduit-il l'activité bactérienne dans l'organisme humain ?
  • Pourquoi l'argousier limite-t-il la croissance des tumeurs, comment active-t-il la circulation sanguine et détruit-il les caillots de sang ?
  • Quelles sont les préparations efficaces que l'on pourrait développer dans le domaine gynécologique ?

Une grande diversité d'applications

Dans ce livre, nous avons surtout évoqué le jus d'argousier et l'huile fabriquée à partir de sa pulpe. Cependant, la plante offre toute une série d'autres applications possibles, qui nous sont parfois indiquées par les médecines traditionnelles asiatiques. En effet, l'argousier mérite d'être utilisé totalement et sans aucune restriction.

Non seulement les baies, mais aussi les feuilles de l'argousier contiennent de la vitamine C, des caroténoïdes et des flavonoïdes, de la stéarine, des tripertènes ainsi que 10 % au moins de tannins aux vertus astringentes. Ces derniers peuvent être utilisés de nombreuses manières dans les préparations pharmaceutiques. L'argousier possède des vertus antiseptiques, coagulantes et régulatrices de la transpiration, il calme aussi les brûlures. Outre les baies et le marc, il est possible d'utiliser les feuilles, si on les met de côté lors de larécolte, pour leur forte teneur en vitamine C (on les présente sous forme de granulat, en vue de la préparation de tisanes). Sur ce plan, nous espérons que la demande du public sera bientôt conséquente, de sorte que les « déchets » de la récolte seront prochainement utilisés.

En Russie, centre de la recherche scientifique et des études cliniques sur l'argousier, on a largement dépassé le stade de la recherche sur les baies, pour explorer les vertus des feuilles et de l'écorce de l'argousier, afin de concocter des préparations très efficaces contre le diabète, l'ischémie cardiaque, l'hypertension artérielle, les cancers et les dommages infligés par la radiothérapie. L'écorce d'argousier contient de la sérotonine et un alcaloïde, l'hippophaïne (0,3-0,4 %), qui exerce une action anti-tumorale. Dans le marc, on trouve encore 5,5 % de pectine, largement utilisée en médecine parce qu'elle favorise les échanges dans le métabolisme. Ainsi, en Russie, ces substances sont déjà administrées pour lutter notamment contre les empoisonnements par des métaux lourds.

Les feuilles, riches en tannins, les jeunes pousses, l'écorce et le marc peuvent également entrer dans la composition d'un excellent aliment pour le bétail, qui permet en même temps de veiller à la santé des animaux.

Les caroténoïdes de couleur orange et les flavones, de couleur jaune sont des colorants naturels utilisables à la fois par l'industrie alimentaire et par l'industrie textile, pour la teinture de la soie et de la laine. Même les feuilles tombées lors de la récolte ainsi que les déchets de presse peuvent entrer dans la composition de colorants (qui peuvent être dilués dans l'eau). La Russie les utilise d'ores et déjà.

Le bois de l'argousier, à la fois solide et décoratif, à l'aubier jaune et au cœur brun foncé est parfaitement adapté au travail du tourneur, et permet notamment de confectionner des flûtes, des pipes et des moulures.

Il n'est pas nécessaire d'insister sur le fait que l'argousier contribue à consolider les sols et à les protéger de l'érosion. Il défend les côtes et joue un rôle pionnier dans la reconversion des terres ou le défrichage de sols laissés longtemps en jachère. L'argousier est également un élément décoratif dans les jardins (il y sera utile, et pas seulement aux oiseaux).

Résumé : L'argousier, matière brute précieuse entre toutes, possède des propriétés pharmaceutiques, médicales et nutritives. Cet arbuste présente un intérêt évident pour l'environnement et son utilisation s'enracine dans la tradition de nombreux peuples. Il peut être exploité et développé sans restriction à des fins de recherche, en s'adaptant aux nouvelles technologies.

L'huile de pulpe de fruit sauvage, un produit « totalement » exploitable

Le chercheur mongol S. Bat, qui enseigne aujourd'hui à l'université d'Ulan Bator, a consacré sa thèse aux ressources illimitées qu'offrent les baies d'argousier. Le professeur Karl Heilscher, qui fut son patron de thèse et qui occupe la chaire des techniques de culture des fruits et légumes à l'université Humboldt de Berlin-Est, a poursuivi ce travail et a mis au point diverses méthodes de fabrication d'huile de pulpe de fruit, qui peut être qualifié de « globale » par de nombreux aspects :

  • Les baies d'argousier proviennent de la pépinière biologique de Mecklembourg et le jus est envoyé à une cidrerie berlinoise pour y être centrifugé en vue de l'obtention de l'huile de fruit. Cette huile est l'une des rares qui ne soient pas, à ce jour, importées d'Asie.
  • Les baies sont utilisées entières, et manipulées avec de nombreuses précautions, au moyen d'un procédé de fabrication permettant de séparer complètement l'huile pure (issue de la pulpe) du jus et du marc. Par ce biais, il est possible de se passer complètement de solvant et de moyens « lourds » comme la haute pression ou le chauffage excessif.
  • L'huile de première pression à froid ainsi recueillie présente une qualité exceptionnelle, ce qui la désigne tout naturellement pour des utilisations thérapeutiques « miracles » sur le territoire européen et permet de garantir sa nature auprès des milieux scientifiques.
  • Cette huile est utilisée par de nombreux fabricants de produits cosmétiques.

Projet « Ôkoplant Italia » en Toscane

Ce programme intéressant, qui se déroule à proximité de Livourne, entre la mer et la chaîne des Apennins, a été lancé par un Suisse. À ce jour, on a planté 120 variétés d'argousier sur près de 86 hectares (la surface totale du terrain est de 200 hectares). D'autres fruits sont également récoltés sur place. Il s'agit d'une exploitation biologique (l'huile d'argousier « Weleda », par exemple, vient de là). En outre, on cultive l'argousier en Suisse, à des fins expérimentales, dans la vallée de l'Emmental, à une altitude de 1 000 mètres. Le taux de vitamine C contenue dans les plants y atteint plus de 1 000 mg pour 100 g.

Au départ, on a utilisé des plants est-allemands, puis des variétés originaires du Sud des Alpes, qui produisaient des baies extrêmement riches en vitamine C. Plusieurs méthodes de culture et de sélection ont été mises au point et implantées en fonction des sols et des conditions climatiques. Docile, l'argousier se plie à toutes les exigences. En raison de la simplicité des installations, l'argousier n'est pas cultivé en grande plantations, mais individuellement, à la manière d'un arbre. La terre n'est ni légère ni sablonneuse, mais plutôt argileuse, et les plantes sont systématiquement arrosées, ce qui n'est pas courant. Malgré tout ou peut-être justement pour cela, parce que la politique choisie est celle de la qualité au détriment de la quantité, les rendements sont extraordinaires. Récemment, on a importé d'Allemagne de l'Est une machine permettant de récolter plus facilement les fruits.

Ici, on voit partout des panneaux qui annoncent que l'argousier est suivi « du plant jusqu'à la mise en bouteille ». Les flacons contiennent du jus de fruit pur et du jus d'argousier mélangé (généralement à du jus de poire). Ils sont commercialisés pour leur haute teneur en vitamine C. En effet, les taux de vitamine C, de vitamine E et de caroténoïdes sont élevés, ce qui permet de recommander ces produits à des fins thérapeutiques. Ces jus de fruits, ainsi que l'huile d'argousier, font l'objet, sur place, d'études visant à évaluer leur action antitumorale. Récemment, on s'est mis à élaborer une huile complète d'argousier à l'aide de méthodes innovatrices. Celle-ci ne présente aucun des inconvénients de l'huile de marc.

Remarques à propos de la reproduction de l'argousier

Jusqu'à présent, la propagation de l'argousier dans les plantations se faisait presque uniquement par semis récolté sur les rameaux de deux ans. Il faut noter que les meilleures semences sont récoltées sur les plus mauvais sols, plus précisément les sols sablonneux. L'argile et l'humus viennent ensuite. La terre la moins favorable est celle que l'on trouve aux pieds des résineux et dans les forêts des régions au climat humide.

La reproduction végétative par bouturage présente certains avantages, parce qu'elle permet de réguler les rameaux femelles, qui portent les fruits en ne pollinisant que les rameaux mâles (voir le chapitre intitulé « La force féminine ne saurait se passer de l'action masculine »). Les amoureux de l'argousier et ceux qui veulent garder les branches pour la décoration de la maison peuvent aussi diviser les racines, qui sont nombreuses.

Projet « Berries para el 2000 » au Sud du Chili

L'argousier ne s'est pas contenté de conquérir le sud de l'Europe (outre le projet toscan, il existe aussi un projet au Portugal). Il a également fait un bond vers l'ouest, et vers l'hémisphère Sud. Avec d'autres baies sauvages (airelles, framboises de Longan, et « arândano »), il a été implanté sur une surface de 30 000 hectares au Sud du Chili, en un lieu où rien ne poussait auparavant. Ainsi, le Chili est le premier pays d'Amérique du Sud qui se livre à de telles expériences. Celle-ci a été lancée en 1996 par la Fondaciôn Chile, sur 3 hectares de terrain situés non loin de Santiago. Le clone créé tout spécialement à cette occasion est le résultat d'un croisement de deux variétés d'argousier russe et allemand, mis au point dans une pépinière berlinoise, la VEB (qui s'appelle aujourd'hui la pépinière Spâthsche). Le Chili envi- sage-t-il de réexporter un jour en Europe ses produits finis à base d'argousier ?

Naturellement, l'argousier cultivé au Chili ne l'est pas à des fins commerciales : il fixe le sol, en améliore la qualité et contribue à lutter contre l'érosion. Cependant, la démarche est de nature mondialiste, et c'est pour cette raison que les bayas espagnoles ont reçu ces « baies (berries) » bien connues sur le marché international des fruits. Et évidemment, l'argousier, qui a maintenant fait un tour presque complet de la planète, porte le nom universel de Sanddorn, même si on l'appelle localement le « fol so espino » ou « l'espino amarillo ».

N'oublions pas de citer les plantations d'argousier aux États-Unis (en Oregon) et au Nord-Ouest du Canada. Les dernières nouvelles nous arrivent d'Inde, où l'argousier a été planté sur les contreforts sud de l'Himalaya. De retour dans leur pays d'origine, ils font l'objet de diverses recherches.

Voilà pourquoi je souhaiterais vous encourager, en guise de conclusion à cet ouvrage, à vous livrer à vos propres expériences et à tester l'argousier. Ce merveilleux fruit pionnier, originaire de l'Asie centrale, cette plante de la lumière nous offre son fruit si riche en vitamine C et son huile bienfaisante, dont certains bienfaits sont encore méconnus.

Vos questions / nos réponses

Arbousier ou Argousier quelle différence ?

Si leurs noms sont très proches en français, les noms latins de l'argousier et de l'arbousier (Arbutus unedo et Hippophae rhamnoides) n'ont rien en commun. Ils produisent cependant tous les deux des petites baies qui ont des vertus très appréciables pour notre santé. Retrouvez toutes les différences entre l'argousier et l'arbousier !

En savoir plus

Vos produits sont-ils végans ?

Nos produits sont 100% Vegan car fabriqués et formulés sans aucun ingrédient d'origine animale. Ils sont non testés sur les animaux.

Vos produits sont-ils Bios ?

Nos baies sont issues de notre plantation certifiée Agriculture Biologique. Nos produits finis contiennent quant-à eux au minimum à 96% d'origine naturelle.

Nos produits n'ont cependant pas la certification BIO : l'un de nos fournisseurs n'a pas entrepris la démarche de certification pour des raisons financières. Nous avons cependant décidé de le sélectionner considérant que :

  • Nous n'avons pas retrouvé le savoir-faire de ce fournisseur chez ses confrères certifiés.
  • La démarche de ce fournisseur s'apparentant malgré tout à une démarche Bio. Pour preuve, l'ensemble de nos produits obtiennent une note de 100/100 sur l'application YUKA. 

Qu'est-ce qu'un superfruit ?

La dénomination "Superfruit" désigne certains fruits réputés pour avoir un effet bénéfique sur la santé. Ils sont notamment riches en :

  • Antioxydant
  • Polyphénols
  • Vitamines (notamment la vitamine C)...

L'argousier fait partie des surperfruits.

Vos produits ont-ils une odeur ?

Oui, nos produits ont une odeur caractéristique de la baie d'argousier. Cette odeur disparait très rapidement après application.

Ils ont testé nos échantillons :

Notre engagement 100% qualité !

96%

Nos produits sont constitués au minimum de 96% d’ingrédients d’origine naturelle !

100

C’est la note attribuée à nos produits par l’application Yuka qui évalue l’impact des produits sur la santé.

Branche d'argousier
100%

Notre actif phare est issu de notre propre plantation, certifiée Agriculture Biologique

100%

de nos produits ont été approuvés par nos clientes